l-interview-de-marc-levy-la-derniere-des-stanfield-

L’interview de Marc Levy pour la sortie de « La Dernière des Stanfield » !

Que vous l’aimiez ou que vous le détestiez, Marc Levy est devenu un auteur incontournable du paysage littéraire français.

Souvent recordman des ventes en France, il attire les foules tout autant que les critiques.

Son nouveau roman, « La dernière des Stanfield » sortira le 20 avril prochain en librairie.

Pour l’occasion, Marc Levy a accepté de répondre à nos questions dans une interview exclusive !

Bonne lecture 😉

L’interview de Marc Levy

Bonjour Marc. Votre nouveau roman « La Dernière des Stanfield » (Robert Laffont) sortira en librairie le 20 avril prochain. De quoi parle-t-il ?

Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas, ils reçoivent le même jour une lettre anonyme prétendant que leur mère respective aurait un passé criminel. Le corbeau leur donne rendez-vous huit jours plus tard sur le port de Baltimore. Qu’auriez-vous fait à leur place ?

Comment est né ce roman ?

De deux choses.

L’envie d’écrire une saga. J’avais été marqué par l’écriture d’un film italien dont la durée (6h40) s’apparentait à celle d’une mini série « Nos meilleures années ». J’ai longtemps travaillé pour me préparer à ce projet, car la saga est un exercice difficile. Il faut faire exister de nombreux personnages aux personnalités complexes, sur plusieurs époques sans que le lecteur ne perde jamais le fil, car il s’agit de raconter des histoires de vies, au pluriel et au singulier. C’est également un exercice de rythme, il faut faire avancer plusieurs intrigues en même temps. C’est une écriture qui se rapproche de cette nouvelle génération de séries aux arches longues comme Fargo, Fortitude, Bloodline, ou encore Sense8.

L’envie d’explorer une idée très précise : On peut passer toute une vie auprès de quelqu’un et se rendre compte un matin qu’on ne le connait pas du tout.

Mystère, suspense, secrets, énigmes… « La Dernière des Stanfield » se présente comme un véritable jeu de piste. La couverture est elle-même énigmatique. Mais jusqu’où allez-vous entraîner le lecteur ?? À quoi doit-il s’attendre ?

la-derniere-des-standfield-marc-levy
.

J’espère à vivre une aventure haletante, à chercher à dénouer jusqu’à la fin ce qui relie les personnages entre eux, à découvrir qui est l’auteur de la lettre anonyme et quelles sont ses motivations, mais aussi à faire un voyage en leur compagnie, et mon rêve serait que ces personnages entrent dans la vie du lecteur comme ils sont entrés dans la mienne.

Que pouvez-vous nous dire sur Eleanor-Rigby et George-Harrison ? Comment sont nés ces personnages ?

Le lien entre un auteur et ses personnages est si difficile à exprimer. J’aimerais pouvoir dire que je les « fabrique », que je les manipule, mais aussi étrange que cela paraisse, c’est tout le contraire, ce sont eux qui me font évoluer de roman en roman, eux qui me manipulent. Au bout de quelques pages, ils prennent vie, et aussi de plus en plus de place. Impossible de faire dire à Eleanor-Rigby quelque chose qui ne lui ressemble pas, idem pour George-Harrison, impossible d’avoir plus de caractère que Sally-Anne.

Et pour vous en dire un peu plus sur eux, Eleanor-Rigby est journaliste au magazine National Geographic, elle est l’ainée (de quelques minutes avec son frère jumeau) d’une joyeuse famille dysfonctionnelle, elle est éprise de liberté. George-Harrison est un ours, il aime le silence, l’espace, observer, mais il a un cœur immense et c’est sa force et sa faiblesse.

Dans « La Dernière des Stanfield » il est question de secrets de famille. Les secrets de famille traversent les âges et même les frontières. Ils font des ricochets sur plusieurs générations. Qu’est-ce qui vous fascine tant dans un secret de famille ?

Les non-dits sont très romanesques, mais ce qui est fascinant avec les secrets de famille, c’est l’héritage invisible qu’ils transmettent de génération en génération. Pouvons-nous nous affranchir des passés qui ne sont pas les nôtres ?

À la place de George-Harrison et d’Eleanor-Rigby, seriez-vous prêt à déterrer le passé et à sortir les cadavres du placard ?

Oui, car je ne pourrai pas vivre dans le mensonge, et puis apprendre la vérité c’est aussi la comprendre, et, lorsque c’est nécessaire, apprendre à pardonner pour se libérer.

