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L’amour dans tous ses états : une sélection Collibris !

Et bien non, vous n’échapperez pas à la Saint Valentin 😉

D’ailleurs le pouvez-vous vraiment ! Elle est omniprésente et peut-être la célébrerez-vous avec votre moitié le dimanche 14 juillet !

Si ce n’est pas le cas… j’espère que vous viendrez la fêter avec nous car, bien évidemment, nous vous préparons une petite surprise.

Mais je m’égare… ce n’est pas le propos.

Aujourd’hui, je vous invite à un festin d’amour !

Mais qu’est-ce que l’amour ? L’amour est coup de foudre, l’amour est jalousie, l’amour est chagrin, l’amour est tant de choses… et de très grands écrivains ont su en saisir l’essence, la magnificence, les paradoxes aussi.

C’est leur vision de l’amour que je souhaite aujourd’hui mettre à l’honneur…

L’amour dans tous ses états est une plongée dans les affres de l’amour.

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William Shakespeare : l’amour impossible

Roméo et Juliette (1595)

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Courtesy of Project Gutenberg

 

« L’amour, c’est la fumée qu’exhalent les soupirs,
Attisé, c’est le feu dans les yeux des amants,
Contrarié, c’est la mer que viennent grossir leurs larmes.
qu’est-il encore ? Une folie des plus sages,
Le fiel qui étouffe et le miel qui nous sauve. »

L’amour de Roméo et Juliette est comme une bulle de perfection tout entière refermée sur elle-même, infiniment légère et fragile mais immortellement mortelle.

Impossible amour, il est absolu et a partie liée avec la mort, car le monde même ne parvient pas à le contenir.

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Jean Racine : l’amour tragique

Phèdre (1677)

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« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ».

Phèdre, seconde femme de Thésée, roi d’Athènes, éprouve un amour criminel pour Hippolyte, le fils de son époux.

Comme dans toutes pièces de théâtre tragique, les personnages sont soumis à la fatalité, et emportés par leur passion.

De la passion avouée dans l’acte I à la passion déclarée à l’acte II, de la passion dénoncée à l’acte III à la passion meurtrière à l’acte IV et punie à l’acte V, Phèdre vit en cinq actes sa passion qui ne peut s’éteindre et qui ne mourra qu’avec elle.

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Johann Wolfgang von Goethe : l’amour passion

Les Souffrances du jeune Werther (1774)

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« J’ai déjà cent fois saisi un couteau pour faire cesser l’oppression de mon cœur. L’on parle d’une noble race de chevaux qui, quand ils sont échauffés et surmenés, s’ouvrent eux-mêmes, par instinct, une veine avec les dents pour se faciliter la respiration. Je me trouve souvent dans le même cas ; je voudrais m’ouvrir une veine qui me procurât la liberté éternelle. »

L’un des plus célèbres textes fondateurs du romantisme, il a fait gagner ses lettres de noblesse à Goethe.

Les Souffrances du jeune Werther c’est l’histoire d’un dilemme intérieur, d’une relation impossible entre Werther et Charlotte, fiancée de son meilleur ami.

Déchiré entre son sens de l’honneur et cet amour impossible, seule la mort pourrait le délivrer de ses terribles tourments.

L’auteur décrit parfaitement les affres de la souffrance amoureuse, la frustration, la détresse… La cruauté de l’existence se fait jour et laisse place aux ténèbres, à l’obscurcissement de l’âme et du coeur…

Werther succombera aux blessures de son coeur. Sa passion ombrageuse aura raison de lui.

Les Souffrances du jeune Werther c’est bel et bien l’histoire d’un coeur qui a choisit de souffrir jusqu’au bout…

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Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos : l’amour libertin

Les Liaisons dangereuses (1782)

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« Ah ! croyez-moi, Vicomte, quand une femme frappe dans le cœur d’une autre, elle manque rarement de trouver l’endroit sensible, et la blessure est incurable. »

Ce sulfureux roman, longtemps censuré, en a captivé plus d’un.

Pour le vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil, deux nobles manipulateurs, roués et libertins, seule la jouissance compte.

