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Jax Miller : rencontre avec une auteure très Rock’n Roll !

Jax Miller est un petit bout de femme rousse, tatouée, dont le parcours chaotique mais courageux ne peut que toucher.

Difficile de rester insensible à son histoire et plus encore à son premier roman Les Infâmes. « Coup de poing à l’estomac », « grosse baffe dans la gueule », « coup de pied dans les tibias »… beaucoup de métaphores ont été utilisées pour qualifier l’effet que ce roman peut avoir sur ses lecteurs !

Et que ces métaphores sont justes ! Les Infâmes, il vous essore de l’intérieur, il vous prend aux tripes ; bref c’est une bombe !!!

Ce polar est d’une noirceur comme on les aime : drogues, armes, alcool, racisme… le rêve américain s’en prend plein la figure !

Mais ce polar, c’est aussi autre chose… une profondeur de l’âme, un cri du coeur, une véritable catharsis !

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous mon coup de coeur pour ce roman coup de poing !

Voilà pourquoi j’ai invité Jax Miller à partager, sans tabou, son périple personnel et littéraire !

Je vous souhaite une très belle traversée en compagnie d’une jeune femme très rock’n roll qui a su, pour son premier roman, rendre au roman noir sa véritable couleur.

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Bonjour Jax, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Jax Miller, l’auteure du roman Les Infâmes (Freedom’s Child en anglais). Je suis née et j’ai grandi à New York mais je vis actuellement en Irlande. Je suis un peu rock’n roll, j’aime le thé fort, et l’écriture est en moi à chaque seconde : quand je mange, quand je respire, quand je dors. Je n’en dirais pas plus au risque de vous ennuyer 😉

Comment en es-tu venue à l’écriture ?

J’ai réellement commencé à écrire lorsque je me trouvais en cure de désintoxication. Ce fut une période très sombre de ma vie. Peu après, alors que j’étais sans domicile fixe et que je pleurais la mise à l’adoption de mon enfant, j’ai décidé de m’enfuir et de parcourir les Etats-Unis. J’ai fait du stop, j’ai parcouru les kilomètres, et j’ai trouvé un certain réconfort auprès d’un groupe de bikers. Je me trouvais à l’arrière d’une moto lorsque Les infâmes est né, près de la frontière de Georgia, je crois. Ce périple tout autant que la perte de mon enfant se ressentent dans ce roman.

Je travaillais sur mon premier roman (un roman qui probablement ne verra jamais le jour) et Les Infâmes s’est trouvé être une passade écrite sur des bouts de papier et des serviettes de bar. Ce fut cathartique mais jamais je n’ai imaginé qu’il serait un jour publié. Après tout, je ne m’imaginais même pas célébrer mes 30 ans ! Donc, tu peux imaginer ma surprise lorsque le monde littéraire a exprimé un intérêt !

Petit saut dans le temps… quelques années plus tard, j’ai fait la connaissance de mon mari et nous avons déménagé dans son pays natal, l’Irlande. La vie est maintenant bien différente….

Parles-nous un peu de ton roman Les Infâmes – ton tout premier livre.

Les Infâmes raconte l’histoire d’une femme perdue, emprisonnée dans le regret d’avoir laissé sa fille à l’adoption vingt ans auparavant et dans celui de vivre une vie dénuée de sens. Mais, Freedom Oliver est poussée à agir lorsqu’elle apprend que sa fille, qu’elle ne connaît pas, a disparu.

Les Infâmes, c’est à la fois l’histoire d’une mère à la recherche de sa fille mais également celle d’une femme à la recherche d’elle-même. Ces histoires explorent les bas fonds de l’Amérique, du Ku Klux Klan aux cowboys et aux indiens, en passant par les sectes religieuses fanatiques.

Les Infâmes explore un thème qui t’es très personnel ; celui de l’amour maternel. L’écriture t’a-telle été cathartique ?

Oui. A 100% cathartique. Comme je l’ai dit précédemment, j’ai fait le choix déchirant de placer mon enfant à l’adoption. Bien que les circonstances ayant mené à cette décision sont très différentes de celles de Freddom Oliver dans Les Infâmes, nous partageons le même type de chagrin, les mêmes peurs, la même haine de nous-mêmes.

Le livre exprime cet instinct maternel que nous avons développé et qui ne nous a jamais plus quitté, bien que nous n’ayons plus d’enfant. En fait, certains aspects de l’instinct maternel sont plus présents que d’autres (la peur prédomine parce que nous avons perdu tout contrôle sur la vie de nos propres enfants).

Ecrire ce livre m’a sauvée la vie. Je suis convaincue que si je n’avais pas trouvé cet amour et cette passion pour l’écriture, je ne serai pas ici dans ma robe de chambre, à siroter une tasse de thé tout en répondant à tes questions.

