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Interview Audrey Alwett

Vous connaissez surement Audrey Alwett pour l’une de ses œuvres : est-ce la saga jeunesse Magic Charly ? La bande dessinée Princesse Sara ou encore Le Grimoire d’Elfie ? Les abonnés du Ptit Colli ont dû aussi découvrir Les Poisons de Katharz, son roman fantasy… L’autrice aux multiples oeuvres et talents nous a accordé une interview rien que pour vous les Collibris ! On vous laisse découvrir notre échange.

Interview Audrey Alwett

Bonjour Audrey, merci beaucoup d’avoir accepté l’interview pour le blog Collibris !

Vous êtes l’autrice de plusieurs romans et BD fantastiques (dans tous les sens du terme !). Quelle œuvre vous a fait connaître ?

La BD Princesse Sara qui compte aujourd’hui treize tomes. C’est un projet que nous avons commencé il y a quatorze ans avec Nora Moretti, la dessinatrice, et dont le succès ne s’est jamais démenti, grâce au soutien de nos lecteurs. Nous nous sommes lancées dans une adaptation très libre du roman du XIXe siècle de Frances Hogson Burnett, avec des automates. Et aujourd’hui, nous avons fait de Sara une femme ingénieure très indépendante !

Depuis quel âge écrivez-vous et quelle est votre relation à l’écriture ?

J’ai commencé à écrire dès l’âge de cinq ans, quand je ne savais pas encore écrire ! Je dictais à ma cousine plus âgée nos folles aventures bucoliques chez nos grand-parents (comment on avait découvert des papillons morts, ce genre de choses passionnantes). Elle avait une très jolie écriture ronde pleine de fautes d’orthographes. Ensuite, je reliais les feuilles entre elles avec des bouts de laine pour en faire des « livres ». Plus âgée, j’ai écrit de plus en plus sérieusement, d’abord des poèmes, puis des contes. Ma professeure de français au collège, Danielle Martinigol qui était et est toujours autrice pour la jeunesse, finalisa le coup de foudre. Je me suis doucement mise aux romans puis aux nouvelles… À partir de mes quinze ans, j’ai consacré deux heures par jour à l’écriture. Et après, ça n’a fait qu’empirer !

Vous multipliez les œuvres, les projets, nous en sommes réellement reconnaissants et admiratifs ! Nous avons également pu lire que vous avez fait un burn out récemment : pouvez-vous nous en parler ? Quels conseils pouvez-vous donner pour en sortir ?

Le seul conseil pour en sortir, je crois que c’est de lâcher prise. Au début, il y a le planning, les impératifs. Vous tentez de négocier avec la maladie : « d’accord, un mois de repos, deux mois, trois mois, et après on s’y remet à fond ! ». Evidemment, ça ne marche pas du tout, parce que la maladie est plus forte en négociation que tous les éditeurs du monde. Elle vous recouche de force, elle vous brise des dents à coups de crises de tétanie, elle vous fait trembler de la tête aux pieds pendant des mois même dans votre sommeil et vous inflige des pertes de mémoire incessantes… Il y a un stade où vous acceptez. Vous vous dîtes « d’accord, je vais remplir ma vie avec autre chose que du travail et des obligations. » Mais c’est dur, vraiment. J’ai fait mon burn-out il y a un an et demi et je n’en suis toujours pas sortie…

Une collègue, Cécile Duquenne (nous sommes hélas nombreux parmi les auteurs à faire des burn-outs) qui rencontrait des symptômes aussi lourds quoique différents, me disait : « je pars du principe que ça va mettre aussi longtemps à partir que ça en a mis pour s’installer. » Je trouve que c’est un excellent conseil de résilience. Ça permet de garder patience.

Vous enchaînez les nouveautés : le deuxième tome de la BD Le Grimoire d’Elfie vient de sortir et le troisième et dernier tome de Magic Charly sera publié début 2022 ! Vous semblez être attachée à varier les types de narrations, n’est-ce pas ?

Le roman est mon premier amour, ce que j’ai toujours voulu faire. La BD, j’y suis arrivée par un vrai coup de chance ! Je rêvais d’en faire, mais ne voyais pas comment m’y prendre. Et un jour, j’ai rencontré les bonnes personnes (notamment Christophe Arleston, le co-scénariste du Grimoire d’Elfie, qui est devenu mon mari). Je suis conteuse aussi, quoique la pandémie et le burn-out aient sérieusement freiné mon activité. Dire un conte (sans livre donc), c’est encore un exercice de narration différent. Et j’ai aussi fait un peu de dessin animé. C’est vrai, je suis fascinée par tous les moyens de raconter une histoire et c’est quelque chose que je vais continuer d’explorer dans les années à venir !

