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L’interview d’Aurore Py pour « Lavage à froid uniquement » !

D’abord enseignante, Aurore Py partage désormais son temps entre vie de famille et écriture.

En 2014, elle publie son premier roman « Les Fruits de l’arrière-saison » (Éditions Marivole) ; une chronique familiale qui emmène le lecteur dans le monde rural des années 1930.

En 2016, Aurore Py surprend avec « Lavage à froid uniquement » (Editions de l’Aube) ; un roman drôlissime, enlevé et malicieux.

Sa fraîcheur et sa construction décalée – « les grandes parties du roman ont pour titre des cycles de lavage en machine : Prélavage, Lavage, Essorage, etc. » – ont fait mouche et c’est sans hésitation aucune que le comité éditorial de notre box littéraire Le Ptit Colli l’a intégré à sa sélection du mois de juin !

C’est donc avec un immense plaisir que nous avons contacté Aurore pour glaner quelques infos croustillantes sur « Lavage à froid uniquement ».

Elle a eu la gentillesse d’accepter 😉

L’interview d’Aurore Py pour « Lavage à froid uniquement »

Bonjour Aurore. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre univers littéraire ?

Bonjour ! J’ai 36 ans, je suis française et je vis en Suisse depuis presque 10 ans. J’ai commencé à écrire il y a 5 ans, tout de suite après la naissance de mon deuxième enfant. J’aime la littérature réaliste, les romans qui explorent les relations familiales et les secrets de famille. Il faut une part de mystère, un coin de voile à lever. Mes romans donnent aussi une grande place aux femmes, mais j’aime construire minutieusement chaque personnage, qu’il soit féminin ou masculin, et les révéler lentement dans leurs richesses et leurs contradictions.

Votre roman « Lavage à froid uniquement » a été sélectionné par le comité éditorial du Ptit Colli. Certains lecteurs ont donc eu la chance de le recevoir dans leur box littéraire.

– Quel message souhaiteriez-vous leur adresser ?

Je souhaiterais simplement qu’ils prennent du plaisir.

– Comment leur présenteriez-vous ce livre ?

Le roman raconte l’histoire de Julie, 37 ans, mère au foyer plutôt désespérée qui découvre un jour un cadavre sur la poussette de ses jumeaux. Un peu par envie, un peu par nécessité, elle va se mettre à enquêter sur cette mort et découvrir bien plus de choses qu’elle n’en attendait sur ses proches et sur elle-même.

L’originalité du titre surprend et amuse tout autant que le découpage du récit. Pour celles et ceux qui ne vous ont pas lu, pouvez-vous nous expliquer comment est construit votre roman ?

Les grandes parties du roman ont pour titre des cycles de lavage en machine : Prélavage, Lavage, Essorage, etc. D’où le titre du roman, un peu décalé justement.

D’où vous est venue l’idée de découper ainsi votre roman ?

J’ai lu plusieurs interprétations de ce titre et de ce découpage au fil des chroniques, et j’ai trouvé très intéressant que les lecteurs se les approprient et leur donnent le sens qu’ils souhaitent. Mais l’idée de départ, c’était de faire un lien imagé entre le quotidien de la mère au foyer et le bouleversement qu’elle vit dans son existence… parce qu’elle sortira un peu « essorée » de l’aventure.

Entre anglicismes et mots peu usités (« amphigouriquement » par exemple), vous faites parfois des grands écarts linguistiques. Est-ce par jeu ou ces mots vous sont-ils venus spontanément ?

Les anglicismes, ce n’était pas complètement naturel pour moi. Mais cela correspond au style de la narratrice : trentenaire, elle vit dans une ville où il y a près de 40 % d’étrangers, elle a travaillé dans un grand hôpital où le recours à l’anglais n’était pas rare… ça a fini par influencer sa manière de parler.

Les mots rares, ça c’est par goût, pour le plaisir de surprendre de temps à autre le lecteur avec des termes peu connus mais qui ont une articulation jouissive. Et en effet, j’aime jouer avec la langue, trouver le mot juste, qui fera mouche. Il faut que ça sonne, que le rythme soit bon.

Ressemblez-vous à Julie, votre héroïne ?

Oui et non. Certaines anecdotes liées à la maternité viennent de mon vécu. Et comme elle, j’ai un regard un peu caustique sur la vie. Mais pour le reste, c’est pure invention.

On retrouve dans « Lavage à froid uniquement » ce thème de la maladie et plus particulièrement des troubles psychologiques qu’on avait déjà pu voir dans « Les fruits de l’arrière-saison ». Est-ce là un thème qui vous tient à cœur ?

