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Marc Voltenauer présente Le Dragon du Muveran !

Avez-vous célébré Halloween ? Avez-vous relevé notre défi littéraire sur Collibris – L’Ivre de Lire ?

Si tel est le cas, vous faites peut-être partie des gagnants ! Et cette victoire, vous l’avez bien méritée !

Non seulement fallait-il faire un sans fautes et répondre correctement à nos 10 énigmatiques questions, mais il fallait également faire preuve de rapidité ! Une fois le chrono lancé, il n’y avait plus de retour en arrière possible !

Quoiqu’il en soit, 10 d’entre vous sont sortis victorieux de cette épreuve ! Compte tenu de l’effort fourni, nous ne pouvions que vous récompenser… avec un livre bien entendu !

Et pas n’importe quel roman ! Un polar ! Celui écrit de la main de Marc Voltenauer dont le parcours mérite toute votre attention ! Voilà pourquoi, afin de vous présenter un peu mieux son roman Le Dragon du Muveran (roman gagné par 10 d’entre vous avec les honneurs !) mais plus encore l’homme qui se cache derrière les mots, L’Ivre de Lire vous propose aujourd’hui une plongée au coeur des Alpes vaudoises, là où sévit un tueur redoutable !

Le contexte le voici : « dans le temple gît un cadavre, nu, allongé sur la table sainte, les bras écartés à l’image du Christ crucifié, les orbites vides et ensanglantées. À l’extrémité du couteau qui lui a transpercé le cœur, un message : 

‘Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres !' ».

Un message qui glace le sang… un message qui fait du Dragon du Muveran le livre idéal en cette période d’Halloween !

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Curieux d’en savoir un peu plus ? Pas de problème ! Marc Voltenauer a eu l’extrême générosité de se confier à nous… et nous l’en remercions très chaleureusement !

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Votre parcours est surprenant. De pasteur au secteur pharmaceutique en passant par le service des ressources humaines d’une Banque Cantonale, comment l’écriture est-elle arrivée dans votre vie ?

Un matin, je me suis mis à écrire. Tout simplement.

Avec le temps et de nombreuses lectures de romans policiers à mon actif, j’ai commencé à m’intéresser à la construction du récit et des intrigues. Je trouvais fascinant de concevoir de toutes pièces une histoire et de la raconter. Créer le suspense. Maintenir l’intérêt du lecteur éveillé. J’étais admiratif de tous ces auteurs que je lisais. Mais je ne me sentais pas réellement capable de me lancer dans une telle aventure…

Écrire un roman policier n’a donc jamais été un projet réfléchi et mûri. Ce fut un acte spontané. Durant le voyage autour du monde que j’ai fait avec mon ami en 2011, un rêve devenu réalité, l’idée a germé sans vraiment que je m’en rende compte. C’est donc au retour que tout s’est déclenché.

Juste avant Noël, en 2012, je me suis réveillé au milieu de la nuit. Je suis allé me faire un café et j’ai commencé à mettre sur papier les grandes lignes de l’intrigue du Dragon du Muveran.

La nuit suivante, rebelote. J’ai été moi-même étonné des ressources de mon imaginaire. Et d’avoir élaboré en très peu de temps les grandes lignes de mon futur roman.

Mais là, je me trouvais devant mon ordinateur avec un titre et une page blanche. Jamais je n’avais décrit des personnages, des lieux, des ambiances et encore moins eu l’occasion de m’entraîner à l’exercice redoutable de rédiger des dialogues. Et pourtant il me fallait commencer. À l’heure du petit-déjeuner, le prologue était terminé et j’avais brossé le portrait des personnages principaux.

Très vite, l’écriture est devenue un savoureux mélange entre envie et besoin. Une sorte de drogue douce à laquelle j’avais succombé sans même m’en rendre compte. Je devais écrire et encore écrire, toujours écrire. Une année et demie après cette nuit de Noël 2012, j’écrivais la dernière ligne de mon roman avec en prime un sentiment vagabond qui oscillait entre la satisfaction d’être arrivé au bout et un début de mélancolie, car le point final du livre mettait un terme à la frénésie de l’écriture.

Provisoirement en tous les cas…

Il existe indéniablement un lien entre votre vocation de pasteur et l’écriture. Comment le définiriez-vous ?

