L'interview de Philémon Le Bellégard pour Syndrome de Stockholm

L’interview de Philémon Le Bellégard pour « Syndrome de Stockholm »

Breton d’origine, Philémon Le Bellégard est un touche-à-tout : littérature, théâtre, cinéma, écriture, rien ne l’arrête.

Son moteur ? L’imagination ! Et il en a à revendre !

Son univers littéraire ? Concrétiser l’extrême, l’impensable, l’impossible.

Fasciné par l’Art et la Création dans toutes ses formes, il publie en octobre 2016 son premier roman « Syndrome de Stockholm » (Librinova), un thriller psychologique dans lequel l’auteur raconte une expérimentation artistique qui vient bousculer l’Art tout entier et l’image positive que l’on a habituellement de l’Art et de l’Artiste.

A la manière des  films de Stanley Kubrick et de Steven Soderbergh, « Syndrome de Stockholm » possède des atmosphères uniques et une énergie visuelle incroyable.

Tous nos sens sont en éveil dans ce thriller rouge sang qui ne vous laissera pas indemne.

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« Syndrome de Stockholm » de Philémon Le Bellégard

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De Stockholm à Los Angeles, Stendriëk Börgen, artiste suédois génial et mystérieux, entretient une relation occulte avec Enstenov Khalinek, puissant homme d’affaires aux méthodes discutables.

A l’apogée de sa carrière, Börgen dévoile son grand ouvre, un ensemble monumental de plus de 3 000 toiles occupant la gigantesque Gallery of the Immortality du Titanium Palace de Los Angeles.

Börgen et Khalinek jubilent, mais aussitôt surviennent de nombreuses questions : quels liens unissent vraiment les deux hommes ? Comment une telle entente, aussi inattendue que suspecte, est-elle possible ? Quelle est cette étrange matière dont les ouvres sont faites… ?

Anna James, journaliste et critique d’art de haute renommée, se retrouve malgré elle au centre d’une histoire qui dépasse le monde de l’art. Elle va en effet découvrir que, derrière la création et le travail de Stendriëk Börgen, se cachent de sombres vérités…

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L’interview de Philémon Le Bellégard

Bonjour Philémon. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre univers littéraire ?

Je suis d’origine Bretonne, j’ai 42 ans et je vis à Paris depuis vingt ans. J’ai fait des études de lettres : j’y ai gagné un goût pour l’écriture et la possibilité de mettre en mots mon imaginaire. Car de l’imagination, j’en ai à revendre ! Je me considère comme un narrateur : j’aime inventer et raconter des histoires. Mon univers littéraire est fondé sur la concrétisation de l’extrême voire de l’impensable, de l’impossible. J’ai un projet littéraire qui consiste à raconter plusieurs histoires autour d’une même idée conceptuelle (mais évidemment pas autour du même canevas littéraire ni du même thème). Le concept de chaque histoire repose sur un personnage obsessionnel qui par absolue nécessité ou totale folie va pousser à l’extrême une expérimentation que la société toute entière ne peut envisager voire accepter, et qui va déranger profondément cette société (et donc le lecteur !). « Syndrome de Stockholm » raconte une expérimentation artistique qui vient bousculer l’Art tout entier et l’image positive que l’on a habituellement de l’Art et de l’Artiste.

« Syndrome de Stockholm » est votre premier roman. En 5 mots, comment le définiriez-vous ?

Thriller psychologique cinématographique rouge sang.

Dans ce thriller, la folie artistique est mise en lumière. Pourquoi avoir choisi l’art et la création artistique comme principales thématiques de votre premier roman ?

Je suis fasciné par l’Art. Et la Création dans toutes ses formes.Dans mon enfance, grâce à ma Maman, j’ai eu la chance de visiter beaucoup d’expositions de peinture, de sculpture, de photos. Tout naturellement, je me suis ensuite beaucoup intéressé à tous les arts plastiques, aux performances artistiques, à l’art vidéo, au cinéma d’art et essai. La création artistique est fascinante car elle est sans limite théorique. Ses limites sont essentiellement matérielles, financières ou morales. C’est l’anéantissement voire la négation totale de ces limites que j’ai voulu illustrer dans « Syndrome de Stockholm » pour montrer ce que pourrait être l’Art si ceux qui le conçoivent ou le financent, ne se donnaient plus aucune limite morale.

« Syndrome de Stockholm » est un thriller coup de poing, un thriller qui remue et qui met tous nos sens en éveil ! L’écriture est très cinématographique. Quelles ont été vos sources d’inspiration pour ce premier roman ?