Pour Les fruits de l’arrière-saison, aborder le thème de la maladie était un des enjeux du roman. Je voulais le faire de façon quasi historique : qu’est-ce qu’il se passait lorsqu’on avait un trouble psychiatrique dans les années 30 et qu’il n’y avait aucun traitement efficace pour l’encadrer ? Dans Lavage à froid uniquement, on a un peu le pendant contemporain : qu’est-ce qui se passe à présent que l’on a un traitement ? Mais c’est un enjeu moindre du roman, davantage une caractéristique d’un des personnages. Dans mon dernier roman, L’art de vieillir sans déranger les jeunes, on aborde encore le thème du trouble psychique, mais d’une autre façon.

C’est en effet quelque chose qui me fascine un peu, et j’ai lu beaucoup de témoignages sur ce sujet très vaste. Le trouble psychique a une grande portée dramatique pour la personne concernée, mais aussi pour l’entourage. Il est souvent entouré de secrets, de non-dits. Mes romans traitent du moment où l’on découvre le trouble, et où il est révélé aux proches. Ce sont des moments denses, où l’on doit se positionner, choisir comment avancer… si l’on souhaite avancer.

Que pouvez-vous nous dire sur votre prochain roman ?

L’art de vieillir sans déranger les jeunes est sorti le 4 mai en librairie, toujours aux Éditions de l’Aube. Il raconte l’histoire d’Adèle, qui est gériatre de profession et qui choisit, dès la fin de sa carrière, d’entrer en maison de retraite, parce qu’elle pense que les maisons de retraite vont lui manquer. Ça ne va pas se passer tout à fait comme elle l’espérait, elle va devoir affronter son passé, les questions autour de la mort de son mari et de son fils. Puis comme elle a encore beaucoup d’énergie, elle se lance avec quelques copines dans le coaching de vieux pénibles, elle tente d’aider une jeune fille un peu paumée… et la machine s’emballe. Adèle s’apercevra finalement qu’à 75 ans, on peut encore faire des projets (on doit, même !)

Puis en ce moment, j’écris la suite de mon premier roman, Les fruits de l’arrière-saison. Je suis donc plongée dans les années 40, et je retrouve avec grand plaisir les personnages que j’ai créés il y a cinq ans.

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Oui !

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre : La poursuite du bonheur, de Douglas Kennedy

– une peur : celle du vide

– un bruit : un rire

– un objet : n’importe quoi en papeterie, j’adore la papeterie

une invention : comme beaucoup de parents, je rêve souvent d’avoir quatre bras

– une émotion : l’émerveillement, une émotion que mes enfants m’apprennent chaque jour

– un animal : un hérisson

– un lieu : une maison romane, rue d’Avril, à Cluny

– un adage : « Il faut toujours connaître les limites du possible. Pas pour s’arrêter, mais pour tenter l’impossible dans les meilleures conditions. » Romain Gary dans Charge d’âme.

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Aurore, que lisez-vous ?

Je lis 4 à 5 romans par mois, environ. De la littérature générale et des polars, essentiellement. Dernièrement, je me suis plongée avec grand intérêt dans les romans de Kate Atkinson. Pour rester avec les auteurs anglo-saxons, je suis une inconditionnelle de Joanna Trollope et Ruth Rendell. Meg Wolitzer a été aussi une belle découverte. J’aime également beaucoup Douglas Kennedy, même si j’ai préféré ses premiers romans. J’ai adoré la série très drôle des Spellman, de Lisa Lutz. Côté français : Fred Vargas, que j’ai commencé à lire il y a peu de temps, et dont j’ai tout dévoré en quelques semaines. J’ai aussi été ravie de découvrir le nouvel opus de la saga Malaussène, de Daniel Pennac. Mais il y a les auteurs que je suis et dont j’achète les romans quasiment les yeux fermés, et les textes que je découvre au hasard, comme Nos années sauvages de Karen Joy Fowler, ou New York Odyssée de Kristopher Jansma. Il y a quelques mois, j’ai lu une petite pépite d’une auteure suisse, Silvia Härri, Je suis mort un soir d’été. Un roman extrêmement émouvant qui m’a beaucoup fait pleurer.

Du côté des classiques, je ne sais combien de fois j’ai lu Orgueil et Préjugés ou Jane Eyre, mais si je ne devais en retenir qu’un, je crois que ce serait Narcisse et Goldmund, de Hermann Hesse.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Le 16 juin, je serai au festival Courcôme on lit, en Charente ; le 1er juillet, à la Librairie Climat à Thonon-les-Bains ; du 22 au 24 septembre au festival du livre suisse à Sion ; le 7 octobre au festival Livres en lumières à Ferney-Voltaire.

 Des séances de dédicaces sont aussi prévues à Lausanne, Lyon, Grenoble et Sarrebourg, les dates devraient bientôt être fixées et seront annoncées sur ma page facebook et sur mon site (www.aurorepy.com).

* * * * * * * * * *

Je remercie très chaleureusement Aurore Py pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre « Lavage à froid uniquement » (éditions de l’Aube) à votre bibliothèque Collibris !

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