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Interview d’auteur : rencontre avec Cornélia De Preux

Cornélia De Preux est l’auteure de deux romans : L’Aquarium et  Le chant du Biloba publiés aux éditions Plaisir de Lire.

Journaliste spécialisée dans l’environnement et également traductrice, Cornélia est née à Vienne et vit désormais à Lausanne.

Avec la nouvelle Qu’il neige, enfin, elle a obtenu le premier prix ex aequo du Concours d’écriture interculturel Encrages en 2007 ; ce texte a ensuite été publié dans l’ouvrage collectif Le chameau dans la neige et autres récits de migration, aux Éditions d’en Bas.

Cette année, elle revient dans le paysage littéraire suisse avec Le chant du Biloba.

À la fois road trip, fugue initiatique, enquête policière et conte intergénérationnel, ce roman met en scène trois personnages poétiques et attachants. Ensemble, ils se frottent à la vie, à ses épreuves et à ses enchantements. Face au temps qui glisse inexorablement entre leurs doigts, ils apprennent à grandir et à accepter l’inévitable.

Aujourd’hui, je vous propose de faire connaissance avec Cornélia pour une petite escapade en Suisse, sur les rives du lac Léman.

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Bonjour Cornélia, pouvez-vous vous présenter et nous raconter en quelques mots votre parcours ?

Je suis née à Vienne en Autriche, j’ai grandi à la montagne, dans le Valais romand, et je vis maintenant à Lausanne. Je travaille comme journaliste spécialisée en environnement et traductrice pour différents organismes. Pour ce qui est de mon activité d’auteure, j’ai commencé à écrire des nouvelles il y a une quinzaine d’années. Depuis, l’écriture a pris de plus en plus de place dans ma vie. M’adonner à la fiction me permet d’interroger mes peurs et mes doutes, d’essayer de comprendre des sentiments éprouvés, des émotions, des événements vécus, lus ou entendus, de prendre de la distance. Et aussi de faire marcher le muscle de mon imagination. Je me réjouis de chaque moment que je peux voler pour écrire. J’essaie d’écrire chaque jour, pour rester dans le récit, avec mes personnages.

Comment résumeriez-vous votre nouveau roman « Le Chant du biloba » publié aux éditions Plaisir de Lire ?

C’est un conte initiatique, l’histoire d’une adolescente, Tiwi, qui enlève son arrière-grand-mère  Gretel pour prendre la clé des champs à bord d’un vieux bus VW.  Il y a aussi un troisième personnage, Lupesco, le propriétaire du véhicule. C’est un drôle de bonhomme, un écorché vif amoureux des voitures de collection. Ensemble, le trio va partir à l’aventure, et, au hasard des chemins, s’apprivoiser, non sans frictions et déboires. Ils vont aussi remonter le cours de leur passé et rencontrer sur leur route l’amour et la mort. Bref, ils apprendront à faire face tout en se tricotant une histoire commune. C’est une sorte de « Chaperon rouge » contemporain qui amène son lot de drames et d’enchantements. Comme la vie elle-même.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le titre même de votre roman et plus spécifiquement sur le Ginkgo Biloba ?

Le ginkgo biloba est un arbre que j’aime beaucoup. Tout comme Gretel, la vieille dame du récit. Il y en a un dans le parc de son home, La Tourbière, et elle le regarde évoluer tous les jours. Le ginkgo peut devenir très vieux ; certains individus atteignent l’âge de 3000 ans. C’est une essence d’une résistance à toute épreuve. Figurez-vous qu’un spécimen a même survécu à la bombe atomique à Hiroshima. Il n’est donc pas étonnant que cet arbre soit un symbole de longévité. On en fait d’ailleurs des remèdes pour renforcer les fonctions cérébrales, et plus particulièrement la mémoire. Et puis, ses feuilles à deux lobes, en forme d’éventail, sont si belles ! En automne, elles sont dorées et les voir virevolter est magique. Pendant le voyage, Gretel regrette d’ailleurs de manquer ce spectacle. Tous ces éléments ont leur importance dans mon roman. Quant au chant, je laisse au lecteur le loisir de découvrir sa raison d’être.

Vous avez écrit des nouvelles dont plusieurs comme la nouvelle « Qu’il neige, enfin » (premier prix ex aequo du Concours d’écriture interculturel Encrages en 2007) ont été publiées dans des recueils collectifs et périodiques. Continuez-vous à écrire des nouvelles ?