Les conquêtes se succèdent de part et d’autre jusqu’à ce que le jeune Valmont rencontre la vertu incarnée.

Une proie intouchable… une proie de choix. Mais une proie dont il tombera amoureux…

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Stendhal : l’amour passion, l’amour combat

Le Rouge et le Noir (1830)

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« Dis lui que je t’aime, mais non, ne prononce pas un tel blasphème, dis lui que je t’adore, que la vie n’a commencé pour moi que le jour où je t’ai vu, que dans les moments les plus fous de ma jeunesse, je n’avais jamais même rêvé le bonheur que je te dois ; que je t’ai sacrifié ma vie, que je te sacrifie mon âme. Tu sais que je te sacrifie bien plus ».

Dans Le Rouge et le Noir, Julien Sorel est un séducteur intrépide. Il s’éprend d’abord de Madame Rênal pour éprouver son courage mais finit par succomber de passion pour elle. Dans la première partie de l’oeuvre, l’amour devient passion, c’est le degré suprême du sentiment amoureux.

Dans la seconde partie de l’oeuvre, Julien s’éprend de Mathilde de la Mole. Entre eux, c’est l’amour combat. Le rapport de force entache leur relation et l’amour se perçoit comme un affrontement incessant. Il est guidé par la fierté et la domination.

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Léon Tolstoï : l’amour coupable

Anna Karénine (1877)

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« Quand on aime un homme, on l’aime tout entier, tel qu’il est, et non tel qu’on désire qu’il soit. »

Anna Karénine ne sait ni tricher, ni mentir. Elle ne ressent qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent sa passion adultère au nom de la morale.

Son mari est bien plus soucieux des apparences qu’il n’est peiné par la trahison.

Son amant, pour qui elle sacrifiera tout, sa vie de femme, sa vie de mère, se lassera d’elle et retournera aux plaisirs de la vie mondaine.

Anna est une femme seule, humiliée, perdue. Anna est surtout entière et passionnée… elle finira pas en mourir.

« Anna Karénine […] ce n’est plus de l’art, ce n’est plus la représentation de la vie, c’est la vie même, la vie humaine palpitante et frémissante, et non pas seulement la vie extérieure, mais la vie intérieure, la vie mystérieuse de l’âme. Non, pas même Shakespeare n’a sondé le cœur humain à ces profondeurs, n’a analysé le mécanisme et le jeu délié des passions avec cette science infaillible, et n’a su dégager des passions, de leurs errements, de leurs sophismes, de leurs souffrances, la moralité qu’elles contiennent et suggèrent. » Turner, C.J.G

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Marcel Proust : l’amour jaloux

Un amour de Swann (1913)

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« Après cette tranquille soirée, les soupçons de Swann étaient calmés ; il bénissait Odette et le lendemain, dès le matin, il faisait envoyer chez elle les plus beaux bijoux, parce que ces bontés de la veille avaient excité ou sa gratitude, ou le désir de les voir se renouveler, ou un paroxysme d’amour qui avait besoin de se dépenser. »

Odette de Crécy se joue sans scrupule de la souffrance de Swann.

La jalousie montre l’homme, l’amant dans sa vérité et ses faiblesses.

La jalousie est une souffrance, une angoisse, une obsession qui finit par réduire le bonheur a un simple apaisement momentané de la passion…

La jalousie est une force autonome et douloureuse ; une maladie.

« Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre ! »

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Boris Vian : l’amour fou

L’Ecume des jours (1947)

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« Il me faudra des mois, des mois pour que je me rassasie des baisers à vous donner. Il faudra des ans de mois pour épuiser les baisers que je veux poser sur vous, sur vos mains, sur vos cheveux, sur vos yeux, sur votre cou… »

Salué à sa sortie par Raymond Queneau comme « le plus poignant des romans d’amour contemporains« , L’Ecume des jours c’est l’histoire d’un amour fou et absolu entre Chloé et Colin ; d’un amour impossible et pyromane entre Chick et Alise ; d’un amour libertin et sensuel entre Isis et Nicolas.

