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La Rentrée Littéraire 2016 aux Editions Grasset

Dans cet Edito, nous attaquons un très gros pavé de la rentrée littéraire 2016.

Les éditions Grasset, comme à leurs habitudes, nous proposent un florilège de livres parmi lesquels trois livres qui m’interpellent : California girls de Simon Liberati, Le monde est mon langage de Alain Mabanckou et Petit Pays de Gaël Faye.

Comme chaque semaine, un résumé accompagne chacune des oeuvres et lorsque vous cliquez sur les couvertures des livres, vous pouvez les rajouter à votre liste de souhaits Collibris.

N’apparaîtront ici que les livres dont la sortie est prévue en août et septembre.

Alors, à vos marque-pages, prêts, enregistrez dans Collibris !

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Crépuscule du tourment de Leonora Miano (17 août – 9782246854142)

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De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.

À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.

Le dernier des nôtres de Adélaïde Clermont-Tonnerre (17 août – 9782246861898)

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« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.
Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d’un petit garçon.

California girls de Simon Liberati (17 août – 9782246798699)

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« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire.  J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans  défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. »

Petit pays de Gaël Faye (24 août – 9782246857334)

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En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Le cri de Thierry Vila (24 août – 9782246860839)

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« Lorsqu’elle pénétra dans son bureau, la première chose que Blanche ressentit fut de l’exaspération : une exaspération immédiate, entière, sans autre goût que la pure exaspération. Il n’aimait pas les femmes de pouvoir et pour lui, une femme médecin ne pouvait pas ne pas être une femme de pouvoir. Quelque chose d’elle lui faisait peur et il ne savait pas quoi ; mais il savait aussi que, très probablement, il ne le saurait jamais. »

L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi (24 août – 9782246861423)

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À Kalamaki, île grecque dévastée par la crise, trois personnages vivent l’un près de l’autre, chacun perdu au fond de sa solitude. Le petit Yannis, muré dans son silence, mesure mille choses, compare les chiffres à ceux de la veille et calcule l’ordre du monde. Maraki, sa mère, se lève aux aurores et gagne sa vie en pêchant à la palangre. Eliot, architecte retraité qui a perdu sa fille, poursuit l’étude qu’elle avait entreprise, parcourt la Grèce à la recherche du Nombre d’Or, raconte à Yannis les grands mythes de l’Antiquité, la vie des dieux, leurs passions et leurs forfaits… Un projet d’hôtel va mettre la population en émoi. Ne vaudrait-il pas mieux construire une école, sorte de phalanstère qui réunirait de brillants sujets et les préparerait à diriger le monde ?
Lequel des deux projets l’emportera ? Alors que l’île s’interroge sur le choix à faire, d’autres rapports se dessinent entre ces trois personnages, grâce à l’amitié bouleversante qui s’installe entre l’enfant autiste et l’homme vieillissant.

Police de Hugo Boris (24 août – 9782246861447)

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Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme.
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer.
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

Fils du feu de Guy Boley (24 août – 9782246862116)

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Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.

Le monde est mon langage de Alain Mabanckou (31 août – 9782246802198)

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Le monde est mon langage est le tour du monde de la pensée et des émotions telles que la langue française les véhicule, par les gens les plus divers, célèbres ou inconnus, adolescents ou vieillards, Haïtiens ou Français. Alain Mabanckou les a rencontrés et nous les raconte, en une suite de portraits admiratifs et aimants. JMG Le Clézio ou un inconnu de la Nouvelle Orléans, Sony Labou Tansi qui, au Congo, écrivait dans des cahiers à spirales devant deux posters du Che Guevara, bien d’autres encore.
Ils ont ces mots en partage et ils les partagent. Leur langage est notre monde.

L’innocent de Christophe Donner (31 août – 9782246861065)

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« Je suis sorti de la maison au petit matin, j’ai marché à grands pas sous les platanes du cours Mirabeau, sans pouvoir m’empêcher de sourire. Une chose m’apparaissait sûre et certaine : je n’étais plus le même. Je venais de passer la nuit dans le lit d’une femme, à l’embrasser, la serrer, la baiser, car si cette nuit n’avait pas été celle de l’accomplissement de l’acte sexuel, elle n’en avait pas moins été une nuit d’amour, entière, complète, jusqu’au petit matin frisquet, le reste n’était qu’une question de vocabulaire : est-ce que nous avions fait l’amour ? C’est ce qu’il me semblait puisque j’étais amoureux. »

L’incandescente de Claudie Hunzinger (31 août – 9782246862512)

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Des jeunes filles qui sont des Enfants terribles s’écrivent des lettres d’amour.
« Marcelle était la pire et ma préférée. »
Toutes fuient la mort. La mort les rattrape. Elles y mettent le feu.
Elles sont du côté de la vie. Leur pays est l’adolescence, ce passage de tous les dangers.