Le Peintre Francis Bacon m’a beaucoup inspiré pour le personnage de StendriëkBörgen car son talent et son génie étaient à la hauteur de sa complexité psychologique.Certains mécènes très connus, très puissants, encore vivants, morts pour certains, patrons omnipotents et parfois controversés m’ont inspiré le personnage du milliardaire EnstenovKhalinek. Le cinéma effectivement a également été une grande source d’inspiration. Mon roman repose sur la création picturale d’un artiste et je voulais donner vie, donner chair, si j’ose dire, à cette œuvre en la donnant à voir au lecteur. Par ailleurs, en tant que lecteur, j’apprécie les romans qui me permettent d’imaginer les décors, les personnages grâce à une richesse lexicale et des descriptions suffisantes pour percevoir, sentir, quasiment vivre les situations. Je voulais créer des atmosphères uniques à la manière des films de Stanley Kubrick, Steven Soderbergh.

Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique absolument fascinant. Avez-vous effectué des recherches particulières pour écrire votre roman ?

J’ai effectué quelques recherches bien sûr, sur le syndrome en lui-même, mais surtout sur l’Art, certains artistes atypiques, sur les médias américains et leurs styles, sur les lieux où je voulais qu’une partie de l’histoire se passe… Je voulais être suffisamment précis pour donner de la crédibilité à mon récit, pour maximiser les effets de réel.

Vos personnages sont d’une incroyable profondeur psychologique. Faut-il les haïr, les craindre, les admirer… tout au long du roman le lecteur est confronté à cette ambigüité qui les caractérise. Comment leur avez-vous donnés vie ?

J’ai tout de suite imaginé le duo Artiste-Mécène. Je voulais créer ce rapport de dépendance réciproque entre StendriëkBörgen et EnstenovKhalinek, et entretenir une certaine ambiguïté entre ces deux personnages, montrer la multiplicité de leurs facettespsychologiques. Je ne souhaitais en aucun cas être manichéen, car la vie n’est pas aussi simple. Puis j’ai imaginé le personnage de la Journaliste, Anna James, qui est en fait la personne-témoin à qui le lecteur peut plus facilement s’identifier, qui se troupe happée par cette histoire. Les 3 personnages principaux devaient nécessairement avoir une profondeur psychologique, car je voulais montrer les tiraillements que chacun éprouve vis-à-vis de sa propre personnalité et en interaction avec les autres. Au final, chacun des personnages est otage d’un autre, au sens propre ou au sens figuré, et finit par être atteint du syndrome de Stockholm. Et j’ai essayé de construire cette dimension psychologique pour que le lecteur soit lui-même confronté à ce dilemme affectif qui consiste à ne plus savoir s’il faut haïr ou aimer un bourreau.

Selon vous, jusqu’où peut-on aller au nom de l’Art ?

S’il n’y a pas de barrière morale ou légale, comme pour tout domaine, il est possible d’aller très loin. Et en art, l’imagination et la créativité sont par essence sans limite. Au nom de l’Art, par exemple, certains performeurs vont jusqu’à effectuer des modifications corporelles. Mais on pourrait imaginer que cela aille beaucoup plus loin (mutation génétique) ou que cela gagne un niveau plus collectif entraîné dans la mouvance de l’artiste (le transhumanisme érigé en œuvre d’art)… Mais il est très complexe d’anticiper ces sujets. Qui vivra verra… et qui voudra légiférera…

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre : « Le portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde

– une peur : La peur de mourir dans d’atroces souffrances

– un bruit : Le Sacre du printemps de Stravinsky

– un objet : Une caméra filmant en cinémascope

– une invention : La thérapie génique

– une émotion : La joie de vivre

– un animal : Un cheval ailé nommé Pégase

– un lieu : La baie de Sydney en Australie

– un adage : A cœur vaillant rien d’impossible

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Philémon, que lisez-vous ?

Je ne lis pas ou peu de thriller bizarrement. J’aime à la fois de grands auteurs classiques Diderot, Hugo, Flaubert, Maupassant, Zola. En ce moment, je lis « Pantagruel » de Rabelais. Mais en parallèle, j’aime les romanciers plus contemporains comme Marguerite Duras, Françoise Sagan, Robert Merle, Philippe Besson… Enfin j’ai une passion pour les romans d’anticipation voire de science-fiction comme ceux de Barjavel, Merle à nouveau, Dan Simmons… En ce moment, je lis « Zero K » de Don DeLillo, sur un futur où la cryogénie offrirait, aux nantis, une option pour revenir à la vie une fois un traitement trouvé pour guérir leurs maladies et leur assurer une vie prolongée.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Je suis en train d’écrire mon second roman et je suis très concentré sur ce travail. Comme je suis très lent, ce sera plutôt une actualité 2018…

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Je remercie très chaleureusement Philémon Le Bellégard pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre « Syndrome de Stockholm » (Librinova) à votre bibliothèque Collibris !

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