Ma vocation de pasteur était liée à un intérêt pour l’être humain dans sa globalité. Son fonctionnement au niveau psychologique. Sa dimension spirituelle. Ses questions existentielles. Je retrouve cet enthousiasme lorsque j’écris et crée mes personnages et les interactions entre eux. La dimension théologique et spirituelle est aussi une composante importante de mon premier roman Le Dragon du Muveran. Un des personnages principaux est une femme pasteure. Le temple, un des lieux au centre du récit. Le meurtrier, ou plutôt – l’homme qui n’était pas un meurtrier – de mon roman, trouve son inspiration dans la Bible et met en place un jeu de piste avec des versets bibliques.

Le Dragon du Muveran est paru fin octobre aux éditions Plaisir de Lire. Pouvez-vous nous le résumer en quelques mots ?

Andreas Auer est inspecteur principal de la brigade criminelle à Lausanne. Il vit à Gryon, un charmant petit village des Alpes vaudoises avec son ami Mikaël, journaliste, et Minus, leur imposant Saint-Bernard.

Un matin, sa collègue Karine l’appelle pour lui annoncer qu’un cadavre a été retrouvé dans le temple de Gryon.

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Lorsqu’il pénètre sur le lieu du crime, il découvre le cadavre d’un homme allongé, nu, déposé sur la table sainte. Les bras sont étendus, perpendiculaires au corps. Les jambes, attachées ensemble à l’aide d’une corde. C’est l’image du Christ crucifié. Un énorme couteau est planté dans son cœur. Ses yeux lui ont été ôtés. Un message sur la scène du crime : « Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres ! ». Dès le début de l’enquête, Andreas est convaincu que cette mise en scène n’est qu’un premier acte.

Commence alors la traque d’un meurtrier qui ne recule devant rien. Un esprit calculateur, d’une froideur absolue et d’une cruauté sans limites, un être humain profondément torturé et tourmenté.

Le Dragon du Muveran est un polar. Ce genre littéraire s’est-il naturellement imposé à vous ?

Cela n’a jamais été une question que je me suis posée. J’ai toujours été un grand fan de romans policiers. Les auteurs nordiques dont Henning Mankell, Camilla Läckberg, Hjorth et Rosenfeldt, Mari Jungstedt et Jo Nesbo, pour n’en citer que quelques-uns, font partie de mes favoris. J’avais depuis un certain temps commencé à m’intéresser à la construction des romans. Les énigmes, les personnages, les lieux, les ambiances… J’étais admiratif de tous ces écrivains qui parviennent à mettre en scène des romans passionnants au niveau de l’énigme policière, et qui en outre les incarnent dans une région singulière et dans un contexte social particulier. Mon choix n’en était pas un : un polar ou rien !

Vous êtes, je crois, un « accro aux polars du nord et en particulier aux auteurs suédois ». Qu’est-ce que vous aimez dans leurs romans ? Qu’est-ce qui, selon vous, les rend si particuliers ?

Ce que j’aime dans un polar, c’est l’intrigue bien entendu, mais c’est aussi l’ambiance et le cadre dans lequel le récit s’incarne. Et c’est en cela que les polars nordiques sont si caractéristiques.

La petite ville d’Ystad au bord de la mer baltique avec son passé hanséatique, ses maisons à colombages et ses paysages vallonnés (Henning Mankell). Le village de pêcheurs de Fjällbacka et son archipel composé de nombreuses petites îles (Camilla Läckberg). Gotland, la perle de la Baltique, avec ses plages de sable ou de galets, avec ses « raukars  » — sculptures calcaires – formées par la mer et les vents (Mari Jungstedt). À Kiruna où le soleil brille toute la nuit durant la période estivale et les tempêtes de neige qui font rage l’hiver (Åsa Larrson).

Le roman policier, souvent associé au monde urbain, s’exporte à la campagne. Les coups de feu deviennent rares. Parfois même les inspecteurs ne portent pas d’arme. L’action effrénée des policiers américains laisse la place à une certaine lenteur. Une apparente absence de rythme, qui laisse au lecteur le temps de s’imaginer le décor, d’apprendre à connaître les personnages. Mais c’est bien une apparence, car les intrigues nous entraînent dans un suspense psychologique intense renforcé par l’ambiance du décor.

Au-delà de l’action et de l’intrigue, le quotidien vient s’inviter au cœur de l’histoire. On suit ainsi les personnages dans ce qui pourrait sembler d’un ennui mortel, mais on apprend à les connaître ainsi que les questions existentielles qui les habitent. On s’imprègne de l’atmosphère.

Mais il y a aussi les romans du nord qui se passent dans la société urbaine et moderne avec leurs héros (ou anti-héros) — Harry Hole (Jo Nesbo) à Oslo, Michaël Blomqvist (Stig Larsson), Joona Linna (Lars Keppler) et Sébastian Bergman (Hjort-Rosenfeldt), tous trois basés à Stockholm – qui nous offrent des intrigues haletantes et nous plongent dans les côtés les plus sombres de la société scandinave.

