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Interview C.M Munoz, l’écrivaine amoureuse des mots

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Pouvez-vous vous présenter à la communauté Collibris ?

Je suis connue sous le nom de plume de C.M Munoz et suis l’autrice du roman épistolaire nommé Les Cœurs en fleurs paru le 3 juillet 2020 disponible dans toutes les plateformes numériques en version brochée et eBook. En parallèle, je suis juriste spécialisée dans la fiscalité, une partie de moi qui paraît plus pragmatique, mais qui est tout aussi passionnante et complémentaire.

Pouvez-vous nous parler de votre passion pour la littérature ?

J’ai commencé à écrire vers les deux dernières années de l’école primaire, ça commence à bien remonter à présent. J’avais une imagination débordante comme chaque enfant et comme j’étais seule j’écrivais beaucoup, je me racontais des histoires. J’ai d’ailleurs eu mon premier porte-plume à cet époque et qui ne me lâche jamais depuis.

C’est à travers les premières saisons amoureuses et les premiers tourments durant ma période lycéenne que j’ai décidé d’utiliser ma plume pour panser les maux avec les mots, ou simplement les faire valser contre mon cœur lorsque je me sentais bien. Et puis je lisais énormément, et ce sont les mots indélébiles de Baudelaire qui ont fait que je sois si attachée à la littérature et à l’écriture. Ce sont deux univers qui me permettent d’être moi-même, de poser des mots sur des silences, écrire des lignes sur des joies, et je trouve ça merveilleux la manière dont nous pouvons jouer avec la langue.

Votre premier roman « Les Cœurs en fleurs » est un roman épistolaire très touchant révélant un amour pour les mots et les lettres manuscrites. Pouvez-vous nous en parler ?

Avant d’être une histoire d’amour, ce roman est véritablement l’histoire d’amour entre l’écrivain et les mots. C’est une communion dont j’ai choisi de mesurer chacun des mots, chacune des sonorités pour en faire une véritable ode à la poésie et à la musicalité de notre langue aux mille trésors. J’ai souhaité rendre les lecteurs sensibles au choix des mots, à la puissance de chacun d’eux afin qu’ils ressentent au creux de leur poitrine une chaleur intensément délicieuse qui leur montrerait que la littéraire, c’est ça. C’est une valse douce et tumultueuse, calme et fougueuse, déchirante et merveilleuse.

Avez-vous déjà eu l’envie d’organiser des correspondances entre passionnés de lettres comme dans votre roman ?

Oui, j’ai eu (et j’ai toujours) envie d’organiser des correspondances entre passionnés de lettres. Ce serait d’ailleurs la finalité de ce roman, redonner la vie à des lettres oubliées, du papier jauni par le temps sans accueillir pour autant les mots de l’âme. Cela dit, ce n’est pas une idée qui m’échappe, et je compte bien travailler sur cette nouvelle perceptive car je suis certaine que l’envie d’écrire de belles lettres à des êtres chers est toujours là, au fond des cœurs de tous.

Pourquoi avoir choisi d’écrire un roman épistolaire ?

C’est une question que l’on m’a souvent posée, je dois dire. Le roman épistolaire, pour moi, incarne la puissance littéraire même. Nous entrons dans l’intimité la plus précieuse d’une personne, nous obligeant en pas plus de trois pages à nous dévoiler de manière si concentrée et si intense que nous finissons par désirer même le papier. Une lettre est un condensé d’émotions, un élixir littéraire dans laquelle nous prenons de nous mettre à nu face à la plume du correspondant. Ecrire ce roman épistolaire m’a permis de concentrer uniquement sur mes personnages, en oubliant les détails futiles que peuvent être greffés dans un roman plus narratif. Avec une lettre, du premier mot au dernier, nous en restons comme accrochés.

Et vous, entretenez-vous une correspondance ?

Oui, j’ai toujours entretenu une correspondance qu’elle soit amicale, amoureuse ou même familiale. J’ai d’ailleurs commencé à correspondre avec une de mes cousines qui habitent en Italie. Nous n’avions pas de téléphone, Facebook ne s’était pas vraiment démocratisé, alors nous nous échangions des lettres que j’ai toujours gardées précieusement dans ma boîte à correspondances. En ce moment, je dois dire que les correspondances se sont calmées de mon côté depuis la fin de l’année, mais j’ai effectivement passé mon année à correspondre. Il y avait ce parallèle entre mes correspondances et l’écriture de mon roman, j’étais plongée dans un voyage épistolaire entre réalité et fiction.

Quelles sont vos inspirations littéraires ?