Oui, j’en écris régulièrement. J’apprécie beaucoup le genre de la nouvelle. Un récit court, concis, prenant, un instantané qui dit l’essentiel en peu de pages, et dont la chute a une grande importance. J’ai par exemple écrit une nouvelle en guise de texte d’introduction pour la Nuit de la lecture 2015, un événement qui a lieu chaque printemps autour de la lecture à Lausanne (www.lanuitdelalecture.ch). Le texte s’intitule « La petite ville qui lisait comme on respire » et il raconte une ville idéale où tout tourne autour des livres et de la lecture. Mais la vie n’est pas un long livre tranquille et bien évidemment, cela ne dure pas… Récemment aussi, deux de mes nouvelles ont été traduites en italien et ont paru dans le supplément hebdomadaire d’un journal tessinois, le Corriere del Ticino.

Vous étiez présente au Salon du livre et de la presse de Genève. Que retenez-vous de cette expérience ? Une rencontre, en particulier, vous a-t-elle marqué ?

Le Salon est toujours une belle occasion pour croiser ses lecteurs ainsi que différents acteurs du livre. J’ai eu la chance de participer à un débat avec d’autres auteurs sur la thématique du road trip dans le cadre des événements organisés sur La Scène Suisse. Car « Le Chant du biloba » a toutes les composantes d’un véritable road trip : la playlist, les aléas des rencontres au fil du périple, le côté initiatique. J’ai aimé échanger avec les autres auteurs invités, dont deux font partie du collectif AJAR, un collectif de jeunes auteurs très dynamique et innovant (www.jeunesauteurs.ch). Je suis aussi tombée par hasard sur une libraire avec qui on discutait beaucoup lorsque j’habitais à Berne. C’était il y a plus de vingt ans. Elle est maintenant retraitée et elle a enfin assez de temps pour lire.

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Cornélia, que lisez-vous ?

Je lis beaucoup de romans, d’ici et d’ailleurs. Adolescente, j’étais fascinée par Dostoïevski et ses romans polyphoniques. Maintenant, je lis essentiellement de la littérature contemporaine. Pour nourrir ma propre manière d’écrire aussi. J’aime quand il y a de la tension psychologique. Là, je suis en train de dévorer L’amie prodigieuse d’Elsa Ferrante, une histoire d’amitié qui se passe à Naples dans les années 1950. En littérature étrangère, m’ont aussi particulièrement plu, ces derniers temps, Ein ganzes Leben (Une vie entière) de Robert Seethaler, un auteur autrichien, – c’est le récit de vie d’un homme simple, dans une très belle langue -, et puis « Sweetwater », d’une américaine, Roxanne Robinson. Il y est question d’un couple qui se défait, de rapports familiaux fragiles sur fond de nature idyllique. J’ai été bluffée par la sensibilité qui se dégage de ce livre. J’essaie aussi de suivre ce qui se publie en Suisse. Mes derniers coups de cœur helvétiques sont : le Prix d’Antoinette Rychner et L’œil de l’espadon d’Arthur Brügger, encore un membre de l’AJAR.

Un mot de votre actualité 2016 : séances de dédicace ? Salons ? …

Au cœur de l’été, j’ai la chance de participer à la seconde édition de la Maison éclose (www.maisoneclose.ch). Il s’agit d’une manifestation d’exploration intime qui cette année rassemble 16 auteurs romands autour de la « gourmandise ». Les textes spécialement écrits pour l’occasion seront lus par les auteurs eux-mêmes au creux de l’oreille du public dans le merveilleux cadre du jardin botanique de Lausanne. Puis, il y aura d’autres événements tout au long de l’automne, notamment une lecture organisée par l’Association vaudoise des écrivains ainsi qu’un « Jeu de l’oie littéraire » mis sur pied par Tulalu !? J’ai aussi le projet d’organiser une rencontre intergénérationnelle, qui réunirait adolescents et aînés autour du « Chant du biloba ». Mon livre s’y prête bien puisqu’il met en scène quatre générations. Pour mon vernissage, j’ai d’ailleurs mis sur pied une lecture-goûter dans un home, avec ma famille, mes amis, mes voisins et les personnes âgées résidentes intéressées.

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Je remercie très chaleureusement Cornélia pour sa gentillesse et sa disponibilité.

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