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L’interview de Soluto pour « Redites-moi des choses tendres »

La chanson débute ainsi :

« parlez-moi d’amour, redites moi des choses tendres……. »

Ces paroles en forme de supplication auraient pu être mises dans la bouche de chacun des personnages de ce roman.

Ce pourrait être une pièce de théâtre, un vaudeville avec des portes qui claquent, des gens qui se croisent, se mentent, trichent ou s’invectivent.

Ce pourrait être un film au suspense montant crescendo et à la fin…….

Et si ce n’était que l’histoire ordinaire, d’une famille, presque ordinaire ?

« Redites-moi des choses tendres » est le premier roman de Soluto (soluto.free.fr/blog).

C’est l’histoire d’un couple qui se sépare, d’une famille qui explose.

On y trouve du tragique, des drôleries, de la fatalité.

Dans ce roman tout est improbable et pourtant tout est possible.

[« Redites-moi des choses tendres » : sélection spéciale « CONCOURS DE CRITIQUES LITTÉRAIRES 2017 »]

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L’interview de Soluto

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Bonjour. Avant de parler de votre premier roman « Redites-moi des choses tendres », pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs et nous parler de votre parcours ?

Je suis né en 1961, j’habite au Havre, je partage ma vie entre un atelier où je peins, mon ordinateur qui me permet d’écrire, des promenades dans ma ville et un travail d’infirmier à temps partiel dans une structure qui accueille des adolescents et leurs familles. Soluto est un pseudonyme. Mon nom est Laurent Quevauvillers. J’ai quelques belles expos derrière moi et, avant Redites-moi des choses tendres, j’ai écrit deux livres : Vies à la ligne aux Rêveurs (textes et dessins) et Glaces sans tain, recueil de quatre longues nouvelles, au Dilettante.

Votre roman « Redites-moi des choses tendres » (Du Rocher) sortira en librairie le 6 septembre prochain. En 5 mots, comment le définiriez-vous ?

Amours, désillusions, errances, contingences, ironie du hasard…

Votre roman est l’histoire d’une famille mais quelle famille ! Chaque membre a ses défauts et vous n’épargnez aucun d’eux. Vous lui voulez beaucoup de mal à cette famille pour la maltraiter ainsi ?

Oh, moi je ne veux de mal à personne ! J’ai posé ces personnages  comme devant un chevalet, je les ai animés et j’ai constaté qu’ils étaient doués pour construire leur propre malheur. Mais je n’ai rien inventé. Je n’écris pas de chic, je serre au plus près mes personnages, je tente de les restituer dans leur subjectivité. Je les ai rencontrés dans ma pratique professionnelle et, si je les ai rendus méconnaissables, je ne les ai pas trahis plus que nécessaire.

N’est-ce pas finalement une caricature de la famille moderne, connectée ?

Non, ce n’est pas une caricature… Il y a des familles bien plus connectées, où tous les membres se répandent dans les réseaux sociaux, où les hommes et les enfants s’abrutissent dans des jeux vidéo hyper stimulants, où l’on peine à quitter les écrans pour se retrouver le temps d’un repas. Chacun de mes personnages mène, ou croit mener, sa vie à sa façon et ne voudrait pas qu’il en soit autrement. Leurs difficultés viennent peut-être du fait qu’ils ne sont plus reliés les uns aux autres. La modernité valorise l’individualisme et le plaisir immédiat. Il est de bon ton de le dénoncer. Moi je n’en pense rien de stable et je ne fais que le constater.

Votre roman est drôle tout autant qu’il est tragique et dramatique. On a réellement l’impression d’assister à une pièce de théâtre, un vaudeville avec des portes qui claquent. Le rythme est soutenu, les évènements s’enchaînent. Mais où avez-vous puisé votre inspiration pour imaginer de tels rebondissements ?

Oui, j’aime la mécanique et le rythme des comédies, les promesses faites au lecteur qu’on tient parfois cinquante pages plus loin, les retournements de situations, les accroches inattendues. J’aime le tendre et le dur, le drôle et le désastre. Non par jeu, mais parce que la vie elle-même, ne se nourrit que de ces surprises continuelles. Rien ne se passe jamais comme prévu et pourtant, lorsque l’on regarde en arrière, rien ne pouvait se passer autrement…

Le père est au cœur de tout ce qui arrive, ses enfants le détestent, son couple est moribond, ses supérieurs le pressurisent, n’est-ce pas trop pour un seul homme ?

