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L’Interview d’Olivier Norek pour « Surtensions »

Olivier Norek écrit des polars. Mais pas n’importe quels polars ! Il écrit des polars qui bousculent !

Cet ancien flic devenu écrivain raconte ce qu’il connaît. Ces romans n’ont donc rien de fictionnels.

Ancien lieutenant de police au sein du SDPJ 93 – section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…), ses polars sont de véritables enquêtes de terrain.

Pas de filtre, sa plume est criante de réalisme… en déplaise à certains !

Avec sa trilogie « Code 93 – Territoires – Surtensions », Olivier Norek nous fait entrer par la petite porte et nous montre les choses telles qu’elles sont.

Exit les flics super-héros et les intrigues farfelues, il souffle sur la littérature policière française un souffle d’authenticité qui fait vraiment du bien !

Avec leur côté documentaire, les polars d’Olivier Norek interrogent et, cerise sur le gâteau, ils ne sont pas dénués d’humour 😉

Autant de raisons qui ont amené le comité éditorial du Ptit Colli a intégré « Surtensions », le dernier volet de la trilogie, dans sa sélection du mois d’avril !

Surtensions d’Olivier Norek

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Pour ce dernier tome de la trilogie, Olivier Norek ne ménage pas ses personnages !

Le capitaine Victor et ses équipiers sont poussés à bout… en mode surtensions !

Tout commence par un projet : celui d’une évasion. S’ensuit un vol de scellés au tribunal de grand instance de Bobigny conduisant à la libération de quatre prisonniers et au suicide d’un cinquième.

Mais qui du pédophile, du kidnappeur, du braqueur, de l’assassin ou de l’ancien légionnaire voulait-on libérer ? Qui a volé les scellés ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui se sont installés dans sa maison ?

L’enquête s’annonce électrique !

Au delà de l’intrigue, Olivier Norek nous plonge dans la noirceur de l’univers carcéral. La réalité fait froid dans le dos !

L’interview d’Olivier Norek

Bonjour Olivier. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre univers littéraire ?

Avec Plaisir. Donc, Olivier Norek, la quarantaine, officier de police dans le 93 et Paris pendant 17 ans… écrivain par hasard. Suite à un concours de nouvelle, j’ai rencontré une fée (une sorcière ?) qui m’a donné les pistes et les codes de la littérature et m’a invité à raconter mon quotidien de flic, avec un brin de sensibilité féminine pour pouvoir écrire les pires horreurs du quotidien… Bienvenue chez moi.

Votre livre « Surtensions » a été choisi par le comité éditorial du Ptit Colli pour sa sélection d’avril. Certains lecteurs auront donc la chance de le recevoir dans leur box littéraire. Que souhaiteriez-vous leur dire pour leur donner envie de se plonger dans ce roman ?

Tout d’abord, tout ce que vous allez lire est tiré de faits réels… ma violence n’est pas fantasmée, elle est réelle. C’est un roman comme un témoignage. Les techniques d’enquêtes sont respectées à la lettre. Voilà comme on travaille, comme on réussit et comme on se plante aussi. Et puis il y a  les personnages. Uniquement des rôles principaux, personne n’est laissé au second plan. Le flic ? Il a sa part d’ombre. Le méchant ? Son humanité. Qui choisirez vous d’aimer ?

Avec « Surtensions », vous dressez un tableau terrifiant de l’univers carcéral. Terrifiant parce que réaliste. Comment avez-vous récolté vos informations sur l’état des prisons en France ? En avez-vous été surpris ?

Comme pour toutes mes enquêtes de police, je m’entoure d’experts, car je sais que je ne sais pas grand-chose. Pour Surtensions, j’ai travaillé avec un directeur de prison et un surveillant avec 25 ans d’expérience. Autant vous dire que si la prison de Marveil n’existe pas, tout ce qu’il s’y passe est vrai. Je pensais maîtriser le sujet en tant que flic, j’ai réalisé ô combien j’étais à côté de la plaque.

Victor Coste est un personnage « normal », solaire. Il n’est pas un surhomme ou un flic brisé comme on en voit tant dans la littérature policière ou dans les séries du même genre. Coste serait-il celui qu’il est s’il n’était pas flic ? Jusqu’à quel point ce métier change un homme ?

Notre quotidien de flic est ce que l’homme recèle de pire en lui. Nous ne rencontrons l’autre que lorsqu’il est victime d’un crime ou délit ou lorsqu’il l’a commis. Alors, oui, ça esquinte un peu. La confiance s’accorde moins facilement lorsque l’on sait de quoi est capable un voisin, un mari, un frère, un ami…

Humour et esprit d’équipe/de famille sont des composantes indéniables de la section enquêtes de recherches du SDPJ 93. Des garde-fous nécessaires pour endurer le quotidien ? Selon votre expérience, quel(s) autre(s) rempart(s) permet(tent) aux policiers de ne pas sombrer ?