Anna de Niccolo Ammaniti (31 août – 9782246861645)

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Sicile, 2020. Un virus mortel, « la Rouge », a déferlé sur l’Europe quatre ans auparavant et décimé la population adulte ; les jeunes, eux, sont protégés jusqu’à l’âge de la puberté. Anna se retrouve seule avec Astor, son petit frère de quatre ans.
Elle doit affronter le monde extérieur avec ses cadavres, ses charognards, ses chiens errants et affamés, l’odeur pestilentielle, pour trouver, quand il en reste, des médicaments, des bougies, des piles, des boîtes de conserve, avec comme unique guide dans cette lutte pour la survie, le cahier d’instructions que lui a légué leur mère avant d’être emportée par la maladie.
Lorsqu’Astor disparaît, Anna part à sa recherche, prête à défier les bandes d’enfants sauvages qui errent à travers les rues désertes, les centres commerciaux et les bois. Mais l’ordre appartient au passé et les règles d’autrefois ont été oubliées. Pour réussir à sauver Astor, Anna va devoir en inventer de nouvelles, parcourant ce monde à l’abandon où la nature a repris ses droits, ne laissant que les vestiges d’une civilisation qui a couru à sa propre perte.
Une véritable odyssée des temps modernes où s’entremêlent lumière et ténèbres, un duel permanent entre la vie et la mort.

Charlotte Delbo : Une vie retrouvée de Ghislaine Dunant (31 août – 9782246859956)

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« Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher l’âme, le corps qui souffre ce qu’un être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce qu’il est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener l’amour que Charlotte Delbo avait eu pour toutes celles, ceux qu’elle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et d’écrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe d’Auschwitz, un écrivain me donnait le moyen de le raccommoder avec une œuvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arrêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand l’au-delà de la douleur est atteint.
Elle l’écrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, elle interrogeait avec liberté les souvenirs au moment où elle les écrivait, elle découvrait la vie retrouvée ».

L’impossible exil de George Prochnik (7 septembre – 9782246857594)

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Né en 1881 dans une famille aisée, Stefan Zweig publia son premier recueil de poèmes à l’âge de 19 ans. Quoi qu’il écrivît – essais, articles, nouvelles, romans, biographies -, il ne connut que le succès. A partir des années 1930, il devint l’auteur vivant le plus traduit à travers le monde. Il était, aimait-il à plaisanter, l’un des dix auteurs de langue allemande à pouvoir se permettre de fuir.

Les Hautes Montagnes du Portugal de Yann Martel (7 septembre – 9782246861812)

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Lisbonne, 1904. Frappé par le deuil, Tomas décide de tourner le dos au monde – littéralement : il ne marche plus qu’à reculons. Obsédé par un étrange petit livre datant du XVIIe siècle – le journal d’un missionnaire en Angola -, Tomas part à la recherche de l’objet mystérieux que le prêtre affirme avoir confectionné. Sa quête le mènera dans un village perdu de la région des Hautes Montagnes du Portugal.

« J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste » de Loïc Prigent (7 septembre – 9782246862895)

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Voici les saisons de couture de Loïc Prigent. Depuis 2011, celui qui est le plus influent documentariste de la mode tient un compte twitter (@LoicPrigent) qui fait grincer des dents tout le milieu de la mode et rire tous les autres (et parfois le milieu lui-même). Laissant ses oreilles traîner dans les défilés et les studios, il y recueille les bons mots, les rosseries, les énormités, les béatitudes et les coups de griffe des participants de ce petit cercle qui gouverne le goût du monde entier. Mannequins ? Attachés de presse ? Créateurs ? Qui parle ? Ecoutez-les, orchestrés par Loïc Prigent, porte-voix de cette nouvelle comédie humaine. Il y invente un nouveau genre littéraire : le pépiement.

Le destin presque timbré d’Etienne Durillon de Oren Ginzburg et Estelle Billon (7 septembre – 9782246860303)

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Les journées d’Etienne Durillon sont toujours les mêmes : lever, œuf dur, travail dans une cartonnerie, œuf dur, dodo, rebelotte.
Mais un jour, il reçoit un prospectus qui promet de tout changer. Des Agents spéciaux vont agir dans l’ombre pour transformer sa vie en… 24 heures ! Pour la première fois, le lundi suivant, Etienne va rater son bus, et les événements trépidants vont s’enchaîner. A l’issue de cette journée, plus rien ne sera jamais comme avant (et tout sera même beaucoup mieux). Mais… les Agents Transformateurs y sont-ils vraiment pour quelque chose ?

Berty, le plus cool des monstres de Didier Lévy et Delphine Renon (9 septembre – 9782246860310)

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Berty est un bon gros monstre sympathique. Content de la vie et content de lui, il voit toujours le bon côté des choses, c’est dans son A.D.N.
Qu’il s’agisse d’aider son pote Bingo, un petit lutin ronchon salement contrarié à cause d’une histoire de panoplie de super héros, à retrouver le sourire, de venir en aide au Fantôme Tom qui a perdu son drap, ou de remonter le moral de Marius, ses amis les petits monstres peuvent compter sur lui.

