Le Blog Collibris

Nos repérages de la rentrée littéraire d’hiver 2017

La rentrée littéraire de septembre n’est pas bien loin que déjà se profile les sorties de janvier.

Cette petite rentrée, comme on l’appelle souvent, promet quelques belles découvertes.

De quoi tenir tout l’hiver… et bien plus encore puisque pas moins de 517 romans viendront envahir nos librairies !

Petit aparté : en 2016, la rentrée littéraire d’hiver concernait 476 romans.

Remarques introductives :

Première remarque : les éditeurs semblent faire preuve de « modestie ». Les élections à venir y sont pour beaucoup.

Deuxième remarque : le cru 2015 (Philippe Claudel, Michel Houellebecq, Emmanuel Carrère, Virginie Despentes, Jean Echenoz…) était une anomalie. En 2017, les têtes d’affiches se font rares.

Troisième remarque : le roman « Le silence même n’est plus à toi » de Asli Erdoğan (Actes Sud) aura une résonance toute particulière. La romancière turque et intellectuelle engagée a encouru  la réclusion à perpétuité pour s’être élevée contre l’oppression du régime turc. Le 29 décembre 2016, elle a bénéficié d’une libération provisoire après quatre mois de détention.

Je vous invite à consulter notre Edito spécial consacré à Aslı Erdoğan.

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Que nous réserve la rentrée littéraire 2017 ?

⇒ Roman noir et grands espaces

« Les animaux » de Christian Kiefer, traduit par Marina Boraso Albin Michel, 5 janvier

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« Niché au fin fond de l’Idaho, au cœur d’une nature sauvage, le refuge de Bill Reed recueille les animaux blessés. Ce dernier y vit parmi les rapaces, les loups, les pumas et même un ours. Connu en ville comme le « sauveur » des bêtes, Bill est un homme à l’existence paisible, qui va bientôt épouser une vétérinaire de la région. Mais le retour inattendu d’un ami d’enfance fraîchement sorti de prison pourrait bien ternir sa réputation. Rick est en effet le seul à connaître le passé de Bill, dont il a partagé la jeunesse violente et délinquante. Pour préserver sa vie, bâtie sur un mensonge, Bill est prêt à tout. Au fur et à mesure que la confrontation entre les deux hommes approche, inéluctable, l’épaisse forêt qui entoure le refuge, jadis rassurante, se fait de plus en plus menaçante… »

⇒ Imagination et franche rigolade

« La baleine thébaïde » de Pierre Raufast, Alma, 5 janvier

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« Fraîchement diplômé, Richeville, jeune homme timide et idéaliste embarque au nord de l’Alaska, sur un bateau. Objectif : retrouver la fameuse « baleine 52 », qui chante à une fréquence unique au monde. Mais l’équipage aff rété par le sinistre Samaritano Institute a d’autres desseins. Au menu : l’inquiétant Dr Alvarez, un hacker moscovite, une start-up californienne, une jolie libraire et des cétacés solitaires, mutants ou électroniques qui entrainent Richeville dans un tourbillon d’aventures extraordinaires.

Mêlant science, fantaisie et tendresse, Pierre Raufast démontre avec brio dans ce roman sa capacité inépuisable d’imagination et son talent jubilatoire. »

⇒ Roman coup de poing

« Ce que tient ta main droite t’appartient » de Pascal Manoukian, Don Quichotte, 5 janvier

 

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« Si ce soir-là Charlotte n’était pas sortie dîner entre filles, elle promènerait Isis dans les allées d’un square. Il lui achèterait des livres qu’elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour, elle serait plus belle. Chaque jour, il serait plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu’à un bas filé…

Le miracle n’arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu’aux ruines d’Alep, au cœur de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d’égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux. »