C’est exactement cela. Les flics ne se parlent pas, ils se vannent, même sur une scène de crime. Logique. Si on en rit, c’est que ce n’est pas grave ou irréel, cela nous permet de déshumaniser un peu les situations les plus dures car nous ne sommes pas des psys mais des outils d’enquête. Prendre les sentiments des autres c’est se charger d’émotions qui ne sont pas les nôtres et qui vont parasiter notre enquête. Pour une victime, c’est le drame de sa vie, pour un flic c’est juste le premier de la journée. Comprenez nous. L’équipe et l’humour, une famille et une béquille.

L’appellation Paul Bismuth, on en parle ? Ce mot d’argot en dit long sur les rouages de la société…

Et oui… comme tout cela est ironique… les voyous sont tellement dépassés et impressionnés par la qualité des affaires de nos politiques, qu’ils s’en inspirent. Nicolas Sarkozy et son téléphone Paul Bismuth par exemple. Il y aussi de l’admiration. Les gamins sont très respectueux des Balkany, Tibéri, Fillon, Dassault, Tapie… des hommes qui se font attraper la main dans le sac et à qui il n’arrive pas grand chose, alors que eux se retrouvent en garde à vue pour un gramme cannabis.

Vous n’écrivez pas que des polars. Vous écrivez des polars qui interrogent et qui bousculent. Manipulations et magouilles politiques, corruption, système judiciaire… quel(s) autre(s) aspect(s) politico-social / faits(s) de société souhaiteriez-vous ardemment dénoncer ?

Les polars sont des livres d’Histoire en avance. Je ne pense pas que l’on puisse écrire un polar sans parler de  la société, de la politique, de nous en somme. Si vous cherchez à comprendre l’Islande, lisez un Indridason. Si vous cherchez à comprendre l’Amérique des années 60, lisez un Ellroy.

Vous écrivez sur ce que vous connaissez. Auriez-vous envie d’écrire un roman purement fictionnel ? Cela aurait-il un sens pour vous ?

Je rêve de créer un univers d’enquêteurs pour les ados… avec une larme de fantastique… parfois, le réel est une prison… pourquoi ne pas s’en échapper un peu ?

« Surtensions » marque vos adieux à cette fine équipe d’enquêteurs. Une chose est sûre, vous ne l’avez pas ménagée dans cette dernière enquête ! Une manière de finir sur un coup de grâce ?

Mais pas du tout ma chère… Coste est juste en break… son équipe aussi… C’est tout simplement que je ne voulais pas m’enfermer dans la case : auteur du 93 avec Coste. Je tiens rapidement à montrer que je sais et que je peux écrire autre chose… trouverai-je un public ? c’est une autre question. Et pour le final en coup de grâce… c’est tout simplement que je connaissais trop mes personnages et que je voulais qu’ils me surprennent. J’ai donc décidé de les pousser jusqu’à leur point de rupture. Cette limite où l’on redevient animal.

Il y a un peu/beaucoup de vous dans le personnage de Victor Coste :

– qu’est-ce que vous admirez chez lui ?

Son humanité, elle est son moteur.

– qu’est-ce que vous détestez ?

Sa solitude, ou son incapacité à concevoir la vie à deux.

– où le voyez-vous dans 10 ans ?

je ne sais même pas ce que je fais à la fin de cette semaine… alors Coste…

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

Tout d’abord je précise qu’un portrait chinois s’inscrit dans un moment. Si j’avais répondu à ce questionnaire deux jours plus tard, les réponses auraient été autres…

– un livre :  Dompteur d’Anges de Claire Favan.

– une peur : les insectes. Tous. Toute taille et forme. Je suis mal à l’aise, même avec une coccinelle.

– un bruit : un crissement de pneu.

– un objet : un caillou rayé offert par ma mère

– un lieu : Aubin, Aveyron, la maison de campagne de mon enfance.

– une émotion : l’apaisement. Je lui cours après depuis que je sais marcher.

– un animal : ma chienne, Alaska. Quand elle me voit, elle gémit de bonheur. C’est presque ridicule.

– un adage : L’enfer, c’est les autres.

Que pouvez-vous nous révéler sur votre prochain roman ?

La quatrième de couverture ?

« Adam a découvert un endroit en France où l’on pouvait tuer sans conséquences ».

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Olivier, que lisez-vous ?

Avant l’histoire, c’est d’abord un style. Avec le style de narration, la qualité littéraire, je peux supporter n’importe quelle histoire. Et avant le style, les personnages. Si je « tombe en amour » avec l’un d’eux, il peut m’emmener n’importe où. Alors je citerai Hugo Boris, Claire Favan, Barbara Abel et Maud Mayeras. Mais aussi Irving, Salinger, Follett…

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Faisons plus simple… je vous donne rendez-vous sur mon Facebook Olivier Norek Officiel sur lequel je tiens à jours tous les salons et dédicaces. Et quelques autres bêtises, évidemment. À bientôt alors.

* * * * * * * * *

Je remercie très chaleureusement Olivier pour sa gentillesse !

 

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