Le portrait de Dorian Gray non censuré de Oscar Wilde (14 septembre – 9782246862352)

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Tout le monde connaît le chef-d’œuvre d’Oscar Wilde tel qu’il a été publié en volume en 1891. Cette version diffère considérablement du manuscrit qu’il avait soumis quelques mois plus tôt au Lippincott’s Magazine où le roman devait paraître en prépublication. Le directeur, par pruderie, l’avait sérieusement raboté, ce qui ne l’a pas empêché de provoquer un premier soulèvement d’indignation. Par la suite, Wilde a augmenté et remanié son roman, estompant ses passages les plus audacieux. La critique instruisait déjà son procès en immoralité. Il a fallu attendre 2011 pour que, en Angleterre, des universitaires rendent disponible le texte initial, avant les censures successives. C’est cette version que les Cahiers rouges publient pour la première fois en France.

Le génie de la laïcité de Caroline Fourest (21 septembre – 9782246709817)

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A force d’être invoquée, la laïcité se brouille. Dans cet essai précis, pédagogique et vivant, Caroline Fourest clarifie les lignes de fracture. Entre le sécularisme à l’anglo-saxonne et la laïcité à la française. Un face à face qui va jusqu’à la guerre culturelle. Le « Soft power américain », aidé par des intellectuels multiculturalistes ou néo-laïques, conteste notre modèle, laïque et républicain, l’accuse d’ « islamophobie » et même de favoriser parfois le terrorisme….

Sauvez-moi de Marie de Noailles et Emilie Lanez (21 septembre – 9782246857808)

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« Le 8 mai 1975, je vois le jour, moi Marie Alicia Eugénie Charlotte Blandine, seconde fille du duc et de la duchesse de Noailles. Trente ans plus tard, je choisis la vie. Je m’arrache à l’alcool, à l’herbe, à la cocaïne, à ces dépendances qui, depuis quinze ans, me possèdent et me consument. À moi la libération. Le 29 mars, date de mon retour parmi les vivants, où que je sois, je m’agenouille et je prie Dieu, dont je ne suis pas sûre de connaître le nom. Je m’appelle Marie, j’ai deux anniversaires et une seule vie. Que j’ai failli perdre et choisi de sauver. Je suis née deux fois. »

Un homme cruel de Gilles Jacob (28 septembre – 9782246862154)

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C’est l’histoire vraie d’une star tombée dans l’oubli. Un comédien qui fut aussi renommé que Charlie Chaplin ou Rudolf Valentino, un personnage de légende qui n’occupe plus aujourd’hui que quelques lignes dans les histoires du cinéma.
Et pourtant, quelle vie que la sienne! Né au Japon en 1889, parti très jeune pour l’Amérique, Sessue Hayakawa devient, dès les années 1910, au temps du muet, la première grande star d’origine asiatique de Hollywood. Et l’un de ses plus grands séducteurs. Son charisme, son charme, son regard ont fait fondre de nombreuses comédiennes, provoquant auprès de ses admiratrices des scènes d’hystérie.

Les feuilles d’ombre de Desmond Hogan et Serge Chauvin (28 septembre – 9782246850984)

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« Oui, allez un jour dans les Wicklow, parcourez ces sentiers, ces lieux féeriques, sortis des contes de Grimm et d’Andersen, et pensez à nous, à Christine sans solennité, vierge pédalant à la traîne, à Sarah, svelte papillon, à Jamesy toujours dans sa roue, à Liam en plein envol, magnifique face au temps. Et puis il y avait moi, Sean McMahon. Sans moi, ils n’existeraient pas. Parfois mes enfants me demandent comment c’était d’être jeune. Je réponds des mensonges. Je dis que c’était merveilleux. »

Les larmes de Pascal Quignard (28 septembre – 9782246861799)

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« Je n’ai jamais ressenti aucun sentiment de nation. Aucun sentiment de territoire. Seules les langues m’émerveillent.
Rare l’instant où on voit sur les lèvres d’un enfant l’instant où le son devient un mot.
Très rares les humains qui ont pu voir filmée, ou dessinée, ou enregistrée, ou narrée la scène exacte où ils ont pris origine juste avant l’instant x où ils sont conçus.
Mais plus encore l’instant de bascule d’un système symbolique dans un autre: la date de naissance de leur langue, les circonstances, les lieux dans l’espace,le temps qu’il faisait dans le site, la rivière, les arbres, la neige…. C’est une chose extraordinaire que d’être resté en contact avec la contingence de l’origine.
Le français a cette chance. Le 14 février 842, un vendredi, à la fin de la matinée, sur le bord de l’Ill, dans un froid terrible, sur les lèvres des soldats francs, quand ils ont à proclamer leurs serments, une étrange brume se lève. On a appelé cette brume le « français ». Nithard, le premier a écrit le français. Je vais vous raconter l’histoire de Nithard et de son frère jumeau Hartnid. »

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Une rentrée littéraire riche.

Laquelle de ces oeuvres vais-je intégrer dans ma liste de souhaits d’ores et déjà bien remplie ?

Pour le moment, j’opte pour California girls de Simon Liberati, Le monde est mon langage de Alain Mabanckou, Petit Pays de Gaël Faye et Anna de Niccolo Ammaniti.

Et vous ? Quelles oeuvres vous inspirent ?