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L’interview de Gilles Legardinier : l’auteur répond à VOS questions !

Gilles Legardinier, auteur de « Demain j’arrête ! », « Complètement cramé ! », « Ça peut pas rater ! », « Le Premier Miracle » et plus récemment « Une fois dans ma vie », répond à VOS questions !

Une interview exceptionnelle dans laquelle Gilles Legardinier se dévoile  : son parcours, ses sources d’inspiration, l’humour, le cinéma, les chats !

Avec passion, sincérité, tendresse et humanisme, Gilles Legardinier nous parle de lui, de son quotidien, de ses projets, de ses envies.

Une interview captivante, pleine de rires et de douceur.

* * * * * * * * *

Question de Dominique : Quel est votre parcours de formation littéraire ?

Bonjour Dominique ! Je ne sais pas ce qu’est un parcours littéraire… Pour moi, écrire, c’est comme tomber amoureux. Ce n’est certainement pas un métier ou quelque chose qui s’apprend ou se prépare. C’est une conjonction rare entre une envie qui naît et grandit en vous et un moment qui arrive par surprise, alors qu’on a toujours prévu de faire autre chose. À mon sens, ce n’est pas un cursus, c’est un impératif qui s’impose à vous et vous pousse à oser. Pour moi, c’était un mardi matin ! Il a fallu que ça sorte et tout a commencé ainsi, naturellement, irrésistiblement. Pour ce qui est d’éventuelles études, j’avoue,  je n’ai toujours pas mon bac. Mais depuis que je suis petit, j’étudie les gens et j’observe la vie. La meilleure formation littéraire, c’est d’aimer, de douter, d’avoir envie, de tenter, de se planter et de recommencer parce que votre vie en dépend.

Question d’Aurélie : Comment s’est passé votre premier envoi de manuscrit à une maison d’édition (quel âge aviez-vous, est-ce que des maisons ont refusé…) ?

Vous savez, Aurélie, je suis un petit gars qui écoute ce qu’on lui dit. Au début, j’ai cru comme le répète la légende,  qu’éditeur était un métier très sérieux et que ces gens savaient ce qu’ils faisaient. Alors j’ai abouti mon manuscrit au maximum par moi-même et lorsque que j’ai eu la conviction que j’avais besoin d’un regard professionnel, je me suis tourné vers de nombreuses maisons d’édition, parfois très connues. Et là, j’ai appris les premières leçons que tout auteur devrait connaître pour avoir une chance de survivre ! J’ai eu le temps d’apprendre, car j’ai mis 11 ans pour me faire éditer, 11 ans à attendre les réponses, les premiers mois, chaque matin, en ouvrant la boîte aux lettres le cœur battant. Mais l’édition n’est pas un métier non plus, c’est une grande et parfois noble association d’individus que l’on ne peut jamais résumer à une image ou à une carte de visite. Beaucoup des personnalités qui composent ce milieu sont heureusement fabuleuses, mais d’autres sont d’une affligeante bassesse et ne cherchent qu’à s’agripper comme des tiques aux animaux rêveurs que sont les auteurs, sans comprendre ce qu’ils vendent et sans respecter ceux à qui ils le vendent. Ne retenons que le meilleur, sans oublier les pires pour mieux s’en écarter. Bref, au milieu de tous les refus, j’ai eu la grande chance de trouver une main tendue que j’ai saisie. Et ce fut l’étincelle vers d’autres belles rencontres. Car écrire est peut-être un métier solitaire – quoique… – mais publier est un métier collectif. Partout où je suis passé, j’ai eu la chance de faire des rencontres exceptionnelles avec des gens de grandes compétences dont le travail est souvent gêné – voire gâché – par quelques crétins aussi arrogants qu’incapables. Choisissez vos équipiers avec le cœur, pas en vous laissant impressionner par leurs titres ou leurs promesses !

Question de Pauline et Nadine : Comment trouvez-vous l’inspiration ? Vos romans s’inspirent-ils de faits réels, de situations vécues ?

C’est toujours une question étrange, chères Pauline et Nadine. L’inspiration est en moi, presque malgré moi. C’est ma nature. Peut-être parce que la vie ne me suffit pas, peut-être parce que j’ai peur de tout et pour beaucoup de monde, j’imagine toujours plus et plus joli. Je suis réceptif à la vie, aux émotions des autres, à leurs rêves, à leurs désespoirs. Je m’aperçois avec horreur que je suis sans doute une éponge avec un stylo !

