interview-marc-voltenauer-qui-a-tue-heidi

L’interview de Marc Voltenauer pour « Qui a tué Heidi ? »

En cette rentrée littéraire 2017, nous retrouvons avec enthousiaste Marc Voltenauer, un auteur découvert en 2015.

« Le dragon du Muveran » nous avait entraîné au cœur des Alpes vaudoises. L’ambiance était sombre et glaciale.

Dans le paisible village de Gryon, un assassin diabolique (et je pèse mes mots) malmenait alors l’inspecteur Andreas Auer.

L’enquête était riche de rebondissements à mesure que les secrets les plus enfouis refaisaient peu à peu surface…

Cette année, l’inspecteur Auer revient dans une nouvelle enquête. « Qui a tué Heidi » est un véritable puzzle à reconstituer. (Editions Slatkine & Cie).

Entre un tueur à gages en mission à Gryon et un meurtrier aux fantasmes lugubres (Buffalo Bill sort de ce corps !), l’affaire est loin d’être évidente et chaque indice a son importance.

Quant à l’inspecteur Auer, disons qu’il n’est pas en grande forme. Que représentent donc ces funestes visions venues tout droit du passé ?

Seul Marc Voltenauer détient la clé de ce mystère…

Bienvenue dans les Alpes vaudroises !

[« Qui a tué Heidi ? » : sélection spéciale « CONCOURS DE CRITIQUES LITTÉRAIRES 2017 »]

Tag-concours-de-critiques-littéraires-collibris
.

 * * * * * * * * * *

L’interview de Marc Voltenaeur

Bonjour Marc. Avant de parler de votre nouveau roman « Qui a tué Heidi ? », pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs et nous parler de votre parcours ?

Je suis né à Genève en 1973 d’une mère suédoise et d’un père allemand. Enfant et adolescent, j’étais partagé entre ma passion pour le football et l’idée d’épouser une carrière de pasteur, pour suivre les traces de mon grand-père, évêque au sein de l’église luthérienne de Suède. Après avoir effectué des études de théologie à l’université de Genève, j’ai été engagé comme secrétaire général des Unions chrétiennes de Genève, puis j’ai travaillé pendant huit ans dans les ressources humaines au sein de la Banque Cantonale de Genève. Actuellement, je travaille au sein de Galenica Santé, une entreprise pharmaceutique. L’écriture s’est imposée à moi à la suite d’un voyage autour du monde que j’ai fait avec mon compagnon en 2011-2012.

Votre nouveau roman « Qui a tué Heidi ? » (Slatkine & cie) sortira en librairie le 7 septembre prochain. En 5 mots, comment le définiriez-vous ?

Un POLAR SUISSE ancré dans le TERROIR, à la sauce NORDIQUE.

« Qui a tué Heidi ? » est la suite de votre premier roman « Le Dragon du Muveran ». C’est un polar glaçant en plein cœur des Alpes vaudoises. Encore une fois, vous démontrez qu’au-delà de l’intrigue, l’ambiance et le cadre dans lequel le récit s’incarne sont primordiaux. Selon vous, qu’apportent-ils à l’histoire ?

Je suis un accro aux polars du nord et en particulier des auteurs suédois. Ce que j’aime dans un polar, c’est l’intrigue bien entendu, mais c’est aussi l’ambiance et le cadre dans lequel le récit s’incarne.

Le roman policier, souvent associé au monde urbain, s’exporte à la campagne. Les coups de feu deviennent rares. L’action effrénée des policiers américains laisse la place à une certaine lenteur. Un faux rythme qui laisse au lecteur le temps de s’imaginer le décor, d’apprendre à connaître les personnages. Mais c’est un faux rythme, car les intrigues nous entraînent dans un suspense psychologique intense renforcé par l’ambiance du décor.

Au-delà de l’action et de l’intrigue, le quotidien vient s’inviter au cœur de l’histoire. On suit ainsi les personnages dans ce qui pourrait sembler d’un ennui mortel, mais on apprend à les connaître et les questions existentielles qui les habitent. D’aller en profondeur. De s’imprégner de l’atmosphère et de la tension qui monte au fur et à mesure que le récit avance.

Le fait de se trouver dans un petit village où tout le monde connaît tout le monde – ou presque – donne lieu à une sorte de huis clos dans lequel on peut tour à tour suspecter les différents protagonistes.

Le quotidien des personnages est une composante à part entière de votre roman. On apprend à les connaître et on se surprend à s’intéresser aux questions existentielles qui les tenaillent. Quelles sont vos sources d’inspiration pour vos personnages ? Comment leur donnez-vous vie ?

Mes personnages principaux sont devenus des amis intimes que j’apprends à connaître au fil de l’écriture. Lorsque j’écris, je me mets dans leur tête, c’est ainsi qu’ils prennent corps et évoluent. Ma source d’inspiration est mon imagination, qui elle est nourrie par de l’introspection, de la réflexion et de l’observation.

« Qui a tué Heidi ? » a la particularité de mettre en scène deux intrigues, donc deux enquêtes. Vous êtes-vous parfois emmêlé les pinceaux ?

Après « Le Dragon du Muveran » dont l’intrigue était construite sur un modèle passé-présent, j’avais envie de changer de ressort pour cette nouvelle intrigue. Construire l’histoire avec deux intrigues qui à priori n’ont pas de lien, ajoute une certaine complexité, mais c’est aussi ce que je trouve passionnant.