Le Dragon du Muveran a la particularité de situer son action en Suisse, dans le pittoresque village montagnard de Gryon. Pourquoi ce choix ?

La réponse est en lien direct avec ma passion des polars nordiques. Après le retour du voyage autour du monde, je suis resté quelques mois à Gryon. L’idée s’est tout naturellement imposée à moi. Gryon était le parfait décor d’un polar : l’atmosphère singulière d’un petit village pittoresque, le savoir-vivre montagnard, l’ambiance chaleureuse des chalets, les différents lieux publics, la vie villageoise, le découpage impressionnant des massifs alentour, les hivers rudes.

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Gryon, un petit village de montagne sans histoires avec un peu plus de mille habitants. Une ambiance de huis clos où l’inspecteur a tout le monde sous la main. Ou presque… Le village est isolé, mais pas non plus hermétique. Ce qui laisse le jeu ouvert et offre des possibilités d’amener des éléments extérieurs.

Des familles qui y résident depuis de nombreuses générations et des résidents secondaires venus de la plaine s’y côtoient. Un lieu où le monde rural se confronte à la modernité. Un lieu où se racontent de nombreuses histoires et où de vieilles légendes font partie du conscient collectif.

Afin de promouvoir votre roman, vous avez réalisé trois teasers vidéos. L’image est-elle, selon vous, un des moyens les plus appropriés pour faire connaître votre roman aux lecteurs ?

Le teaser est plutôt associé aux films. L’utiliser pour promouvoir un roman est, à mon sens, un bon moyen pour attirer l’attention des lecteurs potentiels. À une époque où le temps accordé à la lecture décline au profit d’autres médias, on a la possibilité d’utiliser l’image pour rediriger vers le livre les jeunes générations qui n’y sont peut-être pas portées naturellement. Sur les réseaux sociaux notamment, les vidéos sont facilement regardées. L’image a un impact plus fort et immédiat. Dans Le Dragon du Muveran, le cadre est un élément très important du récit. Gryon, un petit village montagnard. Le temple avec son clocher en pierre. Ses chalets. Ses alpages. La vidéo permet de retransmettre un peu de l’atmosphère. Le futur lecteur peut mettre des images sur le lieu.

Mais la couverture d’un livre poursuit le même but : attirer l’attention, susciter l’envie d’en savoir plus. Finalement le déclic se fait à la lecture de la 4ème de couverture ou en feuilletant quelques pages : des mots, pour inviter le lecteur à en découvrir d’autres en se plongeant dans la lecture…

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Votre prochain roman est d’ores et déjà en cours d’écriture. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Oui. On y retrouvera Andreas et son équipe. Erica, la Pasteure va se retrouver devant un dilemme… Andreas sera mis à l’écart de la nouvelle enquête. Va-t-il y rester ? Surprise…  L’action démarre à Berlin, à l’opéra où les lecteurs rencontreront un nouveau personnage, mais je n’en dis pas plus…

L’Ivre de Lire et Collibris a organisé un concours à l’occasion d’Halloween et 10 incroyables lecteurs ont eu la chance de remporter Le Dragon du Muveran. Souhaiteriez-vous leur transmettre un petit message ?

Que la lumière vous accompagne dans ce voyage littéraire à travers les ténèbres !

Dernière petite question :

a) Halloween a été célébrée le 31 octobre. Est-ce une fête populaire en Suisse ?

Après quelques années de succès, Halloween semble perdre en popularité. Moi-même je n’ai jamais participé à une fête d’Halloween. À Genève où j’ai grandi, il y a déjà une fête où les enfants se déguisent : l’Escalade. Et c’est une tradition bien vivante. Elle commémore la victoire de la république protestante sur les troupes du duc de Savoie à l’occasion de l’attaque lancée dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602. L’« Escalade » doit son nom à la tentative d’escalade par les Savoyards des murailles de la ville au moyen d’échelles. Les enfants déguisés viennent chanter le Cé qu’è l’aîno, l’hymne genevois en 68 strophes évoquant cette victoire en relatant divers faits d’armes et anecdotes.

 b) Quel déguisement d’Halloween est fait pour vous ?

Vampire, zombie, fantôme, sorcier, loup-garou ? Est-ce qu’on peut se déguiser en dragon pour Halloween ?

 Souhaitez-vous rajouter quelque chose ?

Un grand merci à l’équipe de Collibris – L’Ivre de Lire de donner un peu de visibilité à un polar venu des Alpes suisses…

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