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L’interview de Pascale Roze pour « Lonely Child » !

Dramaturge et romancière, Pascale Roze reçoit le prix Goncourt 1996 pour son roman « Le Chasseur Zéro » (Albin Michel).

Avec près d’une douzaine de romans à son actif, Pascale Roze anime également de nombreux ateliers d’écriture dédiés aux jeunes de banlieues difficiles.

Son plus récent roman « Lonely Child » (éditions Stock, 2017) suit Odile Mourtier, une riche héritière qui, à la fin de sa vie, décide de léguer toute sa fortune à l’un des descendants du petit Amazouz, un jeune garçon autrefois recueilli par son grand-père.

Elle part donc en quête de ce légataire de cœur.

Un roman intense, vif et mélancolique.

L’interview de Pascale Roze pour « Lonely Child »

Bonjour Pascale. Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours ?

Enfance un peu errante et douloureuse, comédienne dans mes jeunes années, et enfin, comme une délivrance, l’écriture.

Votre roman « Lonely Child » a été sélectionné pour notre concours de la Fête des Mères. Certains lecteurs auront donc la chance de le recevoir.

Quel message souhaiteriez-vous leur adresser ?

Qu’ils acceptent dans leur lecture les moments où on est un peu égaré dans la narration parce que c’est le prix pour pénétrer dans la tête d’une personne qui se parle à elle-même sans donner les tenants et les aboutissants de ses pensées, mais simplement l’état dans lequel elles la traversent.

Comment leur présenteriez-vous ce livre ?

La façon dont quelqu’un réussit à ressaisir sa vie, son sens, et à lui accorder le meilleur.

Quel est le degré d’existence et de réalité des personnages de votre roman ?

J’ai été inspirée par ce que m’a raconté la gardienne de mon immeuble : comment son grand-père avait été adopté par un officier français. Mais à partir de là, j’ai beaucoup inventé.

Votre roman retrace l’essence d’une partie du XXème siècle. Vous tenez d’ailleurs particulièrement à la véracité du témoignage historique. Comment s’est déroulé le travail de documentation ?

Je suis allée au Service historique de la Défense dans le Château de Vincennes et ai étudié des parcours d’officiers de la Coloniale dans les année 1900-1914, je me suis renseignée sur l’état de la production des gants à Millau. Je tiens à ce que le contexte soit absolument sans faute. J’ai aussi tenu à rendre présent les mouvements autour du Larzac, la vie d’une province française.

Le titre « Lonely Child » n’a pas été choisi au hasard. Pouvez-vous nous expliquer ce à quoi il fait référence et pourquoi ?

Il fait référence au titre d’une très belle composition musicale du compositeur québécois Claude Vivier. Claude Vivier était orphelin, il n’a jamais su qui était sa mère. Dans cette composition, c’est une femme qui chante, une sorte de berceuse merveilleuse. Il s’est inventé la voix d’une mère aimante et belle, qu’il n’a pas eue.

La musique tient une place fondamentale dans votre roman. Pour vous, que représente-t-elle ?

Mieux que l’écriture, à la fois l’émotion et l’ordre.

Vous citez Simone Veil dans votre livre et indiquez que « Le bon et le mauvais se tiennent l’un l’autre ». C’est finalement le leitmotiv de votre héroïne Odile. Est-ce également votre conviction profonde ?

Absolument.  Le bien pur n’existe pas, sinon il n’y aurait pas de monde, on serait au paradis. Le bien projette sa part d’ombre. Les idéologies qui nient la part d’ombre sont très dangereuses. Je tiens à préciser que je cite Simone Weil, la philosophe, et non Simone Veil, la femme politique (pour qui j’ai  une admiration profonde, mais celle qui me guide, c’est la philosophe).

Il y a une pensée récurrente dans « Lonely Child » : celle qu’à partir d’un geste, d’une action personnelle, quelque chose peut changer. Odile ne donne donc pas son argent pour réparer une faute mais parce que c’est fondamentalement bon. C’est ainsi que se créé l’équilibre dans le monde ?

Je voudrais bien qu’il y ait un équilibre. Mais cela reste une question de foi. Pourquoi quelqu’un souffre atrocement, et un autre est dans le bonheur ? Je crois que les choses nous tombent dessus : la maladie, la malchance comme la chance. C’est le tragique du monde. Mais notre vie d’humain c’est d’arriver à accepter.

Ce couple entre le bien et le mal était très présent dans l’œuvre de votre mari Claude Delarue. Par petites touches subtiles, vous faites d’ailleurs exister votre mari dans votre roman. Est-ce une forme d’hommage ? Une manière d’accepter l’existence d’une porosité entre deux écrivains ayant partagé leur vie ?

Oui, tout à fait. Je suis stupéfaite que vous l’ayez remarqué.

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

un livre : L’idiot de Dostoïevski

une peur : le feu

un bruit : la mer

un objet : un violon

une invention : un antalgique

une émotion : la joie

un animal : un cheval

un lieu : mon village

un adage : je n’en ai pas

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Pascale, que lisez-vous ?

Beaucoup, des romans, de la poésie, des essais. En ce moment « Sur quelques uns et sur lui-même » de Robert Walser. Je ne dirai pas qu’on est ce qu’on lit. La lecture est une nourriture. Elle aide à être quelqu’un.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Un atelier d’écriture hebdomadaire à l’hôpital Marmottan à Paris, un autre à Sciences-Po Paris, pas de salons ni dédicaces en perspective.

* * * * * * * * * *

Je remercie très chaleureusement Pascale Roze pour sa disponibilité.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre  « Lonely Child » (éditions Stock) à votre bibliothèque Collibris !

 

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