⇒ Vie en huis clos

« Mâcher la poussière » de Oscar Coop-Phane, Grasset, 4 janvier

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« Dans un grand hôtel sans âge vit un homme singulier. Ayant tué le neveu d’un chef mafieux de Palerme, le voici assigné à résidence, condamné à attendre la mort dans cette prison dorée. Enfermé dans sa chambre, les salles de bal, de réception, les cuisines et sous-sols qu’il verra se faner et renaître, surveillé par les hommes qui le gardent au dehors et ceux qui, à l’intérieur, le dupent, le baron en lin blanc lime les jours en cherchant, entre ces centaines de murs, un semblant d’existence.
Il puise son oxygène auprès d’Isabelle, la jeune femme de chambre dont la fraîcheur l’attire ; de Joseph, le barman auquel chaque soir il parle en s’enivrant ; de Matthieu qui, juché derrière le comptoir de la réception, connaît tout le monde et surveille chacun. Les jours passent entre joies volées à de rares clients (un jeune couple lumineux, un écrivain célèbre qu’on jurerait être Raymond Roussel), aventures précieuses, débauches provisoires, fêtes privées et trahisons secrètes.
Inspiré d’une histoire vraie, ce roman sur un huis clos qui dure toute une vie prouve une fois encore l’incroyable talent d’Oscar Coop-Phane. Il y décortique les âmes de ses personnages et offre au lecteur la plus belle des évasions par la seule grâce des mots. »

⇒ Le dire et l’écrire

« Le silence même n’est plus à toi » de Aslı Erdoğan, traduit par Julien Lapeyre De Cabanes, Actes Sud, 4 janvier

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« Dans l’un de ses derniers livres parus en France, Aslı Erdoğan évoquait déjà ce lieu effrayant entre tous, le “Bâtiment de pierre” – autrement dit la prison de Bakırköy à Istanbul. Or voici qu’en août 2016, à la suite de la tentative de coup d’État de juillet, la romancière turque est arrêtée et s’y trouve incarcérée. Son délit : avoir écrit dans un journal pro-kurde (Özgür Gündem) pour clamer son indignation et dénoncer toutes les atteintes à la liberté d’opinion. Depuis lors, la situation en Turquie s’aggrave et Aslı Erdoğan – entre autres intellectuels, journalistes et universitaires – encourt une condamnation aussi infondée qu’inacceptable.
Ce volume rassemble quelques-unes des chroniques qui lui ont valu cette accusation. Le lecteur y retrouvera l’exigence poétique d’Aslı Erdoğan, son amour de la liberté, sa lucidité et la beauté de sa langue.
Que ce livre puisse briser l’étau du silence : tel est désormais le voeu de ses éditeurs, en France et à l’étranger, partout où son oeuvre a droit de cité. »

⇒ Sagesse et stylo bic

« N’être personne » de Gaëlle Obiégly, Gallimard, 3 janvier

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«Je m’utilise comme si j’étais un instrument. De toute façon, je suis une toute petite partie d’un être immense et souvent je dis des conneries. C’est pour ça que je cherche à n’être personne. Ça me permet d’en dire moins. Ou plus, mais sans craindre pour ma réputation.

Hôtesse d’accueil accidentellement enfermée un week-end entier dans les wc de son entreprise, la narratrice de N’être personne va endurer cette épreuve avec les moyens du bord (de la sagesse, du papier hygiénique, un stylo bic) en improvisant un cabinet d’écriture. Au gré de remémorations, apparemment chaotiques, elle se trouve peu à peu traversée par tous les âges de la vie. »

⇒ Le monde vu par les femmes

« Dans la forêt » de Jean Hegland, traduit par Josette Chicheportiche, Gallmeister, 3 janvier

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« Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses. »

⇒ Candeur et optimisme

« La mélodie familière de la boutique de sung » de Kalisa Karin, Héloïse d’Ormesson, 26 janvier

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« Lorsque la grand-mère de Minh donne un spectacle de marionnette vietnamienne pour la fête de fin d’année de l’école, personne ne soupçonne que Prenzlauer Berg va en être bouleversé. Et pourtant, dans le quartier situé au coeur de Berlin, la part d’Asie – cette richesse culturelle enfouie -ressurgit, insufflant un nouveau sens de la communauté. L’effet papillon dans toute sa puissance. Bientôt, tous les habitants sont coiffés de chapeaux pointus, des légumes méconnus apparaissent dans les assiettes, des ponts en bambou relient les maisons de toit en toit. De belles vibrations, une vraie révolution ! Ode à la diversité et à la différence, La Mélodie familière de la boutique de Sung est un roman à l’optimisme contagieux, où l’on découvrira que l’histoire de l’Allemagne de l’Est et l’Ouest, n’est pas si éloignée de celle du Vietnam du Nord et du Sud. Un conte qui cache derrière candeur et simplicité, une rare subtilité. »

