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L’interview de Maud Mayeras pour « Lux »

Après « Reflex » que vous avez peut-être découvert dans l’un de vos Ptit Colli, Maud Mayeras nous emmène au pays des Kangourous pour une ballade meurtrière sur fond d’apocalypse.

« Lux », sorti aux éditions Pocket le 12 octobre 2017, est un thriller mené tambour battant, « un voyage onirique, un tour de grand huit sans début ni fin. Où l’on tue, où l’on pleure, où l’on aime… »

Je n’en doute pas, « Lux » ne vous laissera pas indifférent !

Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que « Lux » a intégré la sélection spéciale du Ptit Colli ! Plébiscité par la Team Collibris, on espère  qu’il vous fera passer quelques nuits blanches 😉

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« Lux » de Maud Mayeras

2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, une petite ville perdue au ciel rose et à la poussière collante, dans les terres arides du sud de l’Australie, pour des vacances chez sa mère.

Vingt ans auparavant, il y a passé un été inoubliable, un été au cours duquel il a connu la joie, l’amitié, l’amour, mais aussi l’horreur.

Aujourd’hui, il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Son but ? Se venger.

Mais Antoine est frappé de plein fouet par la dure réalité.

La justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse…

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L’interview de Maud Mayeras

Bonjour Maud. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre univers littéraire ?

Limougeaude, multi-casquettes dans la communication, fan de films d’horreur et de hamburgers maison, j’ai découvert Stephen King lorsque j’avais 11 ans et par là-même, j’ai compris qu’il était permis de faire peur grâce à la littérature. J’ai donc voulu devenir le monstre caché sous le lit des adultes.

Votre dernier roman Lux sort est sorti aux éditions Pocket le 12 octobre dernier. En 5 mots, comment le définiriez-vous ?

Vengeance
Road-Trip
Apocalypse
Amour
Folie

Vengeance, catastrophe naturelle… il plane sur Lux une atmosphère de fin du monde. Que vous inspire la notion de fin du monde ? Est-ce quelque chose qui vous effraie ?

La fin du monde est à mon sens une extraordinaire passerelle entre cauchemar et réalité, et probablement ce qui me terrorise le plus. L’apocalypse, de même que les thématiques touchant à l’enfance, sont probablement mes plus importantes sources d’angoisse et d’inspiration.

Lux s’ouvre par cette dédicace :

« À Gabriel,

et à tous les monstres

qui se cachent à l’intérieur

de notre ventre ».

Lux est véritablement à l’image de ces quelques mots. Et ces monstres justement, ils se cachent très souvent au cœur de notre enfance… C’est d’ailleurs un thème assez récurrent dans vos écrits. Qu’est-ce qui vous interpelle tant dans ces enfants écorchés par la vie ?

Gabriel est mon fils et sa naissance a fait émerger un nombre incalculable de questions, de peurs, d’incompréhensions ou bien de clés. L’enfant est un sujet intarissable. Quelles sont les limites d’un enfant, à quoi pense-t-il, comment voit-il le monde ? Mais aussi, le pouvoir des parents sur les enfants, quelle éducation va inciter un enfant a choisir le bien ou le mal. Autant de sujets fascinants et sans fin dont j’aime explorer les réponses.

A l’inverse de vos deux précédents romans Hématome et Reflex, dans lesquels il n’y avait aucun repère temporel et géographique, Lux se déroule en 2016 en Australie. Pourquoi ce changement ? Et pourquoi l’Australie ?

La définition d’un lieu était à l’origine une contrainte, un exercice proposé par mon éditeur pour l’écriture de Lux : le hasard a décidé de l’Australie. Je souhaitais une vision nouvelle, j’ai visité le village de Ceduna à travers les yeux de français qui y ont séjourné plusieurs semaines ou plusieurs mois. De longues recherches pour que chaque point de détail ne soit pas seulement réaliste mais réel et vérifiable. J’y ai découvert mille choses : des paysages surréalistes et sensationnels, une mixité tabou, un passé terrifiant.

Dans ce monde d’ombres et de lumière, il y a un personnage particulièrement intriguant : Cockie. Pouvez-vous nous parler un peu de lui ?

Cockie n’était au départ qu’un personnage secondaire de Lux, un élément du décor. Mais dès sa première intervention, c’est un univers entier qui s’est déployé sous lui. Il est devenu le fil rouge de l’histoire. Un aborigène fou, un monstre au cœur d’une société qui l’a toujours rejeté, et qui apparaît finalement comme le personnage le plus attachant du récit. La créature fabuleuse qu’on ne peut s’empêcher d’approcher pour sentir son souffle rauque à l’intérieur de notre paume.

La photo de couverture de Lux est signée Philippa Berch. Elle capture un instant qui semble hors du temps : un petit garçon seul sur une plage, le regard porté vers l’horizon… à moins qu’il ne soit tourné vers le sol ? Dans quelle mesure cette dualité du regard illustre parfaitement votre roman ?

Philippa Berch était déjà l’auteur de la photographie de couverture de Reflex, mon précédent roman. Sa fille apparaissait derrière un masque de louve, et c’est son fils que l’on peut apercevoir, seul sur cette plage immense. Il découvre un pays qu’il ne connait pas, à l’instar d’Antoine, français qui se retrouve propulsé sur des terres inconnues, alors qu’il n’a que 14 ans. Cette dualité est ce qui rend cette dernière photographie intéressante, l’enfant revient-il vers la sécurité en regagnant la plage, ou bien s’enfonce-t-il vers l’océan, synonyme d’inconnu et de dangerosité ?

Thriller, « fable » sur l’enfance, catastrophe naturelle et ambiance post-apocalyptique, … Lux est un roman à plusieurs niveaux de lecture. Qu’est-ce qui vous a amené à mêler autant d’ingrédients ?

Lux est très différent de Reflex et d’Hématome. Parce qu’il ne contient pas d’ « intrigue » à proprement parlé. Il est jonché de quelques balises, mais il est surtout fait de sensations que j’avais besoin d’explorer pendant cette phase d’écriture. Il s’agit d’un voyage onirique, d’un tour de grand huit sans début ni fin. Où l’on tue, où l’on pleure, où l’on aime.

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre :  « l’Amant », de Marguerite Duras

– une peur : la dépression post partum, la peur de devenir mère

– un bruit : le ronronnement d’un chat

– un objet : un crayon à papier usé

– une invention : l’ampoule électrique

– une émotion : la tristesse

– un animal : un serval

– un lieu : mon salon, un soir d’hiver, de la musique, des plaids, et un chocolat chaud

– un adage : pas vraiment un adage, mais une citation qui me hante : « je n’ai jamais trouvé de monstre sous mon lit, alors j’ai décidé de le devenir. »

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Maud, que lisez-vous ?

Je lis peu, c’est honteux. J’aime les romans qui transpercent, comme « Sukkwan Island » de David Vann ou bien « Le Puits » de Ivàn Repilà.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

24/25/26 novembre : Seille de Crime (54760) puis le 20 janvier à la Médiathèque de Péronne.

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Je remercie très chaleureusement Maud Mayeras pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre « Lux » (Editions Pocket) à votre bibliothèque Collibris !

 

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