Mon périple à travers les Etats-Unis a été un voyage solitaire et Freedom Oliver est devenue un compagnon de voyage – celui avec qui je me sentais le plus proche. J’aime dire que Freedom Oliver, dans la réalité aussi bien que dans la fiction, est le hero de mes histoires.

Ton roman est plein de surprises ! Chacun des rebondissements était-il planifié depuis le début ?

Pas du tout ! Je suis une “pantser”, c’est à dire que je ne planifie rien lorsque j’écris. Crois-moi, J’étais aussi surprise par ces rebondissements et ces retournements de situation que le lecteur. C’est très rafraîchissant. J’ai crié au moment où le lecteur est censé crié, j’ai pleuré là où le lecteur doit s’émouvoir, j’ai ri lors de ces moments où le lecteur peut à son tour s’esclaffer. Je pense qu’il y a une certaine richesse dans cela. (Cela étant dit, je NE commencerai PAS un livre sans en connaître la scène finale ; ainsi je peux diriger mon livre dans la direction voulue sans m’égarer).

Hormis la scène finale, le reste du roman n’était donc pas planifié à l’avance et a pris corps au fur et à mesure de l’écriture.

L’aspect psychologique de tes personnages est une composante majeure de ton style d’écriture. Tu es parvenue à décrire des personnages horribles tout en préservant une part d’humanité… Était-ce important pour toi de conférer à tes personnages une certaine sympathie ? Pourquoi ?

Je pense que les gens sont bons par nature. Je pense également que nous sommes tous susceptibles de perdre un jour notre chemin. Ainsi, il est important de montrer que même les personnes les plus monstrueuses de ce monde sont également humaines et qu’elles ne sont pas nées mauvaises.

Parallèlement, il est important de montrer que même les héros et les “bons garçons” ont leur côté sombre.

Au cinéma, j’aime les méchants, ce sont les personnages les plus colorés d’un film. Je me dis : “Comment le Joker est-il devenu Joker ? Qu’est-ce qui a transformé Walter White en Heisenberg?” et regardes leurs histoires, elles sont plus riches que tout !

En réalité, je ne m’imagine pas relater l’histoire d’un personnage qui ne serait pas un anti-héro.

Lorsqu’on regarde ton parcours et à présent le succès de ton premier roman, on se dit que tu personnifies une sorte de “success story”. Vois-tu les choses de cette façon ?

(Rire). S’il s’agissait de quelqu’un d’autre, j’aurais répondu oui. Mais je trouve toujours très bizarre de me considérer comme une personne qui a réussi. Je ne m’y habitue toujours pas. Je pense avoir réussi parce que je fais les choses que j’aime, j’ai un mari qui m’aime, je reçois beaucoup d’amour de la part de beaucoup de personnes, je suis ici aujourd’hui et j’ai une relation très forte avec Dieu. Je pense que ces aspects permettent de mesurer le succès. Il ne s’agit ni d’argent, ni de ventes de livres. Si je redevenais sans domicile fixe et que je n’avais aucun sous en poche, je trouverais toujours que j’ai réussi parce que j’aurais encore toutes ces belles choses que j’ai cité précédemment.

Quelles sont tes influences littéraires ou non littéraires ?

Plus que les livres, ce sont le cinéma et la télévision qui demeurent mes principales sources d’inspiration : Breaking Bad, Natural Born Killers ainsi que la plupart des films de Martin Scorsese et de Quentin Tarantino. Je trouve également l’inspiration dans les romans graphiques, notamment ceux de Alan Moore et Frank Miller

As-tu déjà commencé l’écriture d’un nouveau roman ? Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Mon prochain roman s’intitulera Candyland (un jeu de société très populaire aux Etats-Unis). L’action se déroulera dans la région minière de Pennsylvanie et suivra l’histoire de deux parents – la mère d’un docteur assassiné et le père de la femme qui a perpétré ce meurtre – et l’improbable (et turbulente) relation qui s’installe entre eux.

Souhaites-tu rajouter quelque chose ?

Vive la France !

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Emilie Bonnet.

Je remercie très chaleureusement Jax Miller pour sa disponibilité et sa générosité.

J’espère  être parvenue à vous donner envie de découvrir cette jeune auteure et son premier roman. Si tel est le cas, préparez-vous à ressortir KO de votre lecture 🙂

Les Infâmes est un roman traduit par traduit par Claire-Marie Clevy. Il est publié aux éditions Ombres Noires.

Les Infâmes est disponible au format Ebook.

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Could you please tell us about yourself ?

My name is Jax Miller and I wrote Freedom’s Child (Les Infames). I was born and raised in New York but currently live in the Irish countryside. I’m a bit rock n roll, I like strong tea, and I eat, breathe and sleep writing. I’d probably bore you if I said any more.