⇒ Quand deux voix se mêlent et se répondent

« La voix cachée » de Parinoush Saniee, traduit par Odile Demande, Robert Laffont, 12 janvier 

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« Après le succès du Voile de Téhéran, le nouveau roman de Parinoush Saniee.
À quatre ans, Shahaab ne parle toujours pas. Protégé par sa mère, il n’a pas conscience de sa différence et vit heureux. Puis il découvre que son entourage, y compris son père, le prend pour un idiot et se moque constamment de lui. Son monde de paix et d’harmonie s’écroule. Comment faire face à la violence psychologique dont il est victime ?
Submergé par la révolte, Shahaab devient un véritable petit démon. Jusqu’à l’arrivée de sa grand-mère. À force d’amour et d’écoute, elle le délivre de sa rage et lui apprend à communiquer. Les voix de Shahaab et de sa mère, Maryam, se mêlent pour raconter cette histoire vraie d’une enfance brisée puis reconstruite.
De livre en livre, Parinoush Saniee dénonce l’aveuglement des parents iraniens, déchirés entre leur volonté d’émancipation et la pression d’un islam rigoriste, face à la détresse de leurs enfants. »

⇒ Mystère de la création littéraire

« La Part inventée » de Rodrigo Fresán, traduit par Isabelle Gugnon, Seuil, 5 janvier

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« Le passé est un jouet cassé que chacun répare comme il l’entend. »

« À travers l’image d’un jouet mécanique, un petit homme en fer-blanc qui recule au lieu d’avancer, Rodrigo Fresán s’aventure dans la tête d’un écrivain, cet être condamné à se projeter dans le passé et à transformer les personnages réels en personnes imaginaires. L’Écrivain a connu un certain succès autrefois, mais sentant qu’il n’a plus sa place dans le monde littéraire d’aujourd’hui, il décide de raconter sa propre histoire : son enfance, sur la plage de Canciones Tristes où il manque de se noyer tandis que ses parents lisent chacun de leur côté une traduction différente de Tendre est la nuit, mais aussi les aventures de sa sœur folle au pays d’Abracadabra, fief de la dynastie des Karma, et celles du Garçon qui rêve de devenir écrivain avant d’être ravalé au rang de personnage secondaire répétant à l’infini les mêmes paroles d’adieu sur les marches d’un musée. Quelles sont la part véridique et la part inventée de ces récits envoûtants ? L’une et l’autre se confondent car c’est dans la littérature que se trouve la vérité du monde. »

⇒ La boule au ventre

« Cet été-là » de Lee Martin, traduit par Fabrice Pointeau, Sonatine, 9 février

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« Tout ce qu’on a su de cette soirée-là, c’est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu’elle n’était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l’Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l’enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n’a jamais su ce qui était arrivé à Kathy.
Que s’est-il réellement passé cet été là ?
Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent.
Le frère de Katie, son professeur, la veuve d’un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient.
Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd’hui encore, qui manipule qui ? »

⇒ La Douceur

« Un peu tard dans la saison » de Jérôme Leroy, La Table Ronde, 3 janvier

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« C’est aux alentours de 2015 qu’un phénomène inexpliqué et encore tenu caché s’empare de la société et affole le pouvoir. On l’appelle, faute de mieux, l’Éclipse. Des milliers de personnes, du ministre à l’infirmière, de la mère de famille au grand patron, décident du jour au lendemain de tout abandonner, de lâcher prise, de laisser tomber, de disparaître. Guillaume Trimbert, la cinquantaine fatiguée, écrivain en bout de course, est-il lui aussi sans le savoir candidat à l’Éclipse alors que la France et l’Europe, entre terrorisme et révolte sociale, sombrent dans le chaos ? C’est ce que pense Agnès Delvaux, jeune capitaine des services secrets. Mais est-ce seulement pour cette raison qu’elle espionne ainsi Trimbert, jusqu’au cœur de son intimité, en désobéissant à ses propres chefs?
Dix-sept ans plus tard, dans un recoin du Gers où règne une nouvelle civilisation, la Douceur, Agnès observe sa fille Ada et revient sur son histoire avec Trimbert qui a changé sa vie au moment où changeait le monde. »