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Interview de Thierry Berlanda : « Naija »

Philosophe et auteur, Thierry Berlanda a publié plusieurs romans et nouvelles.

Il écrit pour « toucher et faire toucher ce qu’est l’humanité quand on l’a débarrassée de ces masques ».

Je l’ai découvert en 2014 dans « L’insigne du Boiteux » (éditions La Bourdonnaye) – un thriller très bien rythmé.

S’en sont suivis « Tempête sur Nogalès, « Pentatracks », « Rêve de machine », « La Fureur du Prince » (que je vous conseille très fortement et qui est la suite de « L’insigne du boiteux »), « La Nuit du Sacre ».

Cette année, Thierry Berlanda nous propose une chasse à l’homme implacable avec son tout nouveau roman « Naija » publié aux Editions du Rocher.

« Naija » de Thierry Berlanda

Lorsqu’un industriel de l’agroalimentaire est pris pour cible, les agents Jacques Salmon et Justine Barcella sont mobilisés.

De Paris en passant par Marseille, leur enquête les emmène jusqu’à Lagos, au Nigéria.

« Ville monstre, violente, bouillonnante », ils découvrent un monde à la fois repoussant et plein d’attraits ; celui du trafic d’organes, des manipulations génétiques, des nanotechnologies ultra performantes. Le combattront-ils à tout prix ou se laisseront-ils séduire ?

Thriller haletant et énergique, « Naija » s’intéresse avant tout à un enjeu majeur de notre époque : la valeur et le sens même de la vie face au transhumanisme et au totalitarisme High Tech.

Vous en découvrirez davantage dans notre interview.

Thierry-Berlanda
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L’interview de Thierry Berlanda

Bonjour Thierry. Avant de parler de votre nouveau roman « Naija », pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs et nous parler de votre parcours ?

Bonjour Emilie. Je suis un type qui écrit comme un pommier fait des pommes. J’y consacre la majeure partie de ma vie, dans deux domaines principaux : la littérature bien sûr (j’en ai abordé plusieurs genres), et aussi la philosophie (notamment la phénoménologie et la philosophie du management). Je vis à Paris, avec ma famille, et proche de nombreux amis. Bref, comblé.

Comment vous est venue l’idée de votre nouveau roman « Naija » (publié aux éditions du Rocher) ? Que diriez-vous à nos lecteurs sur votre roman pour leur donner envie de le découvrir ?

Mon écriture marie des traditions soi-disant hétérogènes : la langue classique, l’Opéra, le Jazz, le Rock, d’autres… J’aime me revendiquer de toutes ces patries, littéraires et musicales. Avec Naija, j’ai voulu aller jusqu’au bout de ce mariage de passion(s). Il m’a semblé que l’Afrique, et particulièrement Lagos, cette ville monstre, violente, bouillonnante, à la démographie incontrôlable et soumise à des tensions sociales extrêmes, serait le support idéal pour travailler au mieux, c’est-à-dire à fond, ma pâte romanesque. C’aurait été plus improbable à Issoudun, en tout cas…

Trafic d’organes, manipulations génétiques, nanotechnologies ultraperformantes… vous abordez à travers ces thématiques une question cruciale : celle de la valeur et du sens même de la vie. En tant que philosophe, comment percevez-vous ces questions éthiques ?

C’est le grand défi de notre temps : sommes-nous encore assez attachés à notre propre humanité pour ne pas la laisser disparaître ? Elle est menacée par l’évolution climatique, par le risque démographique, par le péril nucléaire, par la bombe à retardement sanitaire, et par d’autres titans non moins inquiétants, mais je crois que tous ces grands périls n’auraient pas même pointé à l’horizon si nous n’avions pas craché sur ce qui nous constitue comme humains, c’est-à-dire le caractère sacré de la vie. Et que ce soit notre propre vie, mais aussi la vie animale, par exemple, dont le sort qu’on lui réserve dans nos abattoirs est pour moi un motif de colère et de chagrin. Or la nouvelle et peut-être dernière étape de notre effondrement, et c’est un indécrottable optimiste qui vous le dit (je préfère préciser…), passe sans doute par les développements biotechnologiques, actuels ou prévisibles. Ils visent à nous débarrasser de notre propre chair, ce qui serait précisément l’arrêt de mort de toute humanité possible. Cette entreprise, vraiment diabolique, c’est-à-dire relevant de notre haine à l’égard de nous-mêmes, est à la racine de tous nos autres maux. C’est donc prioritairement elle qu’il faudrait arracher. En écrivant Naija, j’ai essayé de prendre ma petite part à cette mission.

