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L’interview de Mélanie Chappuis pour « Ô vous, sœurs humaines »

Mélanie Chappuis est une jeune auteure qui s’est faite remarquée grâce au très osé « Maculée conception », son troisième roman, paru en 2013, dans lequel elle se glisse dans le personnage biblique de la vierge Marie.

Avec « Ô vous, sœurs humaines » (Slatkine &Cie), elle place une nouvelle fois les femmes au cœur de ses écrits.

Des femmes, des mères, des filles, des soeurs, des amies, des ennemies… Mélanie Chappuis nous les décrit dans toute l’étendue de leur beauté, de leur singularité, de leur désir, de leur jalousie, de leur colère… Elle nous les décrit jusque dans les moindres détails, mettant sa plume acérée, parfois légère, parfois militante, parfois cynique au service de celles qu’elle appelle volontiers ses sœurs.

[« Ô vous, sœurs humaines » : sélection spéciale « CONCOURS DE CRITIQUES LITTÉRAIRES 2017 »]

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L’interview de Mélanie Chappuis

Bonjour Mélanie. Avant de parler de votre dernier roman « Ô vous, sœurs humaines », pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs et nous parler de votre parcours ?

Bonjour !  Ravie de venir à votre rencontre. Je suis une femme de 40 ans qui réalise enfin le rêve de la petite fille de 8 ans qu’elle était, à savoir : écrire. D’abord, j’ai voyagé, vécu en Afrique de l’ouest, en Amérique latine et à New York jusqu’à mes 18 ans (mon père était diplomate). Ensuite j’ai choisi de devenir journaliste, parce qu’écrivaine, ce n’était pas très raisonnable, me disait-on… Ce métier, comme l’écriture, offre la possibilité de partir à la rencontre des autres, et je m’y suis épanouie plusieurs années. Mais le journaliste rend compte de la réalité, alors que l’écrivain la réinvente, le premier doit s’y arrimer, le second s’offre bien davantage de liberté. J’ai attendu 32 ans pour publier mon premier roman. J’étais dans une période de grande confusion sentimentale et l’écriture m’a été d’une grande aide pour sublimer mon chagrin d’amour et mes errements sentimentaux. Il paraît qu’un premier roman est toujours autobiographique…. J’admets…

Votre roman « Ô vous, sœurs humaines » (Slatkine & Cie) sortira en librairie le 24 août prochain. En 5 mots, comment le définiriez-vous ?

Nos jalousies ordinaires et nos complicités inattendues. (mince, ça fait sept)

Des histoires de femmes, de filles, de mères, d’amies, d’ennemies… Qu’est-ce qui vous a poussé à parler de « vos soeurs » ?

Il s’agit d’un titre hommage à Albert Cohen et à son Ô vous, frères humains. Un roman autobiographie dans lequel il raconte sa découverte de la haine et de l’antisémitisme le jour de ses 10 ans.  Pas grand chose à voir avec ô vous, sœurs humaines à priori, mais la volonté est la même : interpeller nos frères et sœurs de la même humanité, dans l’espoir d’un rapprochement, d’une réconciliation…

Rivalités – Solidarités – Dualités – Complicités – Fidélités – Vanités, tels sont les grands chapitres de votre roman. L’ordre a-t-il son importance ?

Honnêtement ? Pas vraiment… Mais il fallait bien classer tous ces textes, et je trouvais amusant de les décliner sur le mode liberté, égalité, fraternité… Il y a des chapitres plus douloureux que d’autres… Je dirai que Solidarités console de Rivalités, par exemple… Donc oui, l’ordre a quand même son importance…

Vous dépeignez des femmes, leur singularité, leur colère, leur jalousie, leur beauté… Où avez-vous trouvé l’inspiration pour les décrire de façon si détaillée ? Ces femmes ont-elles croisé votre quotidien ?

Quelques unes d’entre elles, oui. Il y a des femmes qui nous piétinent et d’autres qui nous relèvent. Mais heureusement, on n’a pas besoin de vivre tout ce que l’on raconte dans nos textes. C’est le travail d’un écrivain de se mettre dans la tête de ses personnages, même quand ceux-ci ne lui ressemblent pas. J’ai toujours beaucoup observé les femmes autour de moi. L’écriture m’a permis d’entrer plus profondément en elles, en nous, d’extirper des informations que l’on obtient pas avec un simple regard. La réalité est le point de départ, l’écriture précise…

Quand on lit votre roman, on y retrouve un peu de nous. Toutes les femmes peuvent s’y reconnaître. Nous ne sommes finalement pas si différentes les unes des autres ?

