François-Hauter

Interview de François Hauter : « Les enfants perdus »

Grand reporter français et ancien rédacteur en chef du Figaro, François Hauter a couvert les conflits du monde entier –  Liban, Tchad, Cambodge, Afghanistan.

Correspondant en Afrique, aux États-Unis et en Chine, il a été récompensé du prix Albert-Londres et du prix Hachette pour son ouvrage Planète chinoise (Carnets Nord).

Cette année, il publie son second roman : « Les Enfants perdus » aux Editions du Rocher

« Les Enfants perdus » de François Hauter

Jusqu’où serions-nous prêts à aller pour nos enfants ? Qu’arrive-t-il lorsqu’ils disparaissent au bout du monde ou sont condamnés pour trafic de drogue ?

Stanislas, Rose et Bienaimé vont en faire l’expérience. Ces trois parents que tout oppose vont partir à la recherche de leurs enfants dans ce road-movie palpitant.

Certains sont riches, d’autres pauvres… ils ne disposent pas des mêmes chances et sont imparfaits mais dans leur quête incroyable, il vont se découvrir et grandir.

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L’interview de François Hauter

Bonjour François. Avant de parler de votre deuxième roman « Les Enfants perdus », pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs et nous parler de votre parcours ?

Bonjour à vous.

J’ai été quarante années durant journaliste, d’abord reporter de guerre au Liban, au Cambodge, en Afghanistan et au Tchad, puis correspondant en Afrique, aux Etats-Unis et en Chine, avant de diriger les services culturels du Figaro et une équipe de quarante journalistes. Enfin je me suis consacré à des enquêtes au long cours, autour du monde (« Planète chinoise », aux Editions Carnet nord, prix Hachette en 2008), puis « Chronique d’Amérique » (Editions Carnet nord en 2010), en Europe, et finalement en France (« Le bonheur d’être Français », chez Fayard en 2012).

Mes racines sont alsaciennes et suisses. J’aime particulièrement l’Afrique et l’Asie, et ma fille Fleur, 15 ans, à moitié chinoise, est le centre de ma vie.

Comment vous est venue l’idée de votre roman « Les Enfants perdus » (publié aux éditions du Rocher) ? Que diriez-vous à nos lecteurs sur votre roman pour leur donner envie de le découvrir ?

J’ai vu autour de moi pas mal de parents confrontés à la disparition de leurs enfants à l’autre bout du monde, et ma fille elle-même avait été kidnappée en Chine. Ce sentiment de détresse immense face à la disparition de ce qui vous est le plus cher, je l’ai connu. J’ai donc imaginé trois personnages aussi différents que possible dans cette situation, l’un très pauvre, l’autre immensément riche, le troisième riche mais psychorigide. Les trois se croisent, ils sont tous les trois imparfaits, mais ils grandissent dans cette aventure. Le roman est un « road movie » planétaire, j’espère que l’on ne s’y ennuiera pas une seconde !

Pouvez-vous nous parler de cette mère et de ces deux pères prêts à tout pour secourir leurs enfants ?

La mère, Rose, n’en est pas une. Elle est dure, car pour écraser ses collègues masculins et se hisser au sommet du capitalisme mondial, elle a dû être plus impitoyable qu’un homme. Elle paie cher sa réussite.

Le père pauvre, Bienaimé, est un Haïtien très sympathique. Il donne ce qu’il n’a pas. Il est peu vantard mais  chaleureux. Il va découvrir notre monde occidental, éberlué.

Le « héros », Stanislas, est un bourgeois strasbourgeois, bien enraciné dans ses habitudes. Son périple autour du monde va le métamorphoser, difficilement, mais sûrement !

Australie, Thaïlande, Haïti… Pourquoi avoir choisi spécifiquement ces 3 pays pour votre roman ? Vous y êtes-vous déjà rendu ?

Oui bien sûr : j’aime infiniment Haïti, ou j’ai beaucoup travaillé. La Thaïlande également. L’Australie, c’est le bout du monde, on ne peut pas aller plus loin, symboliquement c’était une manière de marquer la fin de l’aventure, un symbole fort pour mes personnages.

Les personnages des parents acquièrent, au fur et à mesure du récit, une réelle épaisseur humaine et psychologique. Comment leur avez-vous donné vie ? Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Dans la littérature, une fois posés les personnages, ils prennent vie indépendamment de vous, sous votre plume. Ils ont leurs caractères et leurs logiques, et vous les nourrissez bien sûr de vos expériences. Toutes les réalités auxquelles je les confronte -esclavage moderne, drogue, révoltes démocratiques, manœuvres financières pour démembrer des groupes industriels, etc….-sont rigoureusement exactes. J’ai enquêté en Thaïlande pour que ce que je décris soit exact. Et jamais depuis deux siècles il n’y a eu autant d’esclaves qu’aujourd’hui, aussi bien en Afrique, qu’en Asie et au Moyen-Orient (J’ai eu le prix Albert Londres en 1986 pour une enquête du l’esclavage, mais la situation a beaucoup empiré depuis).

Ensuite les personnages s’enrichissent de leurs rencontres, ils grandissent de ces contacts. Pour moi, le voyage, le mouvement, l’échange, sont indispensables. Je le pose en exergue de mon livre : « A tous ceux qui trouvent l’harmonie universelle dans le changement, dans l’aventure hasardeuse, dans le mouvement perpétuel ». Notre nature n’est pas de vivre comme des crustacés. Je me suis toujours fondamentalement remis en question (lieux de vie, genre de travail…) tous les cinq ans au moins.

Un petit portrait chinois ça vous tente ?

Que seriez-vous si vous étiez :

– un livre : « Que ma joie demeure », de Jean Giono

– un objet : un livre

– un bruit : le silence

– une invention : une machine à rendre les gens plus curieux.

– un péché capital : l’envie

– un super pouvoir : guérir l’humanité de la cupidité

– un animal : un aigle

– un lieu :  le Bangladesh

– un adage : « Nous n’étions et n’avions qu’un cœur », Francois Villon

On dit souvent qu’on est ce qu’on lit. Et vous François, que lisez-vous ?

En ce moment « Ce que murmurent des montagnes », des nouvelles rwandaises de scholastique Mukasonga (Gallimard), et « La paix ça s’apprend », de Thomas d’Ansebourg et David van Reybouk, chez Actes Sud.

Un mot de votre actualité 2017 : séances de dédicace ? Salons ? …

Il y aura les salons de Limoges et Saint Louis, beaucoup d’interviews, le livre commence sa vie auprès de ses lecteurs. Et cela, c’est toujours une aventure étrange….

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Je tiens à remercier très chaleureusement François Hauter pour sa gentillesse et disponibilité !

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