Peu avant sa mort, ma grand-mère m’a confié une petite valise en me disant qu’elle contenait toute sa vie. Elle m’a demandé de ne l’ouvrir que lorsque je m’en sentirai prêt. J’ai gardé cette petite valise sur une étagère de mon bureau. Impossible de relever la tête de mon manuscrit sans la voir. Mais elle est restée fermée pendant près de dix ans. En vérité, j’avais peur d’en découvrir le contenu. Ma grand-mère a beaucoup compté dans ma vie, alors je redoutais de rencontrer, dans ses secrets, une autre femme que celle que j’avais connue. Pure lâcheté de ma part, ou peut-être était-ce une part d’enfance dont je ne voulais pas me défaire. Un jour, ma femme a pris la valise, l’a posée devant moi et m’a dit qu’il était temps. Je l’ai ouverte. Au travers des lettres que ma grand-mère avait écrites, de vieilles photographies, d’un journal qu’elle avait tenu, j’ai découvert enfin les secrets qu’elle avait voulu me confier, appris qu’elle avait aimé un autre homme que mon grand-père et renoncé à cet amour. J’aime toujours ma grand-mère avec cette force qu’elle nous donnait quand nous étions enfant, je regrette presque d’avoir attendu tout ce temps pour redécouvrir l’incroyable femme qu’elle a été, elle qui, seule avec ses deux filles a connu l’exode, se cachait dans des caves et est restée toute sa vie un puits de générosité.

Si vous deviez choisir un fil rouge, un unique trait d’union entre tous vos livres, quel serait-il ?

La quête de l’identité, découvrir qui nous sommes, ce que nous cherchons vraiment dans la vie.

La beauté de nos failles, de nos défauts, les cicatrices de l’enfance, mais aussi la richesse incroyable de la diversité humaine.

On dit souvent que les mots soignent les maux. Quel antidote vous offre l’écriture ?

Un espace de liberté, le lieu de tous les possibles, et la culture de l’espoir.

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

un livre : « Clair de femme » de Romain Gary

un objet : Une table

un bruit : Le ressac de la mer.

une émotion : Le rire d’un enfant

un moment : La rencontre

une invention : Le chocolat

un péché : La gourmandise

un animal : Un ours, c’est ce que mes amis me disent, je crois que c’est à cause de ma passion pour le miel et aussi parce qu’il m’arrive de me gratter le dos contre les arbres…

un lieu : Un bord de mer. Peu importe du moment que c’est près de l’eau.

un plat : Le pain, ce n’est pas un plat, mais je ne connais rien de plus beau que le pain.

un adage : Je suis encore trop jeune pour ça !

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Marc, que lisez-vous ?

La lecture est un espace de liberté. Je lis tout le temps, et j’aime lire mes contemporains.  J’ai fini cet hiver un cycle de lecture de l’œuvre de Richard Yates (« Easter Parade », « Un été à Cold Spring », « Un destin d’exception », « Menteurs amoureux » etc…) et de Kent Haruf (« Le chant des plaines », « Colorado Blues », « Les gens de Holt County », « Nos âmes la nuit »). Tous deux sont de très grands romanciers américains qui ont décrit la vie dans l’Amérique profonde de façon simple et magistrale.

Je vis aux États-Unis depuis dix ans, et y ai passé 16 années en tout. Je dois à ces romanciers de m’avoir  permis de mieux comprendre les racines profondes et complexes de ce pays qui me fascine. Je viens de lire « Un pas de Danse » de Pierre Vavasseur, c’est un roman fort, plein de poésie et qui m’a beaucoup touché. Et j’ai beaucoup ri en lisant « L’hôtel des cœurs en miette » de Deborah Moggach.

Je suis impatient d’arriver en France pour remplir une valise de livres.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Oui, en avril, mai et juin, je publierai bientôt la liste des lieux et heures sur mon site. Pour le reste, Pierre Dac disait « Les prévisions sont difficile à faire, surtout en ce qui concerne l’avenir », alors je préfère découvrir de quoi l’année sera faite, mais voir mes enfants grandir est ce qui m’anime le plus.

* * * * * * * * *

Je remercie très chaleureusement Marc Levy pour sa gentillesse.

Logo collibris

Bienvenue sur le blog de Collibris. N'hésitez pas à partager vos lectures sur l'application et les réseaux sociaux.
Bonnes lectures

Newsletter

Articles similaires

L’interview de Fabienne Betting pour « Bons baisers de Mesménie »

Fabienne Betting a commencé sa carrière littéraire en écrivant des nouvelles qui lui ont valu le prix Vedrarias 2000 et…

Lire plus
L’interview de Pascale Roze pour « Lonely Child » !

Dramaturge et romancière, Pascale Roze reçoit le prix Goncourt 1996 pour son roman « Le Chasseur Zéro » (Albin Michel). Avec près…

Lire plus
Top 10 des livres les plus plébiscités par la communauté Collibris : mai 2017

Sur la plateforme Collibris, les bibliothèques se remplissent un peu plus chaque jour et des tendances de lecture se forment.…

Lire plus