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Le livre numérique est-il plus écolo que son homologue papier ?

Le livre numérique peine encore à percer sur le marché de l’édition.

Il représente un peu moins de 7% des ventes de livres en France – signe que certaines pratiques de lecture ont la vie dure !

Signe surtout de l’attachement des Français à une expérience de lecture traditionnelle où le livre n’est pas un objet comme un autre.

Le toucher du papier, l’odeur, le bruit d’une page qui se tourne, celui d’un livre qui se referme… j’y suis fortement attachée, comme beaucoup d’entre vous.

Pour être honnête, je n’ai jamais eu l’occasion d’expérimenter une lecture sur support numérique alors il m’est très difficile de comparer ces deux modes de lecture.

Voilà pourquoi aujourd’hui, je ne vais pas relancer le sempiternel débat des atouts et inconvénients du livre papier et du livre numérique.

Je vais plutôt me pencher sur leur empreinte écologique… après tout, nous sommes de plus en plus attirés par des modes de consommation plus verte.

Pourquoi en serait-il autrement pour les livres !

Au premier abord, la dématérialisation du livre est un puissant argument environnemental… puisqu’il serait une réponse au sujet sensible de la déforestation.

Mais est-ce vraiment aussi simple ? L’ebook est t-il réellement plus écolo – du moins plus bénéfique pour l’environnement – que son homologue papier ?

Et si tout était question de papier justement ?

Beaucoup de questions auxquelles je vais tenter de répondre aujourd’hui.

A l’issue de cet article, j’espère parvenir à une esquisse de réponse 🙂

* * * * * * * * * *

Numérique = dématérialisation = écologique ?

Qui dit dématérialisation, dit aussi pas de bois et pas de transport non plus. Bref, une empreinte écologique qui friserait le zéro !

Mais que dire de la fabrication d’une liseuse ? Quel coût environnemental occasionne-t-elle ?

J’aurais souhaité pouvoir affirmer que l’empreinte écologique était là aussi nulle mais ce n’est pas le cas. Une liseuse coûte apparemment plus cher, environnementalement parlement, que l’impression d’un seul livre papier.

Mais voilà, une liseuse ça ne s’achète qu’une seule fois et l’on peut stocker des centaines de livres numériques (tout dépend bien évidemment du modèle de liseuse).

En partant du constat selon lequel les Français achètent en moyenne 16 livres par an, le livre numérique serait donc bien plus écolo que son homologue papier !

Et si on creusait un peu plus la question ?


Quelques chiffres pour mieux comprendre

L’empreinte carbone

Selon Cleantech, la chaîne de production d’un seul livre papier (transport inclus) coûte 7.5kg en équivalent carbone.

A noter que le transport, dans la mesure où il intervient à chaque étape du processus de production, est la variable qui a le plus fort impact sur l’environnement .

Cleantech s’est également penchée sur les liseuses : l’équivalent carbone pour Kindle est de 168kg, celui pour l’Ipad d’Apple de 130kg.

Dès lors, il faudrait un minimum de 18 livres sur un Ipad et 23 sur une Kindle pour avoir une empreinte carbone équivalente. Or, les accros aux Ebooks en achètent bien plus que ça : environ 3 par mois selon certaines études. Le quota serait donc atteint au bout d’à peine 6 mois !

Et c’est sur ce point que les opinions divergent puisque les chiffres diffèrent selon les études.

Alors que Cleantech avait avancé le chiffre de 7.5kg d’équivalent carbone pour la production d’un livre papier, d’autres, comme le cabinet Carbone 4 avancent le chiffre de 1kgQuant aux liseuses le chiffre de 250kg est évoqué.

Bien évidemment, de tels résultats changent tout. Il nous faudrait environ 15 ans pour compenser le bilan carbone d’une liseuse, si bien sûr, on lit 16 livres papier par an…

La différence me stupéfait ! Avec de telles disparités de chiffres, comment formuler une quelconque conclusion !

Entre 6 mois et 15 ans il y a tout de même un énorme gouffre !

La consommation d’eau

Une autre variable doit être considérée pour savoir si le livre numérique est plus écolo que le livre papier. Il s’agit de la consommation d’eau.