Je ne copie jamais le réel, par respect pour celles et ceux qui le vivent, et parce que retrouver dans les livres ce que l’on peut voir dans n’importe quel journal télévisé ne m’intéresse pas. Pour moi, écrire, c’est avoir un regard particulier sur ce que tout le monde connaît. L’auteur est pour moi un prisme qui filtre le quotidien. Alors forcément, les émotions m’inspirent, mais j’en ai tellement qu’il faut les structurer autour d’histoires. Mes histoires ne sont pas des mécaniques, mais des parcours sentimentaux. Je n’agence pas des rouages ou des recettes, je poursuis des sentiments, comme dans la vie.

Question de Laurence : Pourquoi ne décrivez-vous pas plus les moments amoureux ? Vous décrivez très bien l’attente mais restez très léger sur l’étreinte.

Chère Laurence, vous aurez sans doute du mal à le croire, mais je suis un garçon timide et extrêmement pudique. J’ai souvent entendu des femmes parler d’ébats et cela me fait rougir. J’en suis incapable. Ce sont des choses qu’il vaut mieux ressentir que raconter. Depuis que je travaille dans le cinéma, j’ai appris un principe qui ne s’est jamais démenti : quand vous n’avez rien à dire, mettez de la violence ou du sexe. J’espère avoir des choses à dire. Je suis moi-même souvent dubitatif devant l’intérêt de ces scènes « chaudes » ou de de ces chapitres « hot ». Mais vous êtes nombreuses à m’en parler, à les apprécier et je respecte cela. Cette envie doit correspondre à un élan charnel qui ne s’exprime pas tout à fait de la même façon chez nous, les hommes. Beau sujet de conversation qui va encore me faire perdre tous mes moyens !

Question de Corinne : Une étude montre que les gens qui ont de l’humour sont très sensibles à ce qui se passe autour d’eux ; ils sont créatifs et à l’écoute. Ces traits de caractère vous correspondent-ils ?

J’aime votre question, chère Corinne. Les études me font toujours bien rire. Il y a toujours des gens pour essayer de rationaliser ou quantifier ce que nous ressentons tous. Je ne me moque certainement pas de vous, mais de l’étude. Avez-vous lu l’étude sur les effets d’une chute dans un trou de plus de un mètre ? Dans 98 % des cas, les gens hurlent de douleur, et certains finissent même à l’hosto. J’ai aussi lu que les gens qui venaient de se faire larguer étaient à 85 % capables de développer un état dépressif… Plus sérieusement, je n’ai pas de réponse scientifique à votre question. Et bien malin celui qui en aura une. Mais par contre, j’ai un ressenti. À mes yeux, l’humour constitue l’intelligence du cœur. C’est le témoin d’un recul, d’une sagesse parfois désespérée qui tente d’illuminer les nuits de solitude. Je passe mon temps à répéter à celles et ceux que je croise de se méfier des gens qui n’ont pas d’humour. Non seulement votre étude dit vrai, ils ne sont pas créatifs, mais souvent, en plus, ils sont complètement cons !

Je suis bien incapable de vous dire si j’ai de l’humour ou si je suis créatif. C’est à vous de me le dire. Ceux qui me lisent savent qui je suis. La seule chose dont je suis certain, c’est que j’aime rigoler, et plus on est nombreux, mieux c’est.

Question de Patricia : Combien de temps mettez-vous pour écrire un roman ? Vous astreignez-vous à des horaires fixes ou écrivez-vous au fil de vos envies et inspirations ?

Chère Patricia, mes histoires naissent d’une émotion, d’une situation, et vieillissent dans ma tête pendant plusieurs années (par exemple 8 ans pour Le Premier Miracle ou 5 ans pour celui que je suis en train d’écrire). Je laisse ensuite vieillir le sujet pour voir s’il me captive en toutes circonstances, y compris quand je tonds la pelouse ! Au bout de quelques années, alors qu’il a vieilli en moi comme un vin dans un tonneau, je passe à l’écriture si je le pense mûr. Il ne me faut alors que quelques mois – entre 4 et 6 – pour l’écrire parce que je sais exactement où je vais et avec quels personnages.