Pouvez-vous nous parler un peu plus de Magic Charly et des trois tomes ?

Magic Charly, c’est l’histoire d’un garçon dont la grand-mère s’est volatilisée cinq ans plus tôt, dans des circonstances qui l’ont perturbé. Et voilà que cette grand-mère réapparait, totalement amnésique. Dans ses bagages, Charly découvre qu’elle avait un héritage magique à lui transmettre. Sa grand-mère était une grande magicière et l’avait initié ! Charly se trouve projeté dans cet univers de magie dont il ne se souvenait pas. Peu à peu, il découvre que sa grand-mère est en danger de mort… et lui aussi !

Il y a beaucoup de thématiques que j’ai eu envie d’aborder dans Magic Charly, l’élitisme et les enjeux de l’éducation, la magie sous forme de métaphore : elle désigne en fait la langue française, le fait que la rigidifier la tue, que le temps de parole – ou de magie – n’est pas le même pour tout le monde… Il y a aussi la question du consentement et les conséquences que cela peut avoir sur une personne quand il n’est pas respecté.

Pensez-vous qu’une adaptation cinématographie serait réalisable ?

Oui, nous en parlons souvent avec mon agent, Roxane Edouard ! Mais il faut d’abord que je termine l’écriture. Un dessin animé était en cours, mais nous avions vraiment une vision opposée du projet avec le producteur. C’était en telle rupture avec mes valeurs que j’ai préféré arrêter là.

Avez-vous déjà pensé à faire adapter Magic Charly en Bande Dessinée ?

J’ai même déjà écrit les premières pages de scénario ! Mais ici, c’est le dessinateur ou la dessinatrice que je peine à trouver. J’en avais une… qui s’est retirée du projet après avoir fait un terrible burn-out. Une autre est peut-être intéressée… Je m’en occuperai sérieusement quand j’aurai fini les romans !

Entre lecteur

Plutôt bande dessinée ou roman ?

J’aime vraiment beaucoup les deux. C’est juste un plaisir différent.

Quel est votre livre cocooning pour cet hiver ?

Je lis au moins trois livres par semaine, alors c’est difficile… Cette semaine, j’ai eu deux lectures très marquantes, ce qui est rare. Il y a eu Capitale de la Douceur de Sophie Fontanelle qui est une merveille qui réconfortera, je crois, toutes celles qui ont subi des violences sexuelles. Enfin, je suis en train de lire une merveilleuse anthologie de poétesses réalisée par Diglee, Je serai le feu chez La ville brûle. Elle a réalisé un travail incroyable, merveilleux et d’une utilité folle. Moi qui ai fait des études de lettres, je suis furieuse d’être passée à côté de textes aussi prodigieux, sous le simple prétexte qu’ils ont été écrits par des femmes.

Quel livre offrez-vous le plus ?

Cela dépend de la personne. Mais je crois que je vais beaucoup offrir les deux livres que je viens de citer. J’offre aussi souvent des romans de Flore Vesco ou de Clémentine Beauvais. Ce sont des valeurs sûres !

Quel est votre dernier coup de cœur ?

Le Grand Monde, le dernier Pierre Lemaître dont j’adore l’écriture. C’est toujours aussi brillant et j’adore le côté grande saga historique et familiale.

Pouvons-nous vous rejoindre sur Collibris ?

Je vais m’y inscrire de ce pas, mais pour être honnête, j’ai déjà du mal à répondre à toutes les sollicitations de mes lecteurs. Il existe trop de réseaux sociaux !

Magic Charly

Le jour où Charly découvre que sa grand-mère est magicienne, il comprend aussi que pour la sauver, il n’a d’autre choix que de devenir apprenti magicien.

Beignets de prédiction, serpillière enchantée ou chat doté d’étranges pouvoirs laissez-vous ensorceler par l’univers de ce roman éblouissant !

Le Grimoire d’Elfie

Elfie et Magda vivent depuis la mort de leur mère chez une tante acariâtre. Mais un jour leur sœur aînée revient de Londres  : elle a transformé un bus anglais en librairie ambulante pour aller de village en village. Une nouvelle vie commence  ! Leur première étape les amène dans une île bretonne où de vieilles rancœurs secouent la population, pour un mystérieux timbre perdu. Mais surtout, Elfie découvre qu’elle a hérité des talents de sorcière de sa mère, et d’un grimoire qu’elle doit nourrir de ses écrits. Entre le Club des cinq et Kiki la Petite sorcière, un récit tendre et aventureux, plein de mystères et du charme des petites choses du quotidien, une histoire envoûtante tant pour les plus jeunes que leurs parents.

Merci à Audrey Alwett d’avoir accepté cette interview ! A bientôt les Collibris.