Je crois que ce n’est un secret pour personne, ni même pour mes lecteurs qui continuent à me suivre sur les réseaux sociaux, surtout Instagram. Charles Baudelaire est ma principale inspiration et le restera sans doute pour toujours. Sa plume est sublimée par la torture de son âme, par ses amours splendides et déchirants, et je dois dire que je m’y retrouve tout comme chez Flaubert. A côté de ça, Jean d’Ormesson est pour moi une figure, un modèle littéraire qui n’a pas besoin d’écrire dans la souffrance pour la rendre merveilleuse. Son écriture est solaire, il ne faut pas plus d’un chapitre pour se rendre compte à quel point le bonheur habitait ses écrits. Il est l’un des rares pour lequel je vois son sourire et son amour pour la vie entre ses mots.

Vous partagez sur votre compte Instagram vos mots, vos inspirations. Pouvons-nous en avoir un extrait ?

Extrait du compte instagram CM Munoz

Vous pouvez me retrouver sur Instagram sous le nom cmmunoz_. J’y publie chaque jour un poème, un fragment écrit de manière manuscrite sur plusieurs sortes de papier et à l’encre du Chine. En voici un extrait :

« Elle avait les yeux remplis d’une poésie filante, offrant à celui qui la regarde le luxe de contempler son âme. »

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Je suis actuellement en train d’écrire mon deuxième roman mais qui ne sera pas – si je m’y tiens, en tout cas – un roman épistolaire et suis aussi en train de réfléchir à la confection d’un recueil où nous y retrouverions quelques-uns de mes poèmes manuscrits.

D’autres projets toujours en rapport avec la littérature et l’écriture sont en cours, notamment des collaborations artistiques et littéraires où je vous invite à suivre tout cela sur ma page Instagram.

Celles et ceux qui me suivent depuis un moment savent que j’ai offert ma plume au collectif Nuée de plumes. Il s’agit d’un collectif de dix-sept femmes qui ont créée un recueil de textes appelé « De Guerre et d’espoir » sur le thème des enfants et de la guerre. Il est disponible uniquement sur Amazon et 80% des fonds sont versés aux deux associations choisies afin de lutter contre la précarité. Nous avons pour projet d’entamer sans doute une réédition, nous y travaillons.

CM Munoz Entre lecteurs

Quelle grande histoire d’amour affectionnez-vous ?

L’histoire d’amour que j’affectionne est celle entre Marie Daubrun et Charles Baudelaire. A l’époque, son histoire avec Jeanne Duval n’a pas pu fonctionné, et il s’est épris de Marie qui a réussi à lui faire oublier ses anciens tourments avant que celle-ci ne s’en aille à son tour. C’était terrible, pour lui, et ses lettres sont les témoins intemporels de l’amour, du désir qu’il ressentait pour elle.

Dans la littérature, l’histoire d’amour que je préfère est celle de Jane Eyre et de M. Rochester dans le roman éponyme écrit par Charlotte Brontë.

Quel roman épistolaire aimez-vous ?

J’ai beaucoup aimé Le Monde de Charlie écrit par Stephen Chbosky. A travers les lettres de l’adolescent, nous y trouvons une sensibilité et une véritable réflexion sur les états d’âme des adolescents. Ce livre m’a marquée pour longtemps, je crois, et il reste de loin mon préféré.

Quelle est votre héroïne de roman préférée ?

Indéniablement, Emma Bovary. Elle est une femme au bord de l’anti-héroïsme, et pourtant un personnage complexe rappelant la condition humaine, le vide que l’Homme porte en lui. Il s’agit d’un personnage à la fois touchante et détestable mais qui, au fond, soulève la question : Ne sommes-nous pas tous, au moins une fois dans sa vie, des Emma Bovary ?

Quelle est votre citation favorite ?

Il s’agit d’un extrait du poème « Le train de la vie » de Jean d’Ormesson, qui est au passage une beauté :

« On ne sait pas à quelle station nous descendrons.

Donc vivons heureux, aimons et pardonnons ! »

Les coeurs en fleurs

les coeurs en fleurs

Amoureux inconditionnel des lettres, Roméo se sent de plus en plus pris de nostalgie pour le temps des correspondances épistolaires ainsi que pour les sentiments uniques qu’elles procurent.

Son cœur, qui ne demande qu’à valser entre les mots couchés sur le papier, le conduit à s’inscrire sur un site Internet qui permet à ceux qui le souhaitent de trouver un correspondant. Depuis son inscription, Roméo a reçu dans sa boîte de réception des courriels vains, dépourvus d’émotions véritablement intenses.

Lassé, il finit par penser que l’époque où les personnes s’écrivaient des lettres est tristement révolue.

Et pourtant ce soir-là, Roméo était à mille lieues d’imaginer qu’il allait recevoir un courriel rempli d’une singulière poésie ne le laissant pas indifférent. Malgré lui, le jeune homme se laisse emporter par les beautés des sentiments qui fleurissent entre les courbes des mots.

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