Dans ce roman devenu culte se dégagent la fraîcheur et la douceur d’un premier amour mais aussi une noirceur oppressante et inquiétante.

C’est ça aussi l’amour…

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Albert Cohen : l’amour quotidien

Belle du Seigneur (1968)

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« Devenus protocole et politesses rituelles, les mots d’amour glissaient sur la toile cirée de l’habitude. »

Belle du Seigneur n’est pas le roman de la passion ou des grands sentiments, c’est celui de l’ennui de l’amour, de la lassitude et de l’aliénation.

Pour Cohen, la passion est un leurre destiné à cacher la médiocrité de l’autre. L’amour est rétréci à la fusion des corps, à un acte sexuel qui perd de sa substance.

L’auteur désacralise l’Amour avec un grand A.

Et il faut bien l’avouer : ça fait du bien.

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Marguerite Duras : le premier amour

L’Amant (1984)

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« La passion reste en suspens dans le monde, prête à traverser les gens qui veulent bien se laisser traverser par elle. »

L’Amant c’est l’histoire d’une jeune fille d’à peine quinze qui découvre l’amour auprès d’un riche Chinois plus âgé qu’elle.

L’initiation à l’amour a tenu une place essentielle dans les œuvres de Marguerite Duras. Cahiers de la guerre (1943, publiés en 2006),Un barrage contre le Pacifique (1950), L’Eden Cinéma (1977), L’Amant (1984) et L’Amant de la Chine du Nord (1991) en sont symptomatiques.

Il existe entre ces récits une constante : la première fois est toujours celle d’une jeune fille. Et loin d’éprouver de la peur ou de la crainte, c’est la découverte qui prend le dessus – la découverte de sa sexualité, de l’amour, de son propre corps, de sa singularité aussi.

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Milan Kundera : l’amour moderne

L’Insoutenable légèreté de l’être (1984)

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«Pour qu’un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s’y rejoignent dès le premier instant.»

L’Insoutenable légèreté de l’être c’est l’histoire de quatre personnages : Tomas qui oscille entre le libertin et l’amoureux passionné ; Tereza qui brigue l’amour pur ; Sabina qui poursuit la légèreté et la liberté sentimentale ; Franz qui incarne la pesanteur, une morale rigide et prédéterminée.

Tous, ils vont connaitre le poids des sentiments et du désir face à la légèreté de l’être.

Milan Kundura n’offre pas une vision romantique de l’amour et de la rencontre amoureuse. Pour lui, personne n’est destiné à personne. L’amour est fortuit, accidentel, fugace. Il est une lutte moderne contre la solitude.

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Gabriel García Márquez : l’amour au long cours

L’Amour aux temps du choléra (1985)

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« Ce fut une année d’amour exalté. L’un et l’autre ne vivaient que pour penser à l’autre, rêver de l’autre, attendre les lettres de l’autre avec autant d’anxiété qu’ils en éprouvaient pour y répondre. Jamais au cours de ce printemps de délire, pas plus que l’année suivante, ils n’eurent l’occasion de communiquer de vive voix. Pire encore : depuis le jour où ils s’étaient vus pour la première fois jusqu’au moment où, un demi-siècle plus tard, il lui renouvela sa détermination, ils n’eurent jamais l’occasion de se voir tête à tête et de se conter leur amour. »

Dans L’Amour aux temps du choléra, Gabriel Garcia Marquez dresse le portrait d’un homme prêt à tout pour reconquérir l’élue de son coeur. Mariée à un autre, Fermina affronte les routines de la vie conjugale tandis que Florentino, malade d’amour pour elle décide de se faire un nom et une fortune pour regagner son coeur.

L’Amour aux temps du choléra est une histoire d’amour au long cours, terriblement bouleversante.

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De grands auteurs ont su saisir les facettes si plurielles de l’Amour.

Ses facettes sont nombreuses parce que chaque Amour est unique.

Il rend heureux ou empoisonne, il consume ou libère, il se déploie ou meurt…

Les romans d’amour nous en montrent toutes les subtilités mais surtout tous les paradoxes.

Ces romans, ils nous parlent et nous interpellent car le sentiment amoureux est universel.

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