Peut-être ne le saviez-vous pas, mais l’eau est un élément prépondérant dans la production d’un livre.

Un livre papier nécessiterait environ 27 litres d’eau. Une liseuse, quant à elle, environ 500mL

Sur ce point, la balance penche donc nettement pour le support numérique.

Les matières premières

Quand on évoque le mot papier, celui de déforestation vient souvent à l’esprit. Pourtant, il s’agit d’un raccourci extrêmement simpliste puisque la ressource papier est de nos jours bien mieux gérée qu’auparavant.

Selon L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, l’industrie de l’édition engloutit près de 20 millions d’arbres. En outre, 1 page sur 5 provient encore d’une forêt ancienne.

Fort heureusement, les maisons d’édition utilisent plus souvent des fibres de bois issu de forêts aménagées et exploitées de façon durable et responsable (Certifications FSC et PEFC).

Le papier recyclé est donc davantage utilisé et permet d’endiguer les catastrophes liées au phénomène de déforestation.

1 tonne de papier recyclé permet d’épargner 17 arbres !

Et une seule feuille de papier peut être recyclée 5 fois !

Il existe néanmoins un impact sur l’environnement puisque le recyclage nécessite la collecte et surtout le tri des déchets ainsi que d’autres processus plus spécifiques comme le lavage, le désencrage et le blanchissement du papier.

L’Analyse du Cycle de Vie du livre, menée par la maison d’édition Terre Vivante conclut toutefois que « l’utilisation de papier recyclé permet de moins consommer de bois et de préserver les forêts. Sa fabrication est aussi plus économe en eau et en énergie ».

Qu’en est-il du numérique ?

Dans son article « How Green is My Ipad », le New York Times indique qu’il faut près de 15kg de minerais pour fabriquer une liseuse ; 300g sont nécessaires pour celle d’un livre papier.

Selon Sylvain Angerand, de l’association des Amis de la Terre, « Les produits technologiques nécessitent l’extraction de minerais précieux comme le coltan, le lithium ou les terres rares pour accroître la durée de vie des batteries, augmenter leur rapidité ou pousser la miniaturisation à l’extrême. Or l’exploitation minière est une cause majeure de déforestation, et plus généralement de destruction des écosystèmes. »

Les produits chimiques

Un certain nombre de produits chimiques sont utilisés dans la fabrication d’un livre papier : de l’encre, du chlore, des colorants, des agents de résistance, des colles…

Aujourd’hui, des d’initiatives technologiques émergent en matière d’encres végétales.

Malheureusement, la plupart des imprimeurs optent bien souvent pour l’impression standard, celle-ci étant bien évidemment moins coûteuse.

La durée de vie

Sur ce critère, le livre papier file largement en tête ! Et oui, un livre papier a une durée de vie presque illimitée ; ce qui est loin d’être le cas des liseuses numériques. En outre, un livre papier tombe rarement en panne 🙂

Par contre, si l’on devait se séparer définitivement d’un livre papier ou d’un support numérique de lecture, la résultat serait presque identique puisque dans un cas comme dans l’autre, il n’existe pas de recyclage.

Sachez qu’un livre papier qui se décompose engendre deux fois plus de GES et une pollution des eaux telle que ces taux sont bien supérieurs à ceux nécessaires pour sa fabrication !

Le recyclage est donc plus que primordial ! C’est selon moi une véritable nécessité !

Il en va de même pour les supports numériques qui, s’ils ne sont pas pris en charge par des plateformes légales, risquent d’être démontés à la main et exposer un individu à des substances toxiques.


Ma conclusion : qui est le plus écolo ?

Nous venons d’examiner un certain nombre de variables. Que nous disent-elles exactement ? Qui du livre papier ou de son homologue numérique est le plus écolo ?

Je dirais que le vainqueur de ce duel est sans conteste le livre papier recyclé : moins de fibres de bois, une durée de vie plus longue, une consommation d’eau plus faible.

En plus, le livre papier s’emprunte, se prête et s’échange !!!

« Un livre, c’est un arbre qui cherche comment dire à toute la forêt qu’il y a une vie… après la vie ». Gilles Pigneault

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