Alexia Stresi 
© Hélène Pambrun

L’interview d’Alexia Stresi pour « Looping » !

C’est avec un plaisir non dissimulé que nous partons à la rencontre d’Alexia Stresi.

Comédienne et scénariste, vous l’avez sans doute aperçu dans le film « Faites comme si je n’étais pas là » d’Olivier Jahan (2001) ou encore « Le Quatrième Morceau de la femme coupée en trois » de Laure Marsac (2007).

En 2016, elle se lance dans l’écriture et publie son premier roman « Looping » aux éditions Stock.

« Looping » attire les regards et sera même retenu dans la sélection finale du prix Goncourt du premier roman 2016 !

Pour un premier essai, on peut dire qu’il est plus que réussi !

« Looping » conte l’histoire de Noélie, une femme plein d’allant au destin incroyable !

Alexia Stresi vous en dit plus dans cette interview exclusive !

L’interview d’Alexia Stresi pour « Looping »

Bonjour Alexia. Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours ?

Bonjour à toutes et à tous… Je viens de publier mon premier roman mais je ne suis pas une jeunette ! Difficile de résumer mon parcours en quelques phrases, d’autant que je n’ai pas lésiné sur les méandres et les détours. Après mes études, je suis partie vivre à l’étranger. Prague, New-York, Rome… Je faisais des petits boulots pour subvenir à mes besoins, et des rencontres qui entraînaient d’autres voyages. Quand je suis revenue en France, j’ai travaillé dans le cinéma comme comédienne et scénariste. C’est l’écriture qui vient de donner une cohérence à tout cela. Je comprends maintenant qu’il s’agissait pour moi, à travers ces tâtonnements, de comprendre comment fonctionne une histoire. Comprendre la mienne, aussi.

Votre roman « Looping » a été sélectionné pour notre concours de la Fête des Mères. Certains lecteurs ont donc eu la chance de le recevoir.

– Quel message souhaiteriez-vous leur adresser ?

Je les remercie d’être là ! Je suis très intimidée par mes lecteurs, très émue d’en avoir. C’est encore un peu mystérieux pour moi…

Et mes lecteurs, justement, me parlent souvent de l’histoire d’amour entre mon héroïne, Noélie, et son mari. Mais je crois que la plus grande histoire d’amour de mon livre est celle qui unit Noélie et sa mère…

– Comment leur présenteriez-vous ce livre ?

Looping est l’histoire d’une femme qui a forcé sa vie à être belle.

Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

Il y a eu deux sources d’inspiration. L’une, traditionnelle, romantique, presque déjà littéraire : une petite photo en noir et blanc dans l’album de famille d’une amie italienne. Une femme d’un certain âge, habillée à l’occidentale, posant tout sourire en plein désert parmi les touaregs…

Il y a eu aussi ce mot : Libye. On l’entend souvent prononcé aux infos. On sait ce qui s’y joue aujourd’hui de terrible mais que sait-on, nous français, de  l’histoire  de ce pays? J’ai eu envie de la découvrir.

Je suis donc partie d’une double ignorance. Qui est la femme de la photo et l’histoire de la Libye… Ceux qui ont eu Looping peuvent lire « l’alibi »…

Epouse, mère, grand-mère, horticultrice, pilote d’avion, productrice de cinéma, conseillère conjugale, ambassadrice italienne en Libye… que de loopings dans la vie de votre héroïne ! L’histoire se vit à 1000 à l’heure et le lecteur n’est jamais au bout de ses surprises ! On croise même l’inventeur du Nutella ! Comment avez-vous donné vie à Noélie, un personnage haut en couleurs ?

Noelie ne se refuse rien et je lui ai tout accordé ! Quand j’ai compris sa force, l’écrire a été simple… Il suffisait de courir (vite) derrière elle. J’ai même eu la surprise que Noelie vienne me réveiller ! Elle réclamait un voyage, une réplique, encore un peu de vie…

Je me suis parfois levée en pleine nuit pour filer écrire. Malheureusement, je suis moins résistance physiquement qu’elle, et j’ai fini ce livre exsangue.

Vous vous intéressez à une partie finalement assez méconnue de l’histoire de l’Italie, comment avez-vous fait vos recherches afin de la retranscrire ?

L’Italie n’a pas un rapport très explicite avec son passé colonial. Probablement parce qu’il a été très réduit géographiquement, et très court. Il a pourtant été d’une brutalité inouïe mais nous, Français, continuons à sous-estimer la violence du fascisme italien, peut-être pour protéger l’image séduisante que nous avons de nos cousins latins.

Pourtant, je trouve intéressant, voire important, de parler de choses qui fâchent. Cela n’enlève rien à l’amour que j’ai pour l’Italie !

Quant à mes recherches, pas de secret ! J’ai lu. Comme un travail, s’entend.

« Looping » est aussi un livre sur le témoignage et la transmission. Dans le cas de Noélie, votre personnage, il ne s’agit pas de trouver le courage de parler, mais celui de se taire. Est-ce là la véritable gageure de votre roman ?

J’aime beaucoup votre question : la différence entre le témoignage et la transmission…

Noelie n’a pas témoigné. C’est l’auteur que je suis qui le fait à sa place. Il m’a fallu trouver un subterfuge pour faire sortir mon personnage de son silence. La solution est venue par la structure, qui remplace des pages et des pages d’explications…

Noelie n’a pas voulu encombrer ses descendants de la vérité. Elle a préféré transmettre son fabuleux amour de la vie. Je rends hommage à son courage, et restitue la performance dans son contexte…

« Looping » a été retenu pour le Prix Goncourt du premier roman 2017. Que retenez-vous de cette expérience ?

Je l’ai vécu comme un formidable encouragement !

Que pouvez-vous nous dire sur votre prochain roman ?

Il est en cours d’écriture et sera très différent… Je vois pourtant à nouveau émerger (ce qu’il me faut peut-être appeler) mon obsession pour la question des origines et les voyages…

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

un livre : Vie de Joseph Roulin de Pierre Michon. Un chef d’œuvre.

une peur : Pas une…

un bruit : le « bonjour maman ! » de mes filles quand elles rentrent de l’école…

un objet : une sculpture offerte par mon compagnon. En fer rouillée. Un petit bonhomme maigrichon qui porte un gros livre…

une invention : sans surprise, l’imprimerie.

une émotion : la reconnaissance.

un animal : le cheval, même si j’en ai peur (voir plus haut)

un lieu : un petit village de bord de mer italien, un coin perdu, resté dans son jus. Sublime.

un adage : Beaucoup me plaisent. Malheureusement, je les oublie sitôt découvert…

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous Alexia, que lisez-vous ?

En ce moment, j’écris donc je lis peu… Une page de temps en temps de M.Yourcenar pour la richesse de la langue… Michon, pour sa beauté. Pas pour tenter de les imiter, mais pour me souvenir que cela existe…

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Villars de Lans le 16 Juin à la librairie Le Temps retrouvé.

La Garenne Colombe le 23 Juin pour l’événement Mots en Marge de Nathalie Iris.

Le Salon de Toulon en novembre…

Et quelques autres signatures que je n’ai pas en tête.

* * * * * * * * *

Je remercie très chaleureusement Alexia Stresi pour sa gentillesse.

Et si ce n’est pas déjà fait, ajoutez sans plus attendre  « Looping » (éditions Stock) à votre bibliothèque Collibris !

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