Dans « Naija », nous suivons les agents Jacques Salmon et Justine Barcella. Ils forment l’unité spéciale Titan. Que pouvez-vous nous dire sur eux ? Constituent-ils un duo de choc ?

Plus « choc » que ce duo-là, il me semble que c’est difficile, en effet ! Mais on n’est pas non plus dans le ronron des équipes mixtes d’enquêteurs qui fleurissent actuellement un peu partout sur les écrans ou dans les romans. Le choc, pour eux, sera justement celui du choix qu’ils devront finalement faire entre les deux mondes qui s’offrent à nous : celui des vivants ou celui des… morts-vivants. De ce point de vue, les innombrables fictions, d’hier et d’aujourd’hui, bâties sur cette alternative, ne croyaient peut-être pas si bien dire. Dans Naija, ce qui n’était que fantasmagorique et/ou parodique jusqu’ici, devient aussi réel que vous et moi.

Suspense psychologique, roman historique, thriller, chronique corrosive… vos romans sont très différents les uns des autres. Y-a-il d’autres genres littéraires que vous souhaiteriez explorer ? Pourquoi ?

Je ne m’interdis aucun écart ! Le roman historique m’intéresse aussi, et pourquoi pas la biographie romancée, voire même la romance tout court. Mais dans tous les cas, même dans les comédies que je pourrai ou que j’ai pu écrire, mon souci est toujours de faire apparaître l’humanité comme telle, débarrassée de ses parures, figures, postures et autres caricatures. Ce qui m’intéresse, c’est la réponse à la question éternelle : qu’est-ce qu’un homme ? Elle se pose avec d’autant plus d’acuité qu’il est possible que l’homme disparaisse avant qu’on ait pu répondre à cette question. Avouez que ce serait bête !

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre : l’Odyssée

– un sentiment : celui de vivre

– un bruit : celui de la pluie

– une invention : celle du possible

– un péché capital : j’allais dire « tous », car ils reviennent tous les 7 au même : l’attention exagérée qu’on se porte à soi-même.

– un super pouvoir : écrire est un super pouvoir, vous savez ? Si j’en désirais un autre, je tomberais sous le coup de la réponse à la question précédente…

– un animal : un âne. L’âne a de doux yeux : le regard qu’il porte sur les choses doit être plein de sagesse et de bienveillance. Je manque trop des deux.

– un lieu : le lac de Côme.

– un adage : un aphorisme plutôt, de Nietzsche, auteur vénéré : « la maturité, c’est retrouver le sérieux qu’enfant on mettait à ses jeux ». C’est dans Par delà bien et mal (je crois…)

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous, Thierry, que lisez-vous ?

Principalement de la philosophie, mais pas seulement. En ce moment, je lis la dernière parution du bulletin de la Société Française de Philosophie (sur « l’animal rationale »), la préface tardive de Huysmans à son livre A Rebours, l’encyclique Veritatis Splendor et l’Appeau d’Ephèse, un album désopilant d’Achille Talon.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ?

Je serai les 12 et 13 mars à Cherbourg (Les Pieux), le 19 à Evreux (La Saussaye), le 31 mars et  les 1 et 2 avril à Limoges, les 8 et 9 avril à Montaigu (près de Nantes), le 6 mai à la Fnac de Nemours, puis à Saint-Louis (près de Mulhouse), à Saint-Cyr sur Loire (près de Tours), à Cosne sur Loire, à Egreville (dans le Loiret), au Château de Bourbilly (près de Dijon), etc. etc. Et comme j’aime beaucoup rencontrer les lecteurs dans les salons ou les dédicaces, je suis très heureux que mon programme soit chargé.

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Je tiens à remercier très chaleureusement Thierry Berlanda pour sa gentillesse et disponibilité !

[ Tentez de remporter un exemplaire du roman « Naija » de Thierry Berlanda à l’occasion de notre jeu concours spécial « Printemps » – du 20 au 22 mars 2017 sur Facebook]

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