J’ai voulu un personnage inconséquent et inconsistant qui flottait dans l’inconstance… Question problèmes c’est un cumulard comme il en existe beaucoup. C’est aussi un jouisseur triste. Le rose n’est pas sa couleur… C’était beaucoup plus drôle comme postulat.

Selon vous, aurait-il dû changer ? Aurait-il pu ?

Bien sûr que non ! On n’échappe jamais à soi-même…

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour créer de tels personnages ? Et pourquoi avoir pris le parti de ne montrer d’eux que leur face la plus sombre ? Etes-vous donc si pessimiste ?

Objectivement la vie n’est pas drôle, c’est une affaire qui se termine très mal. Les déceptions sont partout et nul n’est épargné par les deuils, les désillusions, les désagréments.  C’est une banalité de le constater. Mais ce qu’on en dit, ce qu’on en montre peut être infiniment cocasse, plaisant, divertissant…Il y a des jours où l’on se marre bien quand même ! On ne compte plus les fou-rires dans les cimetières, les vacheries bien senties qui vous arrache un éclat de rire, les bons mots qui nous apaisent et nous grandissent. Non, je ne suis surtout pas un pessimiste et je déteste les lamentations et la pleurniche. Nul n’est à l’abri d’une joie soudaine, d’un sourire de femme, de retrouvailles improbables… Et même si tous ces soufflets retombent, ils nous redonnent un peu d’air, un peu de souffle et je les goûte comme il se doit, à plein poumon !

Le titre du livre « Redites-moi des choses tendres » ne montre-t-il pas finalement la voie qui aurait pu sauver cette famille de l’explosion ?

Mais pourquoi vouloir la sauver de l’explosion ?…

Un indice sur vos futurs projets littéraires ?

Joker…

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre : Les vrilles de la vigne, de Colette

– un objet : La paille plantée dans le dernier mojito de Monica Bellucci

– un bruit : Celui de la cafetière, le matin vers six heures, quand tout le monde dort encore…

– une peur : Celle de me tarir du jour au lendemain

– une invention : L’encre, car elle sert au dessin, à l’écriture, qu’elle est libre, miscible et fluide…

– une émotion : La joie

– un animal : Un grizzli d’Alaska parce que je n’aime pas qu’on m’enquiquine. Eux, j’ai l’impression qu’on leur fiche la paix quand ils veulent gamberger…

– un lieu :  Une chambre d’hôtel l’après-midi, en Touraine, volet mi-clos, avec une barre de lumière qui coupe le lit en deux et qui mord un peu les corps…

– un adage : Un aphorisme de La Rochefoucauld plutôt : « Il est difficile de définir l’amour. Ce qu’on en peut dire est que dans l’âme c’est une passion de régner, dans les esprits c’est une sympathie, et dans le corps ce n’est qu’une envie cachée et délicate de posséder ce que l’on aime après beaucoup de mystères »

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous, que lisez-vous ?

En ce moment ? Dernières lectures : Philippe Jaenada, « La petite femelle », Russel Banks, « Un membre permanent de la famille » et « Lointain souvenir de la peau » que je termine, Alphonse Boudard « Mourir d’enfance » (superbe), « La femme de Berroyer est plus belle que toi connasse » de Berroyer (excellentissime), pour finir « Marthe » de Huysmans et « Un cœur simple » de Flaubert, que j’ai repris à suite d’une émission de France-culture, que je croyais bien connaître et que j’ai redécouvert, ébloui.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Une signature à la Galerne, au Havre, le 14 octobre et pour le reste pas de calendrier encore défini…

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Je remercie très chaleureusement Soluto pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre « Redites-moi des choses tendres » (Editions du Rocher) à votre bibliothèque Collibris !

Je vous rappelle également que « Redites-moi des choses tendres » fait partie de notre sélection de livres pour notre grand concours de critiques littéraires 2017.

Peut-être aurez-vous la chance de le remporter !

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Bonnes lectures

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