interview sophie adriansen

Interview de Sophie Adriansen

Interview Sophie Adriansen

Sophie, pouvez-vous présenter votre parcours à la communauté Collibris ?

J’écris depuis toujours et j’ai été publiée pour la première fois en 2010 ; j’étais alors cadre dans la finance. J’ai rapidement ensuite décidé de me consacrer à l’écriture car il me fallait être totalement disponible pour écrire tout ce qui m’habitait. Près de onze ans plus tard, j’ai publié plus de 50 ouvrages, des romans pour adultes et enfants, des biographies et la non-fiction.

Vos deux derniers romans viennent de paraître : Linea Nigra aux Editions Poche Charleston et Hystériques en grand format chez Charleston également. Ces deux romans ont pour mêmes thèmes la maternité et la féminité. Pouvez-vous nous parler de ces thèmes qui semblent chers à votre cœur ?

La naissance dans tous ses aspects est un sujet qui me passionne depuis très longtemps – plus de quinze ans. Dans Linea nigra, j’évoque plus particulièrement les aspects physiques, émotionnels et politiques de la grossesse, de l’accouchement et des débuts de la maternité. Dans Hystériques, il est davantage question de filiation, de transmission et d’héritage entre les générations, dont on décide de s’affranchir ou pas. Je trouve tout cela fascinant car il y a autant d’histoires que d’individus et, que nous soyons ou non parents, nous sommes tous nés.

Interview Sophie Adriansen : linea nigra

Dans le roman Linea Nigra nous suivons Stéphanie dans l’aventure de la grossesse et de la maternité mais aussi des données chiffrées, des faits et des citations pertinentes sur ce sujet. La recherche dans votre roman se ressent. Est-ce un élément important d’apporter des faits dans vos écrits ?

Je voulais que les choix de mon personnage se basent sur des données rationnelles. Alors, puisqu’elle part en quête d’informations afin de se préparer au mieux à la naissance de son enfant, événement imprévu par nature, j’ai décidé d’intégrer au roman le fruit de ses recherches. Avec ce but avoué : transmettre ces mêmes informations aux lectrices, aux lecteurs, et permettre à chacun.e de se faire sa propre opinion sur la situation – voire, si on est plus directement concerné, de se servir de tout cela pour faire ses choix personnels.

Auprès de quelles personnes vous êtes-vous documentée ? Est-ce uniquement grâce à des témoignages de femmes ou avez-vous également pu trouver des informations auprès de professionnels ?

J’ai principalement ouvert grand mes oreilles pendant des années, avant de me renseigner plus pratiquement lors de ma propre première grossesse. Mais effectivement, j’ai également interrogé des professionnels de santé pour décentrer le propos, que le point de vue de Stéphanie puisse aussi être mis en perspective de tout un système – celui qui constitue le cadre dans lequel la plupart des femmes accouchent en France. Ils sont remerciés dans le biberon qui figure en fin d’ouvrage, car ils ont véritablement nourri mon projet.

Quels messages avez-vous voulu faire passer auprès des lecteurs ?

J’ai principalement voulu dire que la naissance n’est pas un sujet à prendre à la légère, et qu’il s’agit de bien autre chose qu’une simple « affaire de bonnes femmes », comme on peut se plaire à le penser. Et j’ai aussi voulu partager un certain nombre d’informations afin que ce livre, au-delà du roman, puisse être une ressource qui ouvre des perspectives.

Linea Nigra – Sophie Adriansen 

linea nigra

 » – C’est lui ? demandé-je. Parce que c’est si rapide, parce que c’est extraordinaire, parce que c’est miraculeux, parce que je n’y crois pas. Malgré les neuf mois écoulés, le poids sur mon périnée et les mouvements dans mon ventre, malgré les quatorze heures de contractions et l’équipe mobilisée pour que j’accouche, je n’y crois pas.  » Stéphanie est heureuse. Heureuse avec Luc et heureuse d’être enceinte, car cet enfant sera la consécration de leur amour. Elle aime la ligne brune apparue sur son ventre, symbole des changements qu’elle sent déjà s’opérer en elle.

Stéphanie est heureuse, et pourtant… Les doutes ne tardent pas à arriver et à se multiplier, la maternité n’est pas ce à quoi elle s’attendait. Le post-partum se révèle un territoire obscur. Etait-elle vraiment préparée à ce tsunami ? En quête de réponses, elle se rend vite compte, au contact d’autres femmes, d’une réalité simple : on ne naît pas mère, on le devient. Chacune à sa manière.