La mise en place de l’intrigue est un élément crucial dans le récit et cela se joue dans les moindres détails.

Même lors des dernières relectures, il y a eu quelques ajustements nécessaires…

Dans « Qui a tué Heidi », les pièces du puzzle/puzzles s’imbriquent progressivement et les vrais visages des personnages se révèlent peu à peu au lecteur. L’un d’entre eux est particulièrement dérangeant. Que pouvez-vous nous dire sur « l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère » ?

Dès le départ, j’avais choisi d’employer la formulation « l’homme qui… » pour un des personnages sombres du livre. Elle permet de désigner un personnage sans le nommer et surtout elle dit quelque chose d’important sur lui, mais aussi sur ce qui l’habite. Dans « Qui a tué Heidi ? » on va faire la connaissance de « L’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère ». Le parfum – son parfum – est une évocation de son passé, mais aussi une fragrance qu’il associe avec ses fantasmes les plus sordides.

En créant un personnage principal homosexuel, on sort enfin de la caricature du policier souvent hétérosexuel et souvent dépendant à l’alcool. Mais le thème de l’homosexualité est loin d’être l’objet du livre. Il apparaît de manière très simple et spontanée dans le quotidien des personnages. Pensez-vous un jour revenir sur le passé de vos personnages et aborder plus en avant leur homosexualité ?

La profondeur psychologique des personnages est un élément essentiel pour moi et leur passé en fait incontestablement partie… Donc un jour on en saura certainement plus sur eux !

Pour en revenir à la dimension psychologique de vos personnages, on constate que l’inspecteur Andreas Auer n’est pas dans sa meilleure forme. Sa précédente enquête a non seulement laissé des traces, mais de funestes images venues tout droit de son passé l’assaillent également. Un mystère de plus à résoudre… Dans un troisième opus peut-être ?

Ces images funestes trouveront en effet leur réponse dans le 3ème opus. Mais je ne vous en dis pas plus pour le moment…

Il y a un peu/beaucoup de vous dans le personnage d’Andreas Auer :

– qu’est-ce que vous admirez chez lui ?

– qu’est-ce que vous détestez ?

– où le voyez-vous dans 10 ans ?

Il y a de moi dans Andreas, c’est certain, tout comme il y a de moi dans les autres personnages et mes livres.

Ce que j’admire chez Andreas, c’est son flair, sa profondeur psychologique et sa capacité à cerner les autres, notamment les criminels et leurs motivations. J’aime bien aussi son look et son esprit d’indépendance.

Ce que je déteste chez lui, c’est ses questions existentielles auxquelles il ne trouve pas de réponse… et parfois son orgueil.

Dans dix ans… il a déjà les cheveux gris… mais il aura plus de rides. J’espère qu’il sera plus serein. Ce qui est certain, c’est qu’il sera toujours inspecteur de police. Il a ça dans la peau. Mais pour le moment, il ne voit pas si loin… Il a des choses à régler ces prochains temps avec son passé…

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre : « Le Dragon du Muveran » : c’est un peu moi, mon premier polar.

– un objet : Ma plume : elle symbolise l’écriture et je me la suis offerte à la sortie du Dragon pour dédicacer.

– un bruit : Celui du bruissement du vent dans les arbres au moment où je réponds à cette interview.

– une peur : Le vertige : pour mieux l’appréhender.

– une invention : Le téléphone portable, toujours à portée de main…

– une émotion : L’amour et la complicité avec mon compagnon.

– un animal : Le wombat, un australien craquant !

– un lieu : Mon cœur balance entre l’île de Gotland et Gryon !

– un adage : En parlant du soleil, on en voit les rayons. C’est mon état d’esprit.

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Marc, que lisez-vous ?

Des polars, nordiques de préférence…

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Un automne intensif à la rencontre des lectrices et lecteurs… Vous retrouverez tous les événements sur mon site : www.marcvoltenauer.com

* * * * * * * * * *

Je remercie très chaleureusement Marc Voltenaueur pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre « Qui a tué Heidi ? » (Editions Slatkine & Cie) à votre bibliothèque Collibris !

Je vous rappelle également que « Qui a tué Heidi ? » fait partie de notre sélection de livres pour notre grand concours de critiques littéraires 2017.

Peut-être aurez-vous la chance de le remporter !

Tag-concours-de-critiques-littéraires-collibris
.
Logo collibris

Bienvenue sur le blog de Collibris. N'hésitez pas à partager vos lectures sur l'application et les réseaux sociaux.
Bonnes lectures

Newsletter

Articles similaires

L’interview de Santiago Gamboa pour « Retourner dans l’obscure vallée »

Santiago Gamboa est un auteur colombien que je ne connaissais pas. Je l’ai découvert dans son nouveau livre « Retourner dans l’obscure vallée »…

Lire plus
L’interview de Karine Giebel pour « De Force »

« DE FORCE » (Pocket, 2017) est un thriller psychologique parfaitement mené, une pépite littéraire machiavélique qui ne vous laissera pas indemne. Si vous êtes un adepte…

Lire plus
Concours : Gagnez des exemplaires dédicacés de « De FORCE » de Karine Giebel !

Accrochez-vous ! Le thriller « DE FORCE » de Karine Giebel débarque en poche aux éditions Pocket le 14 septembre prochain ! Pour…

Lire plus