J’écris le matin, très tôt, entre 3 h 30 et 7 h 30. Si j’ai plus de temps dans la journée, je prolonge mais sinon, j’ai fait ce que je devais avant que la vie ne se saisisse de moi !

Question de Marjorie : Y-a-t-il un ou plusieurs personnages qui vous touchent plus que les autres ? Vous identifiez-vous à eux ?

Tous les personnages m’importent, Marjorie. Tous servent un sentiment et je les respecte. J’aime les gens qui portent des valeurs, dans la vie comme dans mes romans. Je préfère de loin une crevure qui s’assume à un faux gentil. À titre personnel, ce ne sont pas tant des personnages qui me touchent que ce qu’ils peuvent ressentir à certains moments. Chaque individu éprouve parfois des choses qui vous bouleversent, quelle que soit sa nature. Je ne m’identifie pas à eux, mais comme dans la vie, je les comprends.

Question de mespetitsbonheurs73 : Comment parvenez-vous à décrire aussi bien les sentiments des femmes ?

C’est toujours une question récurrente qui me surprend à chaque fois. Personne ne demande aussi souvent à mes valeureux collègues comment ils arrivent à se glisser dans la peau de tueurs psychopathes cannibales… Serait-il plus compliqué de se glisser dans la peau d’une femme ? Pour comprendre un personnage, il suffit d’écouter ce qu’il a à dire. Pour comprendre les femmes et restituer leur ressenti, il faut les écouter. Quand on interroge une femme sur ce qu’elle éprouve, elle répond. Les hommes, moins. Alors il suffit de prendre le temps et d’essayer de ne pas réduire la pensée de l’autre à un cliché. Sur le fond, je suis également convaincu qu’hommes et femmes sont moins différents que l’on veut bien le dire. Les aspirations profondes sont assez semblables. Évidemment, le mode de fonctionnement et le moyen d’expression diffèrent, mais c’est tout le sel de la vie !

Question de Véronique : Quand verrons-nous une adaptation cinématographique de l’un de vos livres ?

Chère Véronique, merci de votre intérêt pour cet aspect qui me touche de près. 5 de mes romans sont en adaptation. Je prends mon temps et ce sont des projets complexes parce que nous ne cherchons pas à faire des produits vite faits pour profiter d’une pseudo-notoriété, mais à faire de vrais films qui respecteront le public. C’est long, c’est dur, mais c’est passionnant. Dans cette époque avide d’annonces, de scoops,  de dates et  de résultats, c’est un choix de ne rien dire avant d’avoir vraiment quelque chose à partager. Je ne sais même pas si nous arriverons à faire ces films. Je n’ai pas de date. Mais en attendant, nous sommes nombreux à travailler du mieux que nous pouvons.

Question de Jû : Quels seront le thème et le genre de votre prochain livre ?

Pardon, mais je suis incapable de catégoriser ce que j’écris… Ce sera à vous de me dire de quel genre il est si vous me faites l’honneur de me lire ! On m’a collé tellement d’étiquettes ! J’espère juste vous emporter, vous émouvoir et vous faire rire. Je ne suis pas certain que ce soit un genre…

Question de Jessica : Ferez-vous prochainement une tournée de dédicaces ?

Après une année de pause physiquement nécessaire, je vais reprendre. Le public me manque terriblement. Première étape, le Salon du Livre de Paris, le 17 mars, à partir de 14 h. On est en train de caler la suite, mais tout ne dépend pas de moi.

Une dernière question de Cathy et Nadine : Avez-vous des chats ?

Chères Cathy et Nadine, non, je n’ai pas de chat même si j’en ai eu lorsque j’étais plus jeune. J’ai la chance d’avoir un jardin et je vis avec ceux de mes voisins qui adorent se prélasser et jouer chez nous. Par contre, j’ai un chien, Rambo, un golden retriever, qui adore s’amuser avec eux et les regarde avec étonnement lorsqu’ils ne veulent pas. J’aime vraiment les animaux. Je milite farouchement pour qu’ils bénéficient du respect et de la protection auxquels ils ont droit.

* * * * * * * * *

Je remercie très chaleureusement Gilles Legardinier pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et merci à toutes et à tous pour vos questions 😉

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