Interview Sophie Adriansen : hysteriques

Dans votre dernier roman, Hystériques, nous suivons 3 femmes et leur rapport à la maternité. Pouvez-vous nous les présenter ?

Dans ce roman, il y a Diane, qui cherche à construire un doux foyer pour sa famille tout en étant hantée par le souvenir douloureux de son premier accouchement. Il y a également Clémentine, enceinte de son deuxième enfant, qui lorsque s’ouvre le livre fait une séance d’hypnose au cours de laquelle elle se souvient qu’à la fin de l’adolescence, elle a eu un enfant – amnésie traumatique, elle l’a oublié pendant seize ans. Il y a enfin Noémie, la plus jeune des trois, qui veut à tout prix avoir un bébé avec son compagnon car il lui semble qu’il n’y aura que comme ça qu’elle sera enfin à égalité avec ses aînées.

Ces trois femmes sont sœurs. Elles ont grandi dans une famille où la mère a imposé un certain silence quant à tout ce qui concerne la maternité, les relations amoureuses, la féminité. Et chacune, à sa manière, se débrouille comme elle peut avec ça.

Il y a également des sujets comme la transmission et l’éducation dans ce roman. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Difficile d’évoquer la maternité sans évoquer la transmission et l’éducation. L’inné, l’acquis, les choses dont l’enfant est lesté et celles dont on tente de l’affranchir, les erreurs qu’on se promet de ne pas reproduire et celles qu’on commet inévitablement… J’ai l’impression que quels que soient nos principes, ce que l’on fait en la matière avec les jeunes générations l’est toujours en fonction de la façon dont nos aïeuls ont agi avec nous.

Pourquoi avoir choisi le titre Hystériques ?

Je ne connais pas beaucoup de femmes qui ne se soient pas fait traiter au moins une fois d’hystériques… Alors je voulais ramener cet adjectif à son étymologie, qui est la même que celle d’utérus. Et de ce fait redonner toute sa valeur à cet organe ultra puissant, berceau de la vie mais aussi de la créativité, cette matrice à laquelle parfois on résume les femmes. Nous pouvons être fières d’être dotées d’un utérus !

Hystériques 

Hysteriques Sophie Adriansen

Noémie désespère de tomber enceinte et découvre qu’elle a une maladie de l’utérus. Clémentine renoue avec un souvenir dont seul son utérus a gardé la mémoire. A la suite d’un accouchement compliqué, Diane se bat pour offrir du confort à ses enfants. Un roman choral donnant la parole à trois soeurs sur un sujet tabou pour leur mère afin de questionner la maternité, la transmission et l’héritage.

Interview Sophie Adriansen : entre lecteurs

Quel roman sur la maternité conseillez-vous ?

Lait noir, d’Elif Shafak. Ce roman interroge la possibilité de concilier création artistique (en l’occurrence écriture) et maternité. Il m’a bouleversée.

lait noir

Quelle est votre lecture du moment ?

Filles du vent, de Mathilde Faure. La fugue organisée de trois grandes ados placées en foyer, et qui veulent faire un tour de France pour coller des messages revendicateurs et mettre un terme à leur invisibilité. Puissant et addictif.

Quelle est votre pile à lire de l’été ?

Des romans graphiques pour les fondations, des romans français récents pour la hauteur, des biographies en guise de chapiteaux. En réalité, je n’ai pas une pile mais plusieurs… Et l’été, je rattrape mon retard de l’année (enfin, j’essaie !) avant de refaire le plein dès la rentrée !

Logo collibris

Bienvenue sur le blog de Collibris. N'hésitez pas à partager vos lectures sur l'application et les réseaux sociaux.
Bonnes lectures

Newsletter

Articles similaires

Concours rentrée littéraire des Editions Albin Michel

Règlement du concours Article 1 : Société organisatrice RS TECHNOLOGIES 809 136 716 dont le siège social est situé au…

Lire plus
CONCOURS RENTREE LITTERAIRE : NOS PARADIS PERDUS

Règlement du concours Article 1 : Société organisatrice RS TECHNOLOGIES 809 136 716 dont le siège social est situé au…

Lire plus
Sélection : livres à la couverture jaune

On quitte doucement l’été avec la dernière sélection du challenge cahier de vacances : des livres à la couverture jaune.…

Lire plus