How and when did your literary journey begin ?

I actually started seriously writing when I was in a rehabilitation center when quitting drugs. It was an incredibly dark time of my life. Soon after, while homeless and grieving the adoption of my children, I decided I wanted to run away and see the states. I hitchhiked, I walked, but I found a quasi form of solace in sticking to the bikers. I was on the back of a motorcycle when ‘Freedom’s Child’ was born, near the Georgia border, I think. Much of this journey and grief can be felt in my book.

I was working on my first book (one that will probably never see the light of day) and FC was my fling on the side; what I’d write on scraps of paper and bar napkins. It was cathartic, but I never imagined I’d one day be published. Hell, I didn’t think I’d see 30. So you can imagine my surprise when the literary world showed interest. Flash forward, a couple years later, I met my husband and moved to his home country in Ireland. Life is very different these days.

Tell us about Freedom’s Child (Les infâmes, in french) – your very first book.

Freedom’s Child is the story of a woman who is lost, stuck in the 20-year-old regret of putting her children up for adoption and living a life that will lead to nowhere good. But, Freedom Oliver must spur into action when learning that the daughter she’s never known has gone missing. While it’s a story of a mother searching for her daughter, it’s equally the story of a woman searching for herself. They story explores a lot of the underbelly of America, from the KKK to cowboys and Indians, to fanatical religious cults.

Freedom’s Child explores the sensitive and very personal issue of maternal love. Was the writing cathartic for you ?

Yes, it was 100% cathartic. As I mentioned above, I made the heart wrenching choice to put my own children for adoption. While my circumstances are very very different than Freedom’s, we shared the same kind of grief, the same fears, the same self-hatred and all. The novel expresses the maternal instincts that are formed in us and never leave, despite no longer having children. In fact, much of the maternal aspects are even amplified in many ways (I think fear is more prominent because we’ve lost any and all control over our children).

Writing this novel saved my life, and I’m absolutely convinced that without finding my love for writing during my journey, I may not be here, sitting in my bathrobe with a cup of tea in Ireland and answering these questions. My journey was a lonely one, and Freedom became my closest companion on the road. I like to say, that Freedom Oliver, both in real life and in fiction, is the hero in both my stories.

Your novel is full of surprises ! Did you plan every single twist from the beginning ?

Not at all. I’m a “Pantser,” meaning I do no outlining or planning when I write. Believe me, I was just as surprised by the twists and turns as the reader. It’s kind of refreshing. I screamed when the reader might scream, I cried at the parts the reader might cry, I laughed at the parts where the reader might laugh. I think there’s something rich about it. (That said, I WILL NOT start a novel until I have the very last scene in my head, so I can better steer my book in the direction I want without going too astray). Other than that last scene, I’m finding out what’s happening as I go along.

The psychological aspect of your characters is a major component of your writing. You’ve managed to portray horrifying characters without forgetting their human side… Was it important for you to build a little sympathy into them ? Why ?

I believe that people are inherently good. I also believe that each and every one of us lose our way. So, I think it’s important to show that even the bad guys in the world are human, that they weren’t born bad. And equally important is to show that even our good guys and heroes have their dark sides.

If I go to the movies, I love the villains, I find them to be the most colorful cast members. I find myself asking, “What turned The Joker into The Joker? Or what turned Walter White into Heisenberg?” And look at the stories behind them, they’re richer than anything. In fact, I really can’t imagine writing in the narrative of a person who isn’t the anti-hero.

Considering your background and the success of your novel, do you think you are a success story ?

Haha. If this were anyone else in the world, I’d say yes. But, I still find it so weird to think of myself as a successful person, I’m still getting used to the fact. I think I’m successful in that I do what I love, I have a husband who loves me, there is so much love I have for others, I am here today, I have a strong relationship with God. These are the things I think measure success, not money and book sales. If I was back to being homeless and had not a penny to my name, I’d still consider myself successful because I have these things.

Are there any literary or non literary influences that you would like to name ?

Film and TV is my main source of inspiration, more so than books. Breaking Bad, Natural Born Killers, a lot of Martin Scorsese and Quentin Tarantino. I also was inspired for dialogue by graphic novels, especially the likes of Alan Moore and Frank Miller.

Have you already started the writing of your next book ? If so, what can you tell us about it ?

The working title is “Candyland” (Candyland is a very popular kids board game in the US). It’s set in the coal regions of Pennsylvania and follows the lives of two parents: the mother of a murdered doctor and the father of the woman who did it and the unlikely (and turbulent) relationship that ensues between these two parents.

Is there anything you’d like to add ?

Vive la France !

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I’d like to personally thank Jax Miller for her kindness and availability 🙂

Freedom’s Child is published by Crown

Freedom’s Child is available as Ebook

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