interview GWENAEL LE GUELLEC

Interview Gwenael Le Guellec

Interview Gwenael Le Guellec
Bonjour Gwenael, merci beaucoup d’avoir accepté cette interview pour le blog Collibris ! Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Bonjour, et merci à vous pour cet échange.

En quelques mots, je suis originaire de Bretagne (Brest), et j’écris depuis 2014.

C’est à cette époque que j’ai entamé l’écriture de mon premier roman, Armorican Psycho.

J’ai dû quitter la Bretagne en 2006 pour raisons professionnelles, mais j’y garde de fortes attaches, et j’y retourne plusieurs fois chaque année.

Vous avez récemment publié deux romans : Armorican Psycho et Exil pour l’enfer. Pouvez-vous nous en parler rapidement ?

Ces deux romans mettent en scène le personnage de Yoran Rosko, photographe solitaire et légèrement associal qui présente la particularité de voir le monde en noir et blanc, du fait d’une maladie rare, l’achromatopsie.

Dans chaque roman, il est contraint de sortir de sa routine pour se confronter à ce que la folie des hommes est parfois capable d’engendrer.

Ainsi, dans Armorican Psycho (sorti en 2019), il est amené à enquêter sur la disparition de son ami et mentor dans le domaine de la photo, à Brest, d’abord, puis beaucoup plus loin, dans les contrées nordiques, un sinistre individu surnommé le « Tailleur de sel » agissant en toile de fond.

Dans Exil Pour L’Enfer (sorti en début d’année 2021), les lecteurs retrouvent Yoran là où ils l’avaient quitté à la fin du premier roman, à savoir dans un hôpital dédié au traitement de sa maladie oculaire, loin de ses bases (sans trop en dire…), où il apprend un jour qu’il est invité aux funérailles d’un proche ayant péri en mer.

Cela impliquera pour lui un retour sur la pointe armoricaine, où il apprendra que trois hommes en lien avec un navire retrouvé sans son équipage au large de Brest ont été découverts pendus dans la taïga à la frontière russo-finlandaise, l’inscription DEAD FOR NO ONE gravée dans leurs chairs. Ce sera pour lui le début d’une nouvelle quête à travers l’Est du continent européen, alors qu’un homme sans âge connu comme étant le « Régulateur » multiplie les exécutions aux quatre coins de l’Europe.

Un troisième roman viendra conclure cette saga « en noir et blanc ».

 

Vous avez également reçu des prix littéraires pour Armorican Psycho, votre tout premier roman. Réalisez-vous cette réussite ?

Il est vrai que ces deux prix ont apporté une visibilité non négligeable à mon premier roman.

Le Prix du Suspense Psychologique, parrainé cette année-là par Bernard Minier, ayant été remporté dans le cadre d’un concours de manuscrits organisé par ce qui était alors ma future maison d’édition, les Nouveaux Auteurs, qui se sont spécialisés dans l’émergence de jeunes talents de l’écriture.

En 2020, c’est le Prix du Goéland Masqué qui a été attribué au roman, ce prix récompensant chaque année un premier roman noir au cours du Festival international du même nom, à Penmarc’h.

Mais j’écris avant tout pour me faire plaisir, et c’est peut-être là que réside le secret…

 

Le personnage principal, Yoran, semble être présent dans les deux romans : pouvez-vous nous le présenter ?

Ancien consignataire de navires, Yoran Rosko est un homme de peu de mots, vivant seul dans un appartement du port de commerce de Brest, et ne sortant que la nuit pour se livrer à sa passion pour la photo, tout en évitant le monde.

Il est d’un naturel curieux et va toujours au bout de ce qu’il entreprend.

 

Photographe et breton, Yoran semble avoir quelques similitudes avec vous. Est-ce qu’il y en a d’autres ?

Effectivement, comme beaucoup d’auteurs (je crois), je me suis inspiré de traits personnels mais aussi de passages de ma vie pour créer ce personnage, même si, bien sûr, quelques différences existent…

En résumé, nous sommes tous les deux nés à Brest, sommes passionnés par le huitième art (même s’il est plus doué que moi !), apprécions davantage le monde de la nuit à celui du jour, et avons enfin en commun d’exécrer l’injustice.

 

Est-ce une suite ? Allons-nous retrouver ce personnage dans une série de roman ?

Oui, comme je le précisais plus haut, Yoran sera au cœur de trois romans déroulant trois intrigues indépendantes, que les lecteurs assidus pourront néanmoins relier via l’évolution du personnage et quelques éléments propres à l’histoire.

 

Outre le personnage, nous retrouvons un élément phare dans vos romans : La Bretagne.

Pouvez-vous nous en parler ?

Ce sont mes racines que j’évoque à travers ces romans, ce pays qui m’est cher, et où j’ai vécu pendant vingt-quatre ans.

D’une certaine manière, une part de moi y est encore, et c’est lorsque j’écris qu’elle est la plus palpable.

 

Vous parvenez à inclure un peu de fantastique dans vos romans grâce, justement, à cette terre de légende. De quelles légendes vous inspirez vous ?

Je ne m’inspire pas d’une légende en particulier, mais il est vrai que j’aime donner une tonalité mystique à mes histoires.

Je pense que cela se ressent davantage dans le premier roman, mais si Armorican Psycho était un polar flirtant avec le roman noir, Exil Pour L’Enfer se rapproche plus du thriller, dans lequel les limites avec l’élément fantastique sont parfois minces.

Et cela sera encore un peu plus marqué dans le troisième roman…

 

***

 

Interview Gwenael Le Guellec entre lecteurs
 

Pour vous, quels sont les ingrédients d’un bon thriller ?

Une intrigue dense et addictive, des personnages profonds qui sortent des sentiers battus, un cadre qui donne envie de s’y plonger sans concession, et une atmosphère qui démarque le roman des autres.

 

Qui est le roi du thriller ?

Celles et ceux qui me connaissent un petit peu savent déjà quelle sera ma réponse…

Le roi du thriller, pour moi, c’est Jo Nesbø.

Chacun de ses romans est admirablement construit, et il parvient à renverser la table au moment où on s’y attend le moins.

Du grand art à tous les niveaux…

 

Quel est votre roman favori ?

Les Racines Du Mal, du regretté Maurice G. Dantec.

C’est un roman noir d’une puissance incroyable, au demeurant le premier que j’ai lu, et encore à ce jour, une référence pour tout amateur de thrillers qui se respecte.

Un peu comme l’est Joy Division pour la musique…

 

Lisez-vous d’autres genres que les policiers ?

À vrai dire, entre les policiers, les polars, les thrillers et les romans noirs, ça fait déjà quatre genres ! (rires)

Ceux-ci représentent mes principales lectures, mais il m’arrive aussi de lire des ouvrages sur la Bretagne ou sur les destinations dans lesquelles je compte me rendre, ou tout simplement qui m’attirent, les voyages constituant l’une de mes principales sources d’inspiration.

Interview Gwenael Le Guellec Armorican Psycho
 

armorican psycho

À Brest le temps est à la tempête. Ce qui n’est pas pour déplaire à Yoran Rosko, le photographe des conditions hostiles. Il aime cette ville et ne craint pas la fureur des éléments dont les excès nourrissent son travail. Sans doute aussi parce qu’atteint d’achromatopsie, maladie qui lui fait craindre la lumière et l’empêche de percevoir les couleurs, il préfère l’opacité. Jusqu’à ce que Claude Garrec, son ami et mentor, disparaisse. De Brest au cercle polaire, Yoran se retrouve confronté au  » Tailleur de sel « , un tueur en série insaisissable, aux motivations obscures qui va l’entrainer jusqu’aux confins de la nuit polaire…
Grand Prix du suspense – 2019; Prix du Goéland Masqué – 2020

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