Nous avons notre humanité en commun. Je pense que nous sommes toutes capables de nous mettre dans la peau d’une mère, d’une enfant, d’une lâche, ou d’une arriviste, de percevoir nos failles, nos ambivalences ou nos grandeurs. Mais je n’aime pas quand on parle de La femme universelle. C’est un mythe. Il y a Des femmes, et un peu de chacune en nous toutes.

Votre plume est tantôt douce, réaliste, cynique, militante. Finalement, le regard que vous portez sur vos « soeurs » est universel et profondément humain…

Je suis ravie que vous le qualifiiez ainsi. Oui, ce livre est un hommage aux femmes, même si le regard est sans concession.

« Ô vous, sœurs humaines ». Avec ce titre, vous nous interpellez, nous, vos soeurs… A moins que ce ne soit toutes ces femmes qui vous habitent à qui vous vous adressez ? Au fil des pages, que souhaitez-vous vraiment leur/nous dire ?

Mon ambition première a été de nous décrire. De proposer aux lecteurs une quarantaine de portraits de femmes, en situation. Certaines se font écho, nous avons la face a et la face b, pour que le lecteur s’identifie à l’une, puis à l’autre, et soit peut-être un peu étonné de pouvoir se retrouver dans les deux portraits. Je voulais aller au delà des clichés, au delà du jugement, écrire de l’intérieur, pour mieux comprendre. Certaines de ces femmes me font honte, d’autres me mettent en colère, d’autres encore me font sourire, m’émeuvent et me rendent heureuse… Ensuite, l’idéal, c’est que ce livre génère un rapprochement. Qu’il donne envie aux femmes d’être plus solidaires, plus tendres les unes avec les autres.

Un indice sur vos futurs projets littéraires ?

Je termine un roman assez surprenant dont je n’ai pas encore appris à parler… Il paraîtra en 2018 chez Slatkine & Cie.

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre : toujours celui que je suis en train d’écrire.

– un objet : Une grande et vieille table en bois, sur laquelle on cuisine, on mange, on écrit, on dessine ou on fait l’amour.

– un bruit : le cri des milans à pointe noire qui viennent s’installer chaque printemps sous mes fenêtres, près du Rhône. Ils repartent début août, le silence se fait à nouveau et c’est toujours un petit deuil…

– une peur : Depuis que je suis maman, la plupart de mes peurs concernent mes enfants…

– une invention : Une machine à explorer le temps, un grand rêve, j’ai commencer à aimer la lecture à partir de HG Wells…

– une émotion : la nostalgie.

– un animal : le condor, très présent dans le roman que je suis en train de terminer… et qui me rappelle la cordillère des Andes et mes années argentines.

– un lieu : La descente du Rhône, à la nage ou en paddle, depuis les falaises de saint-Jean, à Genève, le bonheur de se laisser porter par le courant et de regarder défiler une Genève plus verte et plus sauvage.

– un adage : Décrire l’intime c’est toucher à l’universel

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Mélanie, que lisez-vous ?

En ce moment, Gérimont de mon confrère Stéphane Bovon, L’allégorie d’un paisible petit état qui pense détenir la clé du bonheur… Jusqu’à ce que soit commis le premier meurtre de son histoire… Le ton est impertinent, drôle, le style est fluide, truffé de clins d’oeils et d’espiègleries. Sinon, je me suis mise au polar grâce à l’auteur Marie Christine Horn, je viens de terminer son Tout ce qui est rouge, un roman noir où les femmes tiennent les premiers rôles. Cet été j’ai aussi lu un Stephan Zweig qui m’avait échappé : « Conscience contre violence ». Et j’ai dévoré la saga d’Elena Ferrante.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

En septembre, Je serai au livre sur les quais de Morges, au salon du livre suisse de Sion, en dédicace dans plusieurs librairies de suisse et au café littéraire de Vevey, le 20 septembre, pour une lecture musicale d’Ô vous sœurs humaines, avec une violoncelliste.

En octobre, je prends un peu le large avec des évènements prévus à Paris et Bruxelles. Toutes les informations seront disponibles sur mon site melaniechappuis.com

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Je remercie très chaleureusement Mélanie Chappuis pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre « Ô vous, sœurs humaines » (Statkine & Cie) à votre bibliothèque Collibris !

Je vous rappelle également que « Ô vous, sœurs humaines » fait partie de notre sélection de livres pour notre grand concours de critiques littéraires 2017.

Peut-être aurez